HUMBERT Gérard

Par Jean-François Lassagne

Né le 29 septembre 1941 à Sète (Hérault) ; technicien chimiste jusqu’en 1981, puis responsable sécurité à Carling (Moselle) et au Qatar ; militant de la CGT ; délégué du personnel et secrétaire du syndicat d’ANILOR à Carling ; trésorier du comité de coordination de PCUK ; administrateur de NORSOLOR ; vice-président du conseil d’administration de la CPAM de Sarreguemines de 1985 à 1989 ; membre de la commission exécutive de l’Union Locale de Saint-Avold (Moselle) ; président du conseil d’administration de la MJC de Dieuze (Moselle) ; vice-président de l’UFTIC ; président du Club Auto Rétro 57.

Gérard Humbert en 1989
Gérard Humbert en 1989
Collection personnelle

C’est à la suite de l’expulsion de ses parents mosellans par les Allemands en 1940 que Gérard Humbert vit le jour à Sète le 29 septembre 1941. Son père Jean était un militaire originaire de Raville (Lorraine annexée) où il naquit en 1916, tandis que sa mère était née en 1913 à Lachambre (Lorraine annexée). À son retour en 1945 en Moselle, la famille s’installa au château de Biderstroff, car la grand-mère et ses enfants y étaient les métayers de la ferme. En 1950 tout le monde partit pour Dieuze (Moselle) et Gérard y fréquenta l’école primaire, avant d’entrer en apprentissage en 1955 au laboratoire de l’usine chimique Kuhlmann, entreprise où la CFTC était majoritaire depuis son redémarrage au retour de la guerre en 1945. L’usine employait alors sept-cent vingt travailleurs à la fabrication d’acides sulfurique et chlorhydrique par un processus reposant sur la production de sel gemme réalisée par évaporation de l’eau saturée extraite d’une mine de sel inondée. Il s’agissait ensuite de produire le lithopone (composé de sulfure de zinc et de sulfate de baryum), servant de base aux peintures. Puis la première fabrication de polystyrène y démarra en 1958-1959. Gérard Humbert travaillait à l’époque en compagnie d’André Wagner, de Simon Mathieu et d’Yvan Graupner, qui participèrent tous à la création de la Maison des Jeunes et de la Culture de Dieuze, dont le directeur-fondateur de 1957 à 1965 était Jean Laurain, professeur de philosophie, puis dirigeant départemental et national des MJC, avant de devenir député socialiste puis ministre de F. Mitterrand. Gérard y apprit l’anglais entre autre, grâce à la promotion ouvrière et devint par la suite président du CA de la MJC de 1960 à 1961. Il suivit également les activités de l’Auberge de Jeunesse (section de Dieuze) à Amélécourt (Moselle), jusqu’en 1963.

Il partit au service militaire en juillet 1961, d’abord à Thionville (Moselle) pour y effectuer ses classes, puis à Metz à partir de décembre et jusqu’à sa libération en janvier 1963. Dès lors, ne souhaitant plus retourner à Dieuze il choisit de travailler à ANILOR à Saint-Avold, une entreprise chimique d’une centaine de salariés, dont il intégra le laboratoire de production le 12 mars 1963. ANILOR (Aniline Lorraine) avait été créée en 1962, pour transformer les matières premières issues des Houillères du Bassin de Lorraine (benzène et acide nitrique), et après les essais elle démarra la production en juin 1963. Accompagnée de sous produits dérivés, parmi lesquels le diphénylamine utilisé comme traceur, la production d’aniline était destinée à FRANCOLOR une entreprise de production de matières colorantes. Gérard Humbert adhéra à la CGT en 1964 et fut élu délégué du personnel la même année au mois d’avril, puis secrétaire du syndicat, responsabilité qu’il assuma jusqu’à la fin d’ANILOR en novembre 1983. Il y eut bien une tentative d’implanter la CFDT en 1973 mais elle fit long feu. La CFTC étant alors majoritaire à Carling, les luttes sur la plateforme y étaient difficiles du fait notamment de l’absence de coordination syndicale entre les différentes entreprises du site : ANILOR, UGILOR, CDF Chimie et PCUK.

En 1970 ANILOR passa à PCUK (Péchiney-Ugine-Kuhlmann), et Gérard Humbert fut élu trésorier du Comité de coordination des syndicats CGT de PCUK de 1978 jusqu’en 1983. Puis l’entreprise passa à CDF-Chimie en 1984 avant de devenir NORSOLOR en 1987.
Il fut alors muté au vapocraqueur, où il occupa la responsabilité de la sécurité, sur cette plateforme où les jeunes militants étaient nombreux. La CGT y étant devenue majoritaire, il fut élu administrateur de NORSOLOR pour le mandat 1989-1990, et participa à la commission exécutive de l’UL de Saint-Avold.

Marié à Rolande Barthe de Dieuze en 1963, ils eurent deux enfants, avant que son épouse ne décède accidentellement lors d’une tornade à Hossegor. Il se remaria en 1972 avec Georgette Kaiser originaire de l’Hôpital (Moselle) qui travaillait à UGILOR, et le couple eut un fils.

En 1989, sur proposition de la direction, il accepta un poste de responsable de la sécurité d’une usine de pétrochimie au Qatar. Il s’agissait d’une entreprise montée par Qapco (site industriel près de Doha), avec des fonds de CDF-Chimie et de l’émirat du Qatar, et dans laquelle la fabrication était assurée par des travailleurs de vingt-trois nationalités différentes, dont une cinquantaine d’entre eux avait été formés à l’usine de Carling. Une vingtaine de salariés venus de France qui assuraient l’encadrement et différents poste de responsabilités furent peu à peu remplacés par des qataris. Un nouveau projet ayant vu le jour en 1994, il demeura dans sa fonction jusqu’à son retour à Carling en 1996. Il fut alors affecté à la sécurité générale, et obtint de s’occuper de la mise en conformité des machines dangereuses, et de réaliser la cartographie de l’amiante sur le site. Il partit en préretraite en 1998. Homme de gauche, il participa à plusieurs campagnes électorales lors des municipales à Saint-Avold avec la liste d’union socialiste-communiste, mais ne s’engagea dans aucun parti.

À l’origine de la création en 1981 du Club Auto-Rétro 57 dont il fut le président, il était amateur de voitures anciennes et participa au Paris-Moscou-Paris en 1984. Il devint, à sa création également en 1981, vice-président de l’Union Fraternelle des Travailleurs des Industries Chimiques (UFTIC).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76586, notice HUMBERT Gérard par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 8 mars 2010, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean-François Lassagne

Gérard Humbert en 1989
Gérard Humbert en 1989
Collection personnelle

SOURCES : Entretiens avec Gérard Humbert en décembre 2009.

ICONOGRAPHIE : photo de Gérard Humbert en 1989 ; collection personnelle.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément