GIRARDIN Henri, Gilles

Par Jean-François Poujeade, André Jeannet

Né le 11 janvier 1923 à Saint-Jean-des-Vignes (aujourd’hui quartier de Chalon-sur-Saône, Saône-et-Loire), mort fin août 2013 ; métallurgiste puis enseignant ; résistant ; militant communiste et syndicaliste CGT de Chalon-sur-Sâone puis de Lyon (Rhône).

Fils d’un maraîcher socialiste, Henri Girardin entre aux FTPF depuis juin 1943. Il rejoignit le détachement spécial de sabotage - du réseau Mason-Porthos - placé sous le commandement de Gaston Rebillard (Gaston), en juin 1944.

Il participa à des sabotages de lignes électriques et de voies de chemin de fer. Il camoufla des armes chez ses parents, à leur insu. En avril 1944, les Allemands procédèrent à plusieurs arrestations à Chalon-sur-Saône, et à Saint-Jean-des-Vignes (Saône-et-Loire), dont celle de Charles Lemeaux. Après le départ de Charles Aimé*, le commandement passa dans les mains de Charles Bonnet, et Henri Girardin fut nommé sous-chef du groupe de Charles Bourbon.

Le 29 mai 1944, Charles Bourbon se rendit à Chalon-sur-Saône où il fut arrêté ; Girardin lui succéda. Après un engagement contre les miliciens, le groupe renforcé de deux maquisards réchappés de l’attaque allemande du camp des Loups, à Collonge-en-Charollais, s’installa dans le secteur de Culles-les-Roches (Saône-et-Loire), puis près de Cormatin, sous le commandement de Marcel Reuter(Babouin) chef de détachement, de Pernette, de Joncy, et du colonel Ritoux (Ledon).Le groupe de Girardin après une tentative de s’agréger à un maquis de Bresse, se rattacha au groupe de sabotage de Pierre Drillien et Gaston Rebillard sous les ordres de Jean Régnier (Mason Porthos) du SOE.

Girardin fut blessé, le 15 juin, au cours d’un engagement avec la milice du RNP. Il fut à nouveau blessé, mais grièvement à Givry (Saône-et-Loire). Le 3 septembre, il protégea le repli de ses camarades en continuant le feu de son fusil-mitrailleur. Aidé par Letouche, tous deux se terrèrent dans une vigne jusqu’au départ des Allemands. Conduit à l’hôpital de Cluny, il fut soigné et regagna son unité. Il eut la Croix de guerre (deux citations) et une citation britannique.

Henri Girardin adhéra au Parti communiste en 1945 et devint membre du comité fédéral en 1954 où il s’occupa plus particulièrement du comité départemental paysan pour la Paix ; il était également membre actif au mouvement de la Paix. En 1956, Henri Girardin fut élu membre du bureau fédéral. Il était alors signalé comme membre du secrétariat de la section de Chalon-sur-Saône. Il resta au comité fédéral jusqu’en 1965, année où il fut candidat sur la liste communiste aux municipales.

Après avoir aidé un temps ses parents, il devint métallurgiste à la SFAC (Société des Forges et Aciéries du Creusot qui avait une usine à Chalon-sur-Saône) vers 1947 et y fut un actif militant de la CGT notamment comme délégué du personnel et responsable de la section syndicale (lors de sa réélection en 1964 il fut également noté comme membre du bureau du syndicat des métaux de Chalon). Ayant eu un accident de voiture qui lui laissa des séquelles à une jambe, il décida une reconversion comme dessinateur industriel (il prit des cours pendant 4-5 ans). Il réussit le concours de professeur et entra (après sa 1965) comme professeur dans un lycée lyonnais.

Il passa sa retraite à Tassin-la-Demi-Lune dans la banlieue lyonnaise. Il peignait, bénéficiait d’une "jolie notoriété", lui permettant d’exposer à plusieurs reprises à l’étranger. En 2010, il était toujours membre du Parti communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76378, notice GIRARDIN Henri, Gilles par Jean-François Poujeade, André Jeannet , version mise en ligne le 19 février 2010, dernière modification le 27 juillet 2021.

Par Jean-François Poujeade, André Jeannet

SOURCES : Marcel Jaurant-Singer, agent du réseau Mason-Porthos. – Témoignage de Gaston Rebillard. — Lettre d’Henri Girardin à J-F. Poujeade du 22 novembre 2001 et entretien téléphonique du 12 février 2010

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