BERTHET Félix, Jean-Claude

Par Jacques Girault, Jean-Marie Guillon

Né le 26 juillet 1912 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), mort le 5 octobre 2005 à Limeil-Brevannes (Val-de-Marne) ; horticulteur ; militant communiste ; résistant dans le Var, les Basses-Alpes (Alpes de Haute-Provence), le Tarn et l’Aveyron ; militant syndical (CGT)

Son père, après avoir été élève dans une École normale d’instituteurs, devint instituteur, mais opta pour un poste de commis des postes. Laïque, d’opinions socialistes, il s’était marié avec une protestante, sans profession. Leurs deux enfants furent laissés libres de choisir leur religion. Félix Berthet refusa de fréquenter les cours du catéchisme catholique. Il quitta sa ville natale en 1924 pour aller habiter à Riom où son père travaillait. Après avoir fréquenté le cours complémentaire de Riom, il entra en 1926 à l’école nationale professionnelle de Voiron (Isère) et abandonna cette scolarité un an plus tard pour cause de maladie. Il revint en Limagne chez des parents cultivateurs. En décembre 1932, il entra à l’école d’agriculture et d’horticulture d’Hyères (Var). Diplômé en juillet 1934, il travaillait comme jardinier à la mairie d’Hyères. Il se maria en juillet 1934 à Hyères. Les deux enfants du couple ne reçurent aucune éducation religieuse.

Félix Berthet, syndiqué à la CGTU, puis à la CGT, adhéra au Parti communiste à la fin de 1934 et fut membre du bureau de la section communiste d’Hyères. Il militait surtout au Secours rouge puis au Secours populaire dont il devint membre de la commission de contrôle de la fédération du Var en 1939. Licencié en avril 1939, conséquence des luttes politiques qui affectaient la ville, il se retira, avec sa famille, dans le Puy-de-Dôme où il travailla. Mais un de ses anciens professeurs d’Hyères lui obtint en novembre 1939 une place d’adjoint au régisseur du domaine de Beaulieu à Solliès-Pont (Var).

Mobilisé le 16 avril 1940, alors qu’il avait été réformé en 1934, démobilisé le 17 juillet 1940, il devint chef de culture à l’école d’agriculture d’Hyères. Son épouse se supportant pas le climat marin, il trouva un emploi de responsable technique dans un domaine à Montmeyan dans le Haut-Var. Après le décès de son épouse en avril 1942, revenu à Hyères, il travailla chez un négociant en semences.

Avec Eugène Berre, Félix Berthet participa à la reconstitution du Parti communiste à Hyères. En relations clandestines avec les résistants FTP toulonnais, il participa à plusieurs actions visant les troupes italiennes. Devenu le responsable politique de la section du littoral, surveillé par la police, il fut affecté, le 13 novembre 1943, par le responsable inter-régional Marcel Roucaute, dans le Nord du département chargé de la formation des groupements paysans, du sabotage de la production des mines de bauxite, du renforcement des FTP, du lancement de L’Aurore nouvelle entre autres.

Reconnu lors d’un séjour à Toulon, il fut désigné, le 11 février 1944, par le nouveau responsable régional, Georges Ducel, comme responsable politique du parti clandestin dans les Basses-Alpes avec comme pseudonyme « Rémy ». Il participa notamment à la mise en place de centres pour le tirage de tracts ainsi qu’au plan d’évasion des militants communistes détenus dans la citadelle de Sisteron. Il était présent aux réunions de l’état-major départemental des FTP (le comité militaire régional/CMR) et présidait celle du 24 avril où il appela à « lutter contre l’infiltration de membres de l’Armée secrète dans nos organisations ». Arrêté par les Allemands à Digne, Berthet fut relâché après un contrôle d’identité. Aussi fut-il affecté dans la région Tarn-Aveyron en mai 1944 avec les mêmes responsabilités. Au cœur des actions communistes, des contacts avec les mouvements de Résistance, de l’organisation du Front national, il dirigea la grève insurrectionnelle de juillet dans les centres miniers.

En décembre 1944, Félix Berthet fut affecté à l’intégration des comités d’action et de défense paysanne dans les organisations corporatives. Après la constitution de la Confédération générale de l’agriculture, il en devint le délégué à la propagande d’avril 1945 à février 1948 avant d’être licencié de la FNSEA après le changement de majorité.

Mandaté par le PCF pour militer dans le syndicalisme paysan, il fut délégué à la propagande de la CGA de 1945 à 1948. Il milita ensuite à la Fédération CGT des ouvriers agricoles, puis dans le mouvement coopératif. Permanent à la fédération CGT de l’agriculture pendant une année, par la suite, il milita dans le mouvement coopératif agricole et dirigea un service qui impulsait les échanges avec les pays socialistes.

Il se remaria à Paris (VIe arr.) en décembre 1952, puis à Saint-Maur-des-Fossés (Seine) en juillet 1960. Retraité en décembre 1977, Félix Berthet militait à Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) dans la cellule communiste de son quartier et au syndicat CGT des retraités.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76315, notice BERTHET Félix, Jean-Claude par Jacques Girault, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 12 février 2010, dernière modification le 8 septembre 2021.

Par Jacques Girault, Jean-Marie Guillon

SOURCES : Renseignements fournis par l’intéressé. — Presse.

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