MARTEIN Jean-Pierre, Gaston, Julien

Par Julien Cahon

Né le 28 décembre 1935 à Abbeville (Somme) ; professeur d’histoire-géographie ; militant socialiste PSU puis PS dans la Somme.

D’origine picarde, Jean-Pierre Martein fut élevé dans un milieu catholique, relativement aisé (son père était maître d’internat puis adjoint d’enseignement) et votant à droite. Élève au collège Courbet d’Abbeville, où il fut influencé par Jean Duvignaud, un professeur de philosophie bien intégré dans le milieu littéraire parisien, il poursuivit ses études au lycée Louis le Grand, en hypokhâgne, avant de s’orienter en langues orientales puis en histoire à la Sorbonne. Athée, Jean-Pierre Martein logea dans une maison d’étudiants catholiques à Paris. Admissible à l’agrégation d’histoire en 1959, il obtint le CAPES en 1960. Il enseigna d’abord à Sétif (Algérie) puis obtint un poste à Albert (Somme) en 1964. Il était professeur d’histoire-géographie au lycée Lamarck d’Albert.

Lecteur de France-observateur, mendésiste, il adhéra au PSA à Paris, alors qu’il était co-stagiaire CAPES, puis reprit contact avec le PSU à son arrivée à Albert et adhéra au parti. Syndiqué au SNES, il fut secrétaire de ce syndicat à Albert, de 1965 à 1969. Militant syndicaliste et du PSU, il fut responsable fédéral des questions économiques et sociales (en 1968 au moins), responsable régional de la commission économique et sociale du PSU et représenta son parti lors de plusieurs élections. A ce titre, il organisa, le 12 juin 1966, le colloque socialiste de Montdidier sur les problèmes économiques de la région Picardie. A cette occasion, il devint responsable interdépartemental de la commission d’action régionale du PSU, créée lors de ce colloque, « pour étudier et définir les conditions d’une véritable politique d’aménagement du territoire capable d’entraîner un réel développement de toutes les parties de la Picardie ».

Candidat aux élections législatives de 1967 dans la cinquième circonscription (Péronne-Doullens), il recueillit 3 391 voix, devancé par Lefebvre (Centre démocrate, 3 986 voix), Paul Lejeune* (FGDS, 5 752 voix), Alfred Leclercq* (PCF, 13 809 voix) et Emile Luciani (Ve République, 23 631 voix). La campagne électorale fut marquée par le déplacement de trois orateurs nationaux du PSU dans la Somme pour soutenir Jean-Pierre Martein et François Etienne*, les deux seuls candidats du parti dans le département. En février 1967, Pierre Bérégovoy* (membre du BN du PSU) vint à Albert et Doullens, Marc Heurgon* (secrétaire national) à Péronne et Corbie, puis Bernard Lambert à Bray-sur-Somme le 4 mars. En 1967, il fut aussi candidat aux élections cantonales dans le canton d’Albert : 507 voix (sur 7 273 exprimés) se portèrent sur son nom. La même année, il fut délégué au congrès national du parti avec Charles Blineau, Pierre Scalabre.

A nouveau candidat aux élections législatives en 1968, il totalisa 2 852 voix sur 50 334 exprimés, Emile Luciani (UDR) étant largement réélu dès le premier tour (27 866 voix) devant le communiste Alfred Leclercq (13 181 voix) et le candidat de la FGDS Jack Pinçonnet (6 435 voix).

En 1972, Jean-Pierre Martein rejoignit le Parti socialiste, comme toute la section d’Albert. Membre de la commission départementale exécutive du PS en 1975, il était également, à cette date, secrétaire de la section cantonale d’Albert.

Candidat aux élections municipales, dans cette ville, en 1977, il fut élu sur une liste d’union de la gauche. Il fut réélu en 1983 et devint le premier adjoint du maire communiste Claude Landas*. Il ne se représenta pas en 1983, mais en 1989, il figurait sur la liste socialiste, en position non éligible. A la suite de ces élections municipales, il fut exclu du PS. Alors que la gauche était partie divisée au premier tour, des membres de la liste PS formèrent une liste d’union avec la liste Landas (PCF) tandis que d’autres candidats, parmi lesquels Jean-Pierre Martein, avait reconduit une liste socialiste, qui fut déclarée dissidente par le PS.

Jean-Pierre Martein se retira alors progressivement de la vie politique locale. Il participa néanmoins à la campagne présidentielle de 1995 pour le PS.

En 2010, retraité depuis 1996, il résidait toujours à Albert et reconnaissait « avoir toujours conservé une certaine nostalgie du PSU ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76251, notice MARTEIN Jean-Pierre, Gaston, Julien par Julien Cahon, version mise en ligne le 7 février 2010, dernière modification le 28 avril 2021.

Par Julien Cahon

SOURCES : Arch. Dép. Somme, série W. — Le courrier picard, 1960-1972. — Tribune socialiste, numéro spécial, supplément au n°314, février 1967. — Arch. FJJ, fonds Françoise Carle. — Entretien de Jean-Pierre Martein avec Julien Cahon, 5 mai 2010.

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