GREMETZ Maxime

Par Julien Cahon

Né le 3 septembre 1940 à Canchy (Somme) ; ouvrier marbrier puis métallurgiste ; militant communiste et syndicaliste dans la Somme ; premier secrétaire fédéral (1966-1977), membre du CC devenu CN (1972-2000), membre du BP devenu BN (1976-1999), membre du secrétariat général (1979-1991), responsable de la section Polex (1978-1991), responsable du secteur organisation (1992-2004) ; membre du bureau de l’UD-CGT (1965) ; conseiller général (1970-1978), député communiste (1978-1981, 1986-1988 et 1993-2007) puis apparenté communiste (depuis 2007), député européen (1979-1986 et 1986-1994), conseiller municipal d’Amiens (Somme), conseiller régional de Picardie (2004-2010), vice-président du conseil régional (2004-2005).

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1978]

Né dans une famille picarde de neuf enfants, fils de Marcel Gremetz, bûcheron, et de Rolande née Monier, Maxime Gremetz passa son enfance à Abbeville (Somme) où il entama sa scolarité à l’école primaire du quartier de Thuison-Menchecourt. Il poursuivit ses études à Épehy (Somme) et fut reçu premier au certificat d’études primaires dans le canton de Roisel. Ne pouvant satisfaire son désir d’être instituteur, il travailla très jeune à l’usine, mais fréquentait les cours du soir des beaux-arts. Ouvrier dans une marbrerie à Abbeville, il y fit la rencontre de Lucien Decroix*, secrétaire de la section communiste locale, qui lui remit sa première carte d’adhérent au PCF.

Adhérant aux Jeunesses communistes (JC) en 1955, Maxime Gremetz entra au comité de la section communiste d’Abbeville dès 1956. Militant actif, nommé responsable départemental des JC, il fut délégué au septième festival international de la jeunesse à Vienne (Autriche) en août 1959. Après son service militaire en Allemagne (1960-1962), Maxime Gremetz se maria, le 8 décembre 1962 (Maxime et Françoise Gremetz ont eu trois enfants : Fabien, Yvan, Sylvain) et fut embauché comme ouvrier métallurgiste sur la zone industrielle d’Amiens, chez Ferodo. Syndicaliste CGT, il y créa une cellule d’entreprise PCF « Julian Grimau » (républicain espagnol fusillé sous Franco) – qui éditait un journal mensuel, L’embrayage libérateur. Mis à pied en décembre 1964, il fut licencié de la société Ferodo en janvier 1965 pour motifs politiques et syndicaux. Il travailla ensuite comme ouvrier métallurgiste durant six ans chez Verto (janvier 1978) où il fut délégué du personnel, et dont il fut licencié sur décision du ministre du Travail.

Maxime Gremetz gravit les échelons de l’appareil communiste local, départemental puis national. Il devint secrétaire de la section PCF d’Amiens-Nord-Est et entra au comité fédéral en 1963, puis au bureau fédéral en mai 1964, et au secrétariat fédéral en juin 1965. Cette même année 1965, il assista à son premier congrès national et fut candidat aux élections municipales d’Amiens : il figurait en 12e position (sur 37) sur la « liste de coalition des partis communiste, PSU, socialiste et radical », conduite par Camille Goret face à celle du maire socialiste sortant, Maurice Vast*, qui avait formé une liste avec les gaullistes. La liste Maurice Vast fut élue avec 58 % des voix contre 42 % à la liste d’union de la gauche (21 796 voix contre 29 843).

Toujours en 1965, Maxime Gremetz était membre de la commission administrative et du bureau de l’UD-CGT. Il succéda à Michel Couillet en décembre 1966 au poste de premier secrétaire de la fédération PCF de la Somme. En 1967, il fut candidat suppléant de Georges Pellerin* aux élections législatives de mars dans la deuxième circonscription amiénoise, remportée par le gaulliste Jean-Louis Massoubre. En 1967, il suivit également une école de formation à Moscou. Pierre Mast* le suppléa au secrétariat fédéral pendant son absence.

En 1970, Maxime Gremetz fut élu conseiller général du nouveau canton d’Amiens I Ouest, au second tour du 15 mars, avec 3 577 voix (sur 5 834 suffrages exprimés). Proche de Georges Marchais, il entra au comité central (CC) en 1972 lors du 22e congrès national. En 1976, il fut réélu conseiller général (en mars), accéda au bureau politique du PCF et fut chargé des questions électorales et des relations avec les chrétiens (jusqu’en 1985). En juin 1977, Maxime Gremetz quitta le secrétariat fédéral, où il fut remplacé par Pierre Ringot. En août 1977, il se rendit en Roumanie, notamment pour s’entretenir avec un membre de la section des relations extérieures du Parti communiste roumain. Il devint directeur de l’hebdomadaire France Nouvelle en juin 1978, et fut promu en septembre, à la suite au décès de Jean Kanapa*, responsable de la politique extérieure du PCF, où il renoua avec la politique étrangère traditionnelle du parti, dans le cadre du nouveau cours politique de Georges Marchais après la rupture du programme commun.

Maxime Gremetz prit la succession parlementaire de René Lamps*. Ce dernier, qui ne se représentait pas en mars 1978, laissait le champ libre à Maxime Gremetz, qui fut élu député de la 1re circonscription d’Amiens le 19 mars 1978 en battant Gilles de Robien (UDF). Il siégea à la commission des affaires étrangères. En 1978, il démissionna du conseil général, où Marie-Stéphanie Kaczmarek (PCF) lui succéda, pour se présenter aux élections européennes de 1979. Candidat en neuvième position sur liste communiste, il fut élu député européen le 17 juillet 1979. La même année, il fit également son entrée au secrétariat général du PCF. L’année suivante, il quitta la direction de France nouvelle. En mars 1980, suite à la création du comité régional (Aisne-Oise-Somme) du PCF placé sous la responsabilité du CC, Maxime Gremetz en devint le responsable.

En tant que chargé de la politique extérieure du PCF, Maxime Gremetz effectua de nombreuses visites internationales, notamment en Amérique centrale, au Portugal, en Turquie, en Pologne, en Italie, en URSS… Il rencontra Fidel Castro à Cuba et assista, en 1979, à la révolution d’Ortega au Nicaragua. En 1980, lors des jeux olympiques de Moscou, dont la cérémonie d’ouverture avait été boycottée par la France, Maxime Gremetz était aux côtés des athlètes français. En décembre 1997, au cours d’une réunion du comité central du PCF, Maxime Gremetz présenta un rapport, adopté à l’unanimité, dans lequel la direction ébauchait une autocritique sur son attitude vis-à-vis des pays de l’Est.

En 1981, il perdit son siège de député au profit de Jean-Claude Dessein (PS). Réélu au Parlement européen en juin 1984, il récupéra son siège au parlement français le 16 mars 1986 au scrutin à la proportionnelle, et démissionna de l’assemblée de Strasbourg où il fut remplacé par Sylvie Mayer-Leroux. À nouveau battu par le socialiste Jean-Claude Dessein en 1988, Maxime Gremetz fut réélu député européen en juillet 1989 et siégea jusqu’en juillet 1994.

En 1991, il quitta la tête de la section Polex, puis fut nommé responsable du secteur organisation en 1992 qu’il conserva jusqu’en jusqu’en 2004. Lors du congrès national de 1994, qui vit le départ de Georges Marchais et l’élection de Robert Hue à la tête du PCF, Maxime Gremetz figurait au bureau national avec une majorité d’orthodoxes.

En mars 1993, Maxime Gremetz fut réélu à l’Assemblée nationale, au second tour, face à Jean Bouly (UDF), avec 17 795 voix contre 17 565 à son concurrent. Il siégea à la commission des affaires culturelles et s’illustra en déposant quinze propositions de lois, notamment sur les conditions de travail des salariés, sur la retraite des anciens combattants et sur les droits de l’enfant. Réélu le 1er juin 1997, face à Brigitte Fouré (UDF), au second tour avec 60 % des voix, Maxime Gremetz fut le seul député à ne pas voter la confiance au gouvernement Jospin, gouvernement avec lequel il fut souvent critique et en désaccord. Animateur de nombreux débats dans l’hémicycle, sur la loi de « modernisation sociale » entre autres, il fut au cours de cette législature vice-président de la commission des affaires culturelles, et nommé par le premier ministre, Lionel Jospin*, membre du conseil d’orientation des retraites et membre du conseil de surveillance de la CNAM. 

Au tournant du siècle, son tempérament bouillant alimenta la rubrique judiciaire des médias. Pour avoir perturbé en avril 1998 l’inauguration de l’autoroute A16, en entrant avec sa voiture, à petite vitesse, sous le chapiteau où se déroulait la cérémonie, pour réclamer la gratuité du tronçon ouest entre Amiens Nord et Dury, puis pour interpeller Charles Baur et protester contre l’élection de ce dernier à la présidence du conseil régional grâce aux voix du FN, il fut condamné en janvier 2000 par le tribunal correctionnel de Lille à trois mois d’emprisonnement avec sursis, puis en appel à deux ans d’inéligibilité et à la privation de ses droits civiques. En juin 2001, la Cour de cassation confirma l’arrêt de la cour d’appel de Douai. Entre-temps, il avait conduit la liste d’union de la gauche aux municipales de mars 2001 à Amiens, que le maire sortant Gilles de Robien remporta au premier tour. Néanmoins, élu conseiller municipal d’Amiens le 19 mars 2001, il siégea dans l’opposition. Gracié par le président de la République, Jacques Chirac, en mai 2002, Maxime Gremetz put se représenter aux législatives dans la 1re circonscription de la Somme. Il fut réélu député le 16 juin 2002 face à Jean-Yves Bourgois (UDF) avec 55 % des voix. Il était l’unique député de gauche élu dans la Somme. Maxime Gremetz annonça le 20 juin qu’il se portait candidat à la présidence du groupe communiste à l’Assemblée nationale contre Alain Bocquet, député du Nord, qui exerçait la fonction pendant la législature précédente et qui fut réélu. Le groupe communiste avait été secoué, en mai 2001, par la destitution de Maxime Gremetz de sa fonction de porte-parole sur le projet de loi de modernisation sociale.

Au sein du PCF, Maxime Gremetz fut un des orthodoxes en désaccord avec le secrétaire national, Robert Hue. En 1996, soucieux de donner des signes d’une « mutation » jugée trop timide, Robert Hue aurait souhaité le départ de Maxime Gremetz du bureau national du PCF. Après avoir menacé de quitter le groupe communiste à l’Assemblée nationale en mai 1998, il fut condamné en juillet 1998 par le bureau national du PCF à l’unanimité des membres présents pour les propos qu’il avait tenus dans Le Parisien du 30 juin 1998 où il « condamn[ait] le retour du PS à des pratiques staliniennes », jugeant que « la stratégie présidentielle de Jospin pass[ait] par une convergence objective avec la droite. […] Les militants ne se priveront pas de demander des comptes à Robert Hue ». Cette condamnation du BN provoqua quelques réactions de soutien à Maxime Gremetz, notamment celles de Guy Hermier (député des Bouches-du-Rhône et porte-parole du courant refondateur) et de Jean-Jacques Karman (adjoint au maire d’Aubervilliers et animateur de la Gauche communiste). En décembre 1999, s’estimant gravement mis en cause par la direction du PCF, le député de la Somme proposa aux membres du comité national du PCF, qu’ils décident de lui « retirer » les responsabilités qu’il exerçait. Ils décidèrent de n’en rien faire. Au congrès national du PCF de Martigues (mars 2000), présenté comme celui de « la mutation » ou de « la refondation », Maxime Gremetz, en conflit ouvert avec la direction du PCF, annonça la création d’« un réseau national » au sein du parti, mais ne fut candidat à aucune responsabilité nationale. Candidat à la candidature au sein du PCF pour les présidentielles de 2002, il y renonça, les militants lui préférant Robert Hue. Suite au mauvais résultat de ce dernier au premier tour, il demanda avec d’autres responsables communistes (George Hage, Patrice Carvalho, députés, Paul Fourier, délégué CGT central d’Air Liberté, et Freddy Huck, responsable de la Fédération CGT de l’Agroalimentaire) la convocation d’un congrès extraordinaire du PCF. En 2003, le texte que Maxime Gremetz défendait au congrès départemental, avec Yves Dimicoli et Nicolas Marchand, recueillit près de 80 % des voix.

Conseiller municipal amiénois jusqu’au 21 avril 2004, Maxime Gremetz conduisit la liste PCF « Colère et espoir » pour les élections régionales de 2004, qui a obtenu 11 % des voix au premier tour en Picardie (meilleur score national) – 17 % dans la Somme – et qui fusionna avec celle de Claude Gewerc (PS) au second tour. Élu conseiller régional de Picardie, fort de son bon score, il devint premier vice-président en charge de l’emploi, du développement économique et de l’industrie, délégation qui lui fut retirée en 2005. Jusqu’à la fin de la mandature, les relations entre Claude Gewerc, président socialiste de la région, et Maxime Gremetz, les relations furent très tendues, les débats émaillés d’incidents, leurs différends se prolongeant sur le terrain judiciaire.

Ces controverses s’ajoutaient à la crise née dans le Parti communiste amiénois alors que Maxime Gremetz devenait l’un des principaux opposants à Marie-Georges Buffet au sein du PCF. Il entra en conflit avec la section PCF d’Amiens et son secrétaire, Laurent Beuvain. Ce dernier était poursuivi après un accident de la circulation, causé en fêtant la victoire de la liste communiste aux régionales 2004. Maxime Gremetz condamna cette attitude et désavoua Laurent Beuvain. La direction de la section PCF d’Amiens contesta alors Maxime Gremetz, dans un texte de soutien à son secrétaire. La motion votée par la section amiénoise estimait que le député voulait « déstabiliser » Laurent Beuvain. Sur le plan politique, Maxime Gremetz souhaitait tirer parti du bon score obtenu par sa liste aux régionales (le meilleur en France pour le PCF) pour réclamer des listes PCF et PS séparées au premier tour des municipales de 2008, comme lors des élections précédentes. Laurent Beuvain voulait négocier avec les socialistes une alliance dès le premier tour et il obtint finalement le soutien de son parti. Le Parti communiste de la Somme se déchirait. La tendance « Colère et espoir » (sigle déposé à l’Institut national de la propriété intellectuelle) incarnée par Maxime Gremetz fut mise en minorité au congrès départemental de 2004 par l’alliance des deux autres tendances (un courant dit « rénovateur » et un autre « légitimiste » fidèle à Marie-Georges Buffet). Le secrétaire fédéral, Joël Carliez, ancien partisan de Maxime Gremetz, se positionna aussi contre lui. Quand Joël Carliez avait pris la succession de Pierre Ringot en mai 1989, ce changement avait été interprété comme une reprise en main indirecte de Maxime Gremetz sur la fédération de la Somme. Le congrès fédéral de février 2006, préparatoire au congrès national du Bourget (Seine-Saint-Denis) des 23-26 mars, mettait en minorité Maxime Gremetz, qui recueillit 4,3 % des voix des 1 084 militants de la Somme, score qu’il contesta en déposant plainte car, selon lui, « ni les instances nationales ni Marie-Georges Buffet ne [lui] ont répondu quand [il] les [a] saisies ». Sur le plan national, la motion « Colère et espoir » de Maxime Gremetz obtint 3,7 %, tandis que la motion « fiers d’être communistes » des orthodoxes André Gérin, député-maire de Vénissieux (Rhône), et Jean-Claude Danglot (patron de la puissante fédération du Pas-de-Calais) totalisait 13 %, les deux amendements alternatifs présentés par Nicolas Marchand, ancien fidèle de Georges Marchais, et Yves Dimicoli 11,8 %, la motion des militants du XVe arrondissement de Paris 8,1 % ; la motion de « la base commune » signée Marie-Georges Buffet sortait vainqueur avec 63,6 %.

En février 2006, le comité de section d’Amiens lui refusa sa carte annuelle du parti – différend que Maxime Gremetz fit trancher en sa faveur par le tribunal de grande instance de Paris en mars 2006 – et demanda, en février, à la direction nationale l’exclusion de Maxime Gremetz pour « indiscipline ». Le quotidien Libération du 22 février estimait qu’il « n’avait jamais été aussi prêt de la porte ». Le même mois, le comité de section d’Amiens du PCF lui adressa aussi de multiples reproches dont celui du licenciement pour « faute grave » de quatre de ses collaborateurs à l’automne 2005.

Après avoir défendu une motion opposée à Marie-Georges Buffet, qu’il accusait d’être trop proche du Parti socialiste, lors du congrès du PCF de mars 2006, il se présenta en novembre aux adhérents du parti qui désignaient leur représentant dans la campagne présidentielle de 2007. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du parti, qui se présentait comme candidate de la gauche antilibérale, fut plébiscitée, obtenant 96 % des suffrages, face à Maxime Gremetz (2,69 %) et au vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Jean-Jacques Karman (0,87 %), qui estimaient que le PCF devait concourir sous ses propres couleurs. Les collectifs antilibéraux adoptèrent ensuite la candidature de Marie-Georges Buffet à l’élection présidentielle. En septembre 2008, à la veille de la fête de l’Humanité, dans une interview accordé au Figaro, Maxime Gremetz déplorait le déclin de son parti, qui « n’a[vait] pas de ligne, pas de stratégie concrète et une seule volonté : savoir combien on [pouvait] avoir d’élus et comment passer sous les fourches caudines du PS ». Estimant que « le tort du PCF [était] d’avoir baissé la garde sur le plan des idées », il préconisait une modification de « la ligne du Parti communiste pour revenir à la dénonciation du capitalisme » et aux « fondamentaux » : « nous sommes les héritiers du marxisme et nous ne défendons plus cette culture ». En novembre 2008, il n’était pas présent au congrès départemental de Longueau, estimant que la direction nationale n’avait pas répondu « à la demande des communistes de la Somme de les rétablir dans leurs droits statutaires ». Avec « Communistes en France », Maxime Gremetz, communiste « orthodoxe », avait créé, selon lui, « une structure provisoire rassemblant les communistes qui sont hors de leur parti sans le vouloir ». Dans la Somme, il avait réussi à se tailler un parti dans le parti avec son mouvement. Maxime Gremetz décida de « ne pas donner son accord à la présidence de l’assemblée pour que la dotation d’aide publique aux partis lui revenant (45 000 euros) soit versée au PCF ». En décembre 2008, il ne participa pas au congrès national du PCF à la Défense (Hauts-de-Seine). Non délégué par sa fédération mais invité de droit en tant que député, l’accès au congrès lui aurait été refusé parce qu’il n’aurait pas eu le badge nécessaire.

Maxime Gremetz gardait un solide encrage électoral. Réélu député le 17 juin 2007, avec 59 % des voix, sans l’investiture PCF qui avait présenté contre lui Jean-Claude Renaux, il réalisa le deuxième score le plus important au niveau national pour le second tour de cette élection, face à Jean-Yves Bourgois (Nouveau centre) qui l’avait devancé au premier tour avec 25,83 % contre 21,06 % à Maxime Gremetz et 11,61 % au candidat officiel du PCF qui n’a pas appelé à voter pour Maxime Gremetz au second tour. Appartenant au groupe de la gauche démocratique et républicaine, il siégeait à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Membre du groupe d’études « pénibilité du travail et maladies professionnelles », il proposa une loi sur le renforcement de la prévention des risques physiques et physiologiques liés au travail dans les PME (avril 2008). Vice-président du groupe d’études « chasse et territoires », il a fut l’auteur de deux propositions de loi visant à réformer et à simplifier le droit de la chasse (mai 2008) et à interdire la pratique de la chasse à courre, à cor et à cri (février 2010). Siégeant au groupe d’amitié France-Chine de l’assemblée l’Assemblée nationale, il estima insensé de boycotter les jeux Olympiques de Pékin (Chine), souhaitant ne pas laisser de côté plus d’1,4 milliard de Chinois. Maxime Gremetz appartenait également à divers organismes extra-parlementaires : membre titulaire du conseil d’orientation des retraites, membre suppléant du comité national des retraités et des personnes âgées et du conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie.

En 2008, la liste de la gauche (PS-PCF-Verts) aux élections municipales d’Amiens étant conduite par un socialiste, Gilles Demailly, il menaça de conduire une liste dissidente dite « liste citoyenne » avant de la retirer en décembre 2007, arguant que « le danger était grand que Gilles de Robien (Nouveau centre), soutien de Nicolas Sarkozy, soit élu dès le premier tour ». Après un premier tour où la liste d’union de la gauche récolta 41 % des voix, elle obtint, au second tour, 42 conseillers (sur 52), siégeant dans le même groupe municipal « Unis et solidaires ».

Aux élections régionales de 2010, ne bénéficiant plus de l’investiture communiste depuis 2007, il conduisait une liste « Colère et espoir » composée en majorité de militants communistes, mais aussi de transfuges du PS comme Jean-Luc Lefebvre, maire d’Airaines, et Céline Bouziani, suppléante de Francis Lec, député, des syndicalistes et des militants associatifs notamment, mais les communistes se présentaient en ordre dispersé en Picardie, présents, aussi, sur la liste officielle Front de gauche, et sur la liste Gewerc (PS-Verts-MRC), tandis que Jean-Luc Belpaume, bras droit de Maxime Gremetz et suppléant du député, avait rejoint le NPA et la liste du parti en décembre 2009. Maxime Gremetz obtint 6,21 % des voix, score insuffisant pour se présenter au second tour. En mars 2011, il fut candidat aux élections cantonales dans le canton de Longueau, fief historique du PCF, qu’il affirmait vouloir reconquérir, le conseiller sortant étant le socialiste Jean-Louis Piot. La gauche partait en ordre dispersé, présentant quatre candidats sur cinq : arborant l’étiquette « Colère et espoir », Maxime Gremetz affrontait le PS, la candidate officielle du Parti communiste Colette Finet* (Front de gauche), un cheminot représentant le POI, et une enseignante du Parti radical de Jean-Louis Borloo. Qualifié pour le second tour, il affronta Jean-Louis Piot (PS) qui avait reçu le soutien officiel du PCF, tandis que Maxime Gremetz recevait le soutien inattendu du Parti radical, mais fut largement battu. Il avait totalisé 39% des suffrages.

Maxime Gremetz recueillit toujours une certaine sympathie auprès de la base. Un sondage de popularité de septembre 2006 le mettait en tête des bonnes opinions dans sa circonscription. Parlementaire assidu, gros travailleur, notamment sur les dossiers sociaux, il était aussi apprécié pour son soutien à la cause ouvrière et aux chasseurs de la Somme, sa présence sur le terrain lors des conflits sociaux et son franc-parler. Qualifié de « populiste énervé » et jugé « incontrôlable » par ses détracteurs qui lui reprochaient de s’emporter facilement, il avait gagné au fil des années des surnoms peu aimables : « Minime », « la bête de Somme » et « Peppone » (par Jean-Pierre Chevènement en avril 1998). Intransigeant sur les valeurs et l’identité communistes, il fut le pourfendeur en chef de « la mutation » du PCF initiée par Robert Hue.

Exclu temporairement de hémicycle de l’Assemblée nationale pour perturbation d’une réunion), exclu de son groupe politique le 12 avril 2011, il démissionna du Parlement le 16 mai 2011.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76367, notice GREMETZ Maxime par Julien Cahon, version mise en ligne le 30 juillet 2010, dernière modification le 17 mai 2011.

Par Julien Cahon

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1978]
[Assemblée nationale, Notices et portraits, 2001]

ŒUVRE : Communistes et chrétiens, 1976. — Le Troisième grand, 1984. — Et pourtant elle tourne, 1987.

SOURCES : Arch. Assemblée nationale. — Arch. Dép. Seine-Saint-Denis, 261J21/77. — Arch. Dép. Somme, 1124W10. — Arch. privées René Lamps. — Le Monde, 1987-2009. — L’Humanité, 2000-2009. — Libération, 2006-2008. — Le Figaro, 12 septembre 2008. — Le parisien, 30 juin 1998. — Le courrier picard, 1965-2009. — Le travailleur de la Somme, 1960-1985. — Ch’fakir, 2000-2009. — Who’s who, 2004. — Entretien de l’intéressé avec l’auteur, juillet 2009.

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