JACQUET Eugène, Charles, Paul, Joseph

Par Frédéric Durand

Né le 19 décembre 1920 à Recquignies (Nord), mort le 13 juillet 1985 à Crozon (Finistère) ; employé puis agent comptable ; militant de la JOC puis syndicaliste CFTC-CFDT du Puy-de-Dôme, permanent de la Fédération de la Métallurgie (1946-1950), secrétaire général de l’UD-CFTC du Puy-de-Dôme.

Eugène Jacquet grandit près de Maubeuge (Nord), dans un environnement qui suscita sans doute chez lui l’éveil précoce d’une conscience politique. Ses parents étaient catholiques. Son père, d’origine belge, ajusteur dans l’usine de chimie de Boussois, journalier selon l’état civil, était militant d’Action catholique et devint militant de la CFTC. Sa mère tenait quant à elle une épicerie. Ce sont vraisemblablement les revenus tirés de ce petit commerce, ainsi que l’aide de son parrain, qui lui permirent de faire d’assez longues études. Il fréquenta le collège catholique de Fourmies, où il ressentit un certain malaise vis-à-vis des autres élèves, d’un niveau social supérieur. Il obtint néanmoins un bac « math. élém. ».

Mobilisé en décembre 1939, il décida de s’engager pour « choisir son arme ». Il opta pour l’artillerie et devint élève aspirant à Poitiers (Vienne). Démobilisé en août 1940, il préféra ne pas retourner immédiatement dans le Nord et rejoignit ainsi certains membres de sa famille à Issoire (Puy-de-Dôme). Grâce à eux, il fut embauché par l’entreprise Ducellier et fut donc amené à côtoyer le milieu ouvrier. De cette année-là jusqu’en 1943, il adhéra à la JOC, devint président de la section d’Issoire et exerça bientôt des responsabilités à l’échelon fédéral. À Issoire, il rencontra aussi celle qui, en 1943, allait devenir sa femme (militante JOCF et plus tard CFDT) : Éliane Natté employée de bureau (sténo-dactylo) puis femme au foyer, avec laquelle il eut une fille, Bernadette. Malgré cela, un mois après, en mars 1943, il fut contraint au départ pour le STO en Poméranie. Il y resta jusqu’en juin 1945. Ce fut pour lui une expérience douloureuse. À son retour, il puisa dans le souvenir de ses camarades d’infortune les ressorts qui allaient le pousser « à défendre la vie morale et physique du monde du travail ». Par ailleurs, il allait souffrir toute sa vie du rejet dont furent victimes les déportés du travail.

De retour en Auvergne, il décida de quitter l’entreprise Ducellier et, comme de nombreux jocistes, de se consacrer au syndicalisme. À Clermont-Ferrand, à la Libération, il participa à la reconstitution de la CFTC. De 1946 à 1950, il fut permanent de la Fédération de la Métallurgie. Il fut également secrétaire général de l’Union départementale CFTC du Puy-de-Dôme. Après 1951, tout en poursuivant son engagement de syndicaliste, le concours aux Arts et Métiers (option : droit du travail -service public) passé, il intégra l’URSSAF de Clermont-Ferrand, en tant que contrôleur puis inspecteur.

Au début des années 1960, marqué par le conflit algérien, il fut séduit par le PSU, mais décida de ne pas s’y impliquer. En 1964, il fit par ailleurs le choix de suivre la CFDT.

En 1965-1966, il passa un nouveau concours qui l’amena à travailler à la Caisse régionale d’assurance maladie (CRAM). Fondé de pouvoir de l’agent comptable jusqu’en 1972, il quitta alors Clermont-Ferrand et rejoint la Sécurité Sociale de Laval (Mayenne) puis l’URSSAF de Dijon (Saône-et-Loire) en 1974, avant de revenir dans le Puy-de-Dôme, à la Caisse d’Allocations Familiales, où il fut agent comptable de 1976 à 1980. Pendant ces années, il occupa le poste de trésorier du bureau départemental de la CFDT secteur Service public-CAF.

Retraité en 1980, il fut trésorier du bureau départemental de la CFDT Retraités. Il devient également administrateur de l’Institution générale interprofessionnelle du Centre et d’Auvergne (IGIRCA) et représentant de la CFDT Retraités au CODERPA.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76312, notice JACQUET Eugène, Charles, Paul, Joseph par Frédéric Durand, version mise en ligne le 12 février 2010, dernière modification le 23 août 2010.

Par Frédéric Durand

SOURCES : Questionnaire rempli par Éliane Jacquet. — Lettre d’Éliane Jacquet (octobre 1999). — La Montagne, 20 juillet 1985 (nécrologie). — Entretien avec Éliane Jacquet, 9 mars 2000. — État civil.

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