GRACIANNETTE André, Jean

Par Caroline Iturburu

Né le 15 février 1924 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), mort le12 juillet 2017 à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) ; professeur agrégé au lycée de Bayonne ; secrétaire de la fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Atlantiques en 1965 ; adjoint au maire d’Anglet ; conseiller général d’Anglet-Nord (1982-1998).

Fils de Salvat-Maurice Graciannette (dit Émile), ouvrier d’usine comme scieur de long dans les Landes, puis chef d’équipe de nettoyage de la gare de Bayonne, qui acheva sa carrière comme simple manœuvre, et de Jeanne, Marie, Rosalie Dufau, employée de magasin, puis dactylographe aux Assurances sociales, André Graciannette passa son enfance à Bayonne. Il suivit les cours de l’école primaire Albert 1er à Bayonne, puis de l’école primaire supérieure de la même ville, enfin de l’École normale d’instituteurs de Mont-de-Marsan (Landes) en 1941-1945 qui ne fonctionnait plus. Il obtint la deuxième partie du baccalauréat en 1944. Après la préparation militaire, dispensé du service militaire actif, après avoir suivi une préparation aux grandes écoles à Toulouse en 1944-1945, il entra à l’École normale supérieure de Saint-Cloud en 1945. Il obtint une licence d’histoire-géographie, un DES d’histoire, le certificat d’aptitude à l’enseignement dans les collèges en 1947, enfin l’agrégation d’histoire en 1950. Il débuta comme professeur en 1949 à l’École normale d’instituteurs de Périgueux (Dordogne), puis fut nommé au lycée de garçons de Bayonne, devenu par la suite lycée mixte René-Cassin en 1968.

Il épousa le 17 août 1959 à Bayonne Anne, Marie, Marguerite Lavignasse, employée l’année suivante à la Mutuelle générale de l’Éducation nationale. Ils eurent deux enfants, une fille née en 1961, un garçon né en 1963.

André Graciannette adhéra à un groupe de jeunesses syndicales (CGT) en 1945-1946, à l’ENS de Saint-Cloud, avec la volonté de faire obstacle à ce qu’il considérait comme la prépondérance stalinienne, témoignant son rejet lié aux événements proches dans le monde ouvrier : « En face, on voyait chez Renault à Billancourt les violences syndicales contre les futurs Force Ouvrière ». Au sein du Cartel des ENS, il participa aux discussions avec le ministre de l’Éducation, [Marcel-Edmond Naegelen* qui permirent d’obtenir un traitement pour les élèves fonctionnaires de l’État. Il participa à la formation d’une liste « ex-confédérée », qui obtint 50 % des suffrages aux élections syndicales. À Bayonne, il devint secrétaire de la section (S1) du Syndicat national de l’enseignement secondaire de son lycée durant plusieurs années, puis se chargea des contacts avec les parents, pour les informer sur les carrières.

Il adhéra au Parti socialiste SFIO et, de retour dans les Pyrénées-Atlantiques à la fin des années 1940, il devint secrétaire de la section SFIO de Bayonne (il l’était toujours en 1959). Il était responsable du journal fédéral, Le Travail, qui fut ramené, pour sa composition et son impression, de Pau à Bayonne. En 1954, il se montra favorable à la Communauté européenne de défense. Secrétaire fédéral en mai 1965, il fut délégué fédéral à la presse de la Fédération de la gauche démocrate socialiste en juillet 1966. Bien qu’œuvrant pour la formation du nouveau parti socialiste avec la Convention des institutions républicaines, il se montrait rétif à une entente marquée avec les communistes.

André Graciannette fut candidat aux élections cantonales de 1951 et 1958 à Bayonne-Nord-Ouest (ainsi qu’à l’élection partielle d’avril 1954 où il recueillit 7 % des suffrages). Il fut de nouveau présenté en 1961 à Bayonne, en 1964, puis à Bayonne Nord-Ouest. Il fut candidat suppléant aux élections législatives de 1967 et candidat titulaire en 1968 dans la quatrième circonscription (Bayonne). Il obtint 9 857 voix sur 87 017 inscrits. Devenu candidat de la gauche, il réunit 17 197 voix, soit une partie seulement des voix de deux autres candidats (PCF et PSU).

En mars 1965, Graciannette fut élu conseiller municipal d’Anglet, sur une liste comprenant des radicaux et des membres du Mouvement du rassemblement populaire. À l’élection suivante en 1971, il fut réélu et nommé deuxième adjoint au maire, puis premier adjoint en 1977. Il fut à partir de 1976, durant dix-huit années chargé des Finances, du tourisme et de questions culturelles. Responsable de la Caisse des écoles, il fonda l’Association pour la formation permanente qui animait un atelier de théâtre, de langues étrangères et de reliure. Il fut réélu la dernière fois en 1989. Il quitta la vie municipale en 1995 après avoir siéger dans les conseils municipaux du docteur Lacroix, de Victor Mendiboure et de Michel Bonnet.

Après la création d’un second canton à Anglet-Nord en 1982, il fut élu au conseil général et fut reconduit en 1992 et 1995. Centriste, il était passé à l’UDF. Il appartint à la quatrième commission, chargée des affaires scolaires et culturelles.

André Graciannette fut par ailleurs adhérent aux Coopérateurs du Pays-Basque, devenus ensuite Coopérateurs du bassin de l’Adour et fut correspondant pour le journal Le Coopérateur de France. Il s’investit encore dans l’action culturelle en devenant président de l’Académie gasconne et de l’Association de développement musicale des Pyrénées-Atlantiques, fut vice-président du CAUE, conseil en urbanisme. Il revendiquait essentiellement un engagement éthique et moral, méfiant envers les révolutions violentes, hostile au stalinisme et au communisme, soucieux de « service social » et de « sens des autres ».

Ses obsèques religieuses eurent lieu le 20 juillet 2017 en l’église de la Trinité d’Anglet

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76254, notice GRACIANNETTE André, Jean par Caroline Iturburu, version mise en ligne le 8 février 2010, dernière modification le 24 juillet 2021.

Par Caroline Iturburu

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/303 et 704. — Archives de l’OURS, dossiers Basses-Pyrénées. — Liste de secrétaires fédéraux, archives A. Gazier. — Entretiens avec André Graciannette. — Sud-Ouest, Pyrénées atlantiques, nécrologie, 13 juillet 2017. Notes d’Alain Dalançon, Jacques Girault et de Gilles Morin.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément