DOLLADILLE Henri

Par Olivier Dedieu

Né le 23 janvier 1913 à Cassagnas (Lozère), mort le 12 octobre 1968 à Montpellier (Hérault) ; avocat ; président de l’association départementale des prisonniers de guerre de l’Hérault, militant socialiste, maire de Cassagnas, conseiller général de Barre-les-Cévennes, militant socialiste.

Henri Dolladille naquit à Cassagnas, petit village lozérien près de la sous-préfecture de Florac. Il était issu d’un milieu fortement marqué par son soutien à la République. Bien que catholique, son grand-père prit fait et cause pour la République sous l’Empire. Son père, Léon, instituteur puis professeur de cours complémentaire, milita au sein de l’amicale des instituteurs du département. Rejeté par les catholiques locaux pour son soutien à la « gueuse », il adhéra au parti radical, s’affirma nettement anticlérical et épousa Louise Filhol, issue d’une famille protestante. Durant l’entre-deux guerres, il devint maire de Cassagnas. Son fils Henri, après le lycée de Mende où il fut le condisciple de Robert Verdier vint faire ses études à la Faculté de Droit de Montpellier. Étudiant de 1930 à 1935, il milita au sein des Étudiants socialistes avec Jean Péridier*. Titulaire d’une licence en droit, il devint avocat stagiaire en 1936 avant de quitter la ville pour effectuer son service militaire. Avant la guerre, il se maria, épousant avec sa femme la religion catholique sans être pour autant pratiquant.

En 1939, il installa son cabinet d’avocat à Montpellier. Mobilisé, Henri Dolladille fut lieutenant de corps francs au 27e régiment de tirailleurs algériens. Fait prisonnier, il resta cinq ans en captivité à l’OFLAG IV D, période durant laquelle il soutint sa thèse de doctorat en droit. De retour à Montpellier, il s’investit très rapidement et activement dans les mouvements de combattants prisonniers de guerre. Dès la reconstruction des associations d’anciens combattants, il fut président de la fédération des anciens combattants 1939-1945, structure qui visait à regrouper les anciens combattants mais qui n‘existera que sur le papier. Plus durablement, Henri Dolladille milita au sein de l’importante association départementale des combattants prisonniers de guerre, alors dirigée par Louis Fontaine*. En 1946, il succéda à ce dernier et resta président de jusqu’à son décès en 1968. Il fut par ailleurs dès 1949 vice-président du conseil départemental des anciens combattants de l’Hérault et l’un des membres fondateurs du comité de liaison des anciens combattants ainsi que de la fédération nationale de son mouvement. Sa notoriété au sein de ce milieu fut alors d’autant mieux assise qu’il n’était pas rare de le voir défendre les anciens combattants devant le tribunal des pensions. Au-delà de cet engagement associatif, Henri Dolladille fut aussi un avocat d’assises reconnu, membre du conseil de l’ordre dans les années 1950 et qui laissa, à sa mort, un cabinet important. Enfin, il devint aussi élu local dans son département natal. Il succéda à son père à la mairie de Cassagnas. En 1951, il devint aussi conseil général de Barre-Les-Cevennes, battant Gilbert de Chambrun*. En 1958, la fédération socialiste de l’Hérault décida de le présenter comme candidat dans la 2e circonscription de l’Hérault, celle de Montpellier-Lodève, l’une des plus conservatrices du département. Il fut opposé à plusieurs leaders politiques locaux, l’ancien ministre MRP Paul Coste-Floret, le député radical Vincent Badie, ainsi que le maire divers droite de Montpellier François Delmas. Soutenu par son ancien condisciple Jean Péridier (qui l’épaulera durant la campagne) susceptible de recueillir des voix personnelles au titre de son engagement associatif mais aussi de la famille de son ex-femme (dont le grand-père, Benjamin Guiraudou, fut maire et conseiller général radical de Clermont l’Hérault), il fut néanmoins battu dès le 1er tour.

Il n’eut plus d’autres activités politiques significatives dans le département par la suite et resta maire de sa commune jusqu’à sa mort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76580, notice DOLLADILLE Henri par Olivier Dedieu, version mise en ligne le 8 mars 2010, dernière modification le 19 octobre 2020.

Par Olivier Dedieu

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 506 W 328, 313 W 1-2, 524 W 27. — Archives OURS, 2 APO 19. — Archives office départemental des anciens combattants de l’Hérault. — Barreau de Montpellier, Tableaux de l’ordre 1928-1985, CARAM, Montpellier, sd. — Combat socialiste, 15 novembre 1958. — Entretien Jean Dolladille.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément