GRUPPO Angel, Delvino

Par Michel Aguettaz

Né le 7 mars 1912 à Annecy (Haute-Savoie), mort le 4 juin 2011 ; militant communiste, déporté politique, résistant FTP, officier d’active, responsable FNDIRP et ANACR en Savoie.

Autobiographie communiste d’institution d’Angel Gruppo
Autobiographie communiste d’institution d’Angel Gruppo

Les parents d’Angel Gruppo étaient d’origine italienne et venaient tous deux de la province de Biella dans le Piémont. Son père Alaric Albert Gruppo était né en 1882, à Cossato et sa mère Marie Catherine Charlotte Agnisola était née en 1879 à Coggiola. Ils se rencontrèrent en France à Annecy où tous deux étaient venus s’installer pour trouver du travail. Son père était alors maçon dans l’entreprise de travaux publics Léon Grosse et sa mère, tisseuse sur coton, avait quitté Coggiola lors d’une période de grève dans l’industrie textile pour rejoindre une tante déjà installée à Annecy. Elle fut embauchée dans une entreprise textile de Cran Gévrier.

Trois enfants naquirent de cette union : Louis en 1903, Sylvie, en 1905 et Ernestine en 1907. Alaric et Marie ne pouvaient se marier, la commune de Cossato refusant de fournir les documents d’état civil, invoquant une dette impayée.

Sur le plan politique son père, Alaric Gruppo, était membre de la section socialiste des immigrés. Il fut signataire d’une lettre adressée au préfet de la Haute-Savoie pour faire la demande d’une section socialiste italienne. Quant à Marie, elle s’éloigna de la religion catholique en réaction au mépris et aux critiques que lui valaient de la part des bien-pensants sa situation maritale.

La situation économique des Gruppo s’améliora, Alaric devenant contremaître. La situation italienne ayant été régularisée, les trois premiers enfants purent assister au mariage de leurs parents le 4 mars 1911. C’est dans ce contexte que naquit Angel Gruppo en 1912. Trois autres enfants suivirent : Robert en 1914, Roger en 1916, Simone en 1918.

Durant toutes ces années la famille suivit les déplacements du père au gré des chantiers qu’il encadrait : Chambéry (construction de l’usine d’aluminium), La Balme (construction du pont sur le Rhône), Modane (construction de l’usine électrique), Rumilly (usine de lait Mont Blanc). En 1922 la famille se fixa définitivement à Aix les Bains où Alaric fit bâtir une maison. En 1929, ce père entreprenant et capable mourut accidentellement. Il avait souscrit des assurances qui laissèrent à l’abri du besoin sa femme et ses quatre plus jeunes enfants.

Durant toutes ces années Angel suivit une bonne scolarité. Il obtint en 1928 son brevet élémentaire supérieur mais renonça à l’École Normale pour travailler comme commis aux écritures à l’hôpital d’Aix-les-Bains.

Le sport tenait aussi une grande place dans sa vie et il était moniteur au club gymnique « Les enfants du Revard ».

En 1930, il devança l’appel et partit faire son service militaire au 13e BCA. Sous les drapeaux, il suivit une formation de récepteur radio et d’éducation physique. Libéré en octobre 1931, après avoir préparé un brevet d’éducation de professeur d’éducation physique il devint professeur auxiliaire à Aix tout en faisant de la comptabilité pour des petits entrepreneurs locaux.

Sur le plan politique, il subit l’influence de son frère Louis qui avait adhéré au Parti communiste dès 1920 et qui était secrétaire de la cellule locale. Cette influence se fit sentir très tôt comme le prouve sa participation, à l’âge de douze ans, à sa première grève, celle des ramasseurs de balles lors d’un prestigieux tournoi organisé par le tennis club d’Aix-les-Bains pour obtenir 50 centimes par match.

Angel épousa Marie Joséphine Negro, à Aix les Bains, le 21 avril 1935.

En 1936 il adhéra au PCF et devint secrétaire du comité cantonal de la FSGT et participa activement au comité du Front Populaire. Son activité sociale et syndicale était intense. Il créa à Aix le Club Sportif Ouvrier et devint secrétaire semi permanent du syndicat du bâtiment de la Savoie.

En 1939 mobilisé au 97e RIA comme sergent secrétaire, il fut retiré de ce poste sur intervention de la sécurité militaire. En juin 1940, il refusa de se rendre et échappa à l’arrestation. Après un périple mouvementé d’un mois et demi, il parvint à rentrer en Savoie. Il fut démobilisé le 27 juillet après avoir reçu la croix de guerre et une citation à l’ordre du régiment.

Dès août 1940, il fut convoqué par le commissaire d’Aix les Bains pour une mise en garde. Une distribution de tracts et des inscriptions sur les murs de la société savoisienne lui valurent, le 12 décembre 1940, d’être le premier militant communiste du département à être arrêté par le nouveau régime. Son frère Louis, à Grenoble ce jour-là pour un contact avec le parti communiste, échappa de peu au même sort. Il fut prévenu en gare routière de Chambéry par un camarade aixois qui avait aperçu Angel convoyé par les gendarmes).

Interné à Fort Barraux, en mars les mesures punitives s’aggravèrent et Angel Gruppo fut déporté, avec Marcel Roux, en Algérie, au camp de Djelfa.

Le 30 octobre 1942, il bénéficia d’une libération. Assigné à résidence à Annecy, il devait pointer toutes les semaines à la préfecture. Mais dès février 1943, par l’intermédiaire d’un cousin, il parvint à renouer le contact avec l’organisation clandestine du PCF et fut désigné pour représenter le parti à des réunions avec d’autres représentants de la résistance sous la direction de Valette d’Osia. Il participa également, avec le camion de l’entreprise qui l’employait, au ravitaillement d’un maquis.

Prévenu de l’imminence de son arrestation, il entra dans la clandestinité et échappa ainsi à la grande rafle de 10 juillet 1943 (sa sœur Simone fut arrêtée à cette date). Cette rafle, organisée par le nouveau directeur des renseignements généraux, André Baillet, et dont les arrêtés d’internement furent signés par secrétaire général de la police Bousquet lui-même, aboutit à plus d’une centaine d’arrestations sur les deux départements.

Angel Gruppo trouva refuge au maquis des Dents de Lanfon, dans le massif des Bornes, proche d’Annecy. Ce maquis, d’une trentaine d’hommes, avait été crée par le militant communiste César Deléan. Il n’avait pas à ce moment d’appartenance quelconque mais passa aux FTP au début de l’automne 1943.

C’est là qu’Angel Gruppo fut contacté par Roger Roucaute* pour constituer le triangle régional FTP, avec Georges Kioulou* et un troisième homme dont l’identité reste inconnue. Sa tâche était ualors particulièrement risquée. Commissaire technique régional, il devait se rendre régulièrement à Aix, Chambéry ou Annecy où il était bien connu des services de police. Il quitta la Savoie en janvier 1944 pour devenir commissaire aux effectifs de la région Ain, Jura, Saône-et-Loire.

Le 15 juin 1944, après la chute de l’état-major FTP de la zone sud, il devint commissaire aux opérations pour l’inter-région de Lyon. En septembre 1944 il fut intégré à l’état major militaire de la 14e région militaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76644, notice GRUPPO Angel, Delvino par Michel Aguettaz, version mise en ligne le 16 mars 2010, dernière modification le 26 avril 2022.

Par Michel Aguettaz

Autobiographie communiste d'institution d'Angel Gruppo
Autobiographie communiste d’institution d’Angel Gruppo

SOURCES : RGASPI, 495 270 4117, autobiographie rédigée à Aix le 26 octobre 1937, classée B par la commission des cadres (écarter des responsabilités), consulté à Moscou par Annie Pennetier. — État civil.

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