POIDEVIN Léon [POIDEVIN Joseph, Ferdinand, Léon]

Par Yves le Maner

Né le 13 janvier 1889 à Woignarve (Somme), mort le 30 avril 1945 au camp de Mittenau (Allemagne) ; employé de chemin de fer ; militant communiste, trésorier de l’UD-CGTU Somme-Oise (1931-1935) et de l’UD-CGT de la Somme (1936-1939).

Fils d’un serrurier et d’une ménagère, Léon Poidevin eut deux frères tués en 1915. Il fréquenta l’école primaire jusqu’à douze ans. Il adhéra au Parti socialiste en 1919 et rejoignit le Parti communiste après le congrès de Tours. Il fut trésorier du syndicat des cheminots du Tréport (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) où il travailla de 1919 à 1929, puis d’Amiens (Somme). Ajusteur à la Compagnie des chemins de fer du Nord, au dépôt de Longueau, près d’Amiens (Somme), dès la fin des années vingt, il était l’un des plus actifs militants du Parti communiste de la Somme avec son ami Jean Catelas. Conseiller municipal de Longueau, il était en 1932 secrétaire du rayon d’Amiens du PC, correspondant aux arrondissements de Péronne, Montdidier et Amiens. À cette date le rayon connaissait une grave crise d’effectifs due au chômage, et ne regroupait plus que quatre cellules réellement structurées. Membre du comité fédéral de la Somme du PC, Poidevin représenta son parti à plusieurs élections : cantonales de 1931 (canton d’Amiens nord-ouest) et de 1934 (canton de Montdidier), législatives de 1932 (circonscription de Montdidier) ; il n’obtint que de très faibles scores à ces consultations, ainsi qu’en témoigne le résultat de 1932, Poidevin ne réunissant que 308 voix au 1er tour et 111 au second (sur 14 099 électeurs inscrits).
Après ses échecs électoraux, Poidevin consacra l’essentiel de son travail militant à l’action syndicale : trésorier de la 30e région de la CGTU (Somme et Oise) depuis sa création en 1931 (voir Henri Lenglet*), il fut, du côté unitaire, l’un des principaux artisans de la réunification syndicale dans le département de la Somme et devint, dès 1934, secrétaire général du syndicat unique des cheminots d’Amiens-Longueau. Poidevin mena la grève des cheminots de la Somme en 1935, et après la nationalisation des chemins de fer, il fut élu délégué du personnel auprès du directeur général de la SNCF et délégué fédéral des cheminots du réseau Nord CGT réunifié. Il fut d’autre part nommé trésorier de l’Union départementale CGT de la Somme avec Ducrotoy, en 1936.
Comme son compagnon de lutte, Jean Catelas, Joseph Poidevin paya de sa vie son engagement politique : arrêté à Amiens par la police française en mars 1940, il fut interné au camp de Chibron (Var) où il fut l’un des porte-parole des internés pour la préparation de la manifestation du 11 novembre. Transféré à Fort-Barraux, il fut remis aux mains des nazis. Déporté à Buchenwald, il mourut lors de l’évacuation du camp de Mittenau, quelques jours avant la fin de la guerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7622, notice POIDEVIN Léon [POIDEVIN Joseph, Ferdinand, Léon] par Yves le Maner, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 13 avril 2012.

Par Yves le Maner

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 784. — Arch. Nat. F7/13127, 13130, 13585. — Arch. Dép. Somme, Z 691. — Arch. Dép. Var, 7 M 12.2.3 — Le Travailleur de Somme et Oise, 23-29 septembre 1933, 29 septembre-5 octobre 1934 et 2-8 janvier 1937. — Rens. mairie de Longueau et de H. Lenglet.

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