POITEVIN Eugène

Secrétaire général durant quelques jours, en mai 1909, du syndicat national des chemins de fer ; poète.

Eugène Poitevin se signala à l’attention à partir de l’année 1908, par sa participation active aux nombreuses réunions de propagande organisées à Paris par le syndicat. Membre du conseil d’administration, il fut délégué avec Eugène Guérard et E. Roberjot au congrès international des travailleurs des transports de Vienne, septembre 1908. Le 20 août 1908, la motion pacifiste qu’il avait préparée pour ce congrès, favorable au désarmement universel et au principe d’arbitrage obligatoire entre les nations, avait triomphé de la motion d’encouragement aux « pionniers antipatriotiques du monde entier » préconisée par Alexandre Le Guennic.

À l’issue du 20e congrès du syndicat national, qui se tint à Paris, du 4 au 7 mai 1909, Eugène Poitevin fut élu secrétaire général. Le 17 mai 1909, il présida le meeting organisé par le syndicat national dans la salle du Tivoli-Waux-Hall, rue de la Douane, à l’occasion de la grève des postiers. Il y refusa de mettre aux voix la proposition d’Yves-Marie Bidamant de mise en accusation d’Eugène Guérard. Critiqué par les minoritaires révolutionnaires, Poitevin fit alors paraître un article dans l’Humanité du 19 mai 1909, où tout en justifiant sa conduite au meeting du Tivoli-Waux-Hall, à l’égard d’Eugène Guérard, il ne s’en livrait pas moins à de sévères critiques contre l’organisation du syndicat national. Ayant encouru pour cela un blâme du conseil d’administration, Poitevin donna sur-le-champ sa démission de secrétaire général.

À partir de ce moment, et à côté des principaux représentants du groupe dissident de « défense syndicaliste des employés de chemins de fer » : Alexandre Le Guennic et Yves-Marie Bidamant, Poitevin participa à la violente campagne de dénigrement dirigée contre Eugène Guérard qui devait entraîner la démission du secrétaire du syndicat national au congrès extraordinaire de décembre 1909.

Conférencier des Universités populaires du Faubourg Saint-Antoine et de La Bellevilloise, Eugène Poitevin créa avec Louis Lumet et Léon Massieux les groupes éducatifs de « L’Art pour tous ». Il organisa avec sa compagne Charlotte Follet des soirées artistiques et dirigea Les Petits Bonshommes, organe de la « Ligue ouvrière de protection de l’enfance » fondée par Léon Clément.

Révoqué à la suite de la grève de 1910, il fut réintégré cinq mois plus tard.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7645, notice POITEVIN Eugène, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 29 janvier 2010.

ŒUVRE : La Crise du syndicat national des chemins de fer, Paris, 1909. — Chants d’amour et chants de révolte, Paris, 1912. — « Socialisme, syndicalisme et régionalisme », étude parue dans l’Effort libre, juillet-septembre 1913. — Collaboration à La Vie ouvrière, revue de P. Monatte, n° 1, 5 octobre 1909.

SOURCES : Arch. Nat., F7/13 661, dossier « Syndicat national des chemins de fer », rapport du conseil d’administration au 20e congrès national. — Arch PPo. B a/1 413, dossier « Syndicat national des chemins de fer », rapport 1er Bureau, 18 mai 1909.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément