GROS Antonin, Léon

Par Jean Sagnes

Né le 4 mars 1890 à Marseillan (Hérault), mort le 30 avril 1977 à Marseillan ; ouvrier agricole ; syndicaliste et militant communiste de l’Hérault ; député de l’Hérault (1946-1951), conseiller municipal de Montpellier (Hérault).

Antonin Gros dans les années 1940
Antonin Gros dans les années 1940
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

Dernier né de neuf enfants, fils d’un journalier, A. Gros, embarqua à seize ans sur un bateau de Marseillan. Un an plus tard, ouvrier agricole dans cette commune, il se joignit comme tous à la grande manifestation viticole de juin à Montpellier. En 1910, il adhéra au Parti socialiste SFIO. Trois ans plus tard, le chômage chronique dans l’agriculture, le contraignit à changer à nouveau de métier : il devint ouvrier dans une entreprise d’électricité. En 1914, il fut réformé et navigua en Méditerranée sur un transporteur de troupes. Au sortir de la guerre, il se maria et eut un fils en 1919. Durant cette période, il n’eut pas d’activité politique mais fut président de l’Union syndicale des marins de commerce et pêcheurs réunis de Marseillan, créée le 2 janvier en 1920. Après le congrès de Tours, il demeura plus d’un an sans adhérer au nouveau Parti. Mais en 1922, il donna son adhésion au Parti communiste à la suite de la lecture d’articles très antisoviétiques parus dans la revue Floréal à laquelle il était abonné. À la même époque, il adhéra au syndicat unitaire des ouvriers agricoles. Dès lors, il mena parallèlement une activité politique et une activité syndicale. En février 1929, à la suite d’opposition d’affiches, il fut condamné à trois mois de prison pour provocation de militaires à la désobéissance, peine effectuée à la prison de Béziers à partir du 25 avril 1929. Il était alors secrétaire du comité départemental du Secours Rouge International.

À partir des années 1935-1936, il eut des responsabilités syndicales de plus en plus importantes. Il fut délégué au 8e congrès national de la CGTU à Issy-les-Moulineaux en septembre 1935 puis au congrès d’unité syndicale de Toulouse. En 1936, il devint secrétaire de la section fédérale CGT des ouvriers agricoles de l’arrondissement de Béziers-Saint-Pons, secrétaire de la section fédérale CGT de l’Hérault de l’Agriculture et secrétaire de la XIVe Région de la Fédération CGT des ouvriers agricoles (région allant du Var aux Pyrénées-Orientales). Il déploya une grande activité syndicale notamment au moment des grèves dans l’Hérault, dans l’Aude et, en 1937, dans le Soissonnais. Il fut également le principal négociateur ouvrier dans l’arrondissement de Béziers-Saint-Pons lors de l’établissement des contrats collectifs puis des conventions collectives. Les 12 et 13 juillet, il participa à Paris à la Conférence des jeunes paysans (voir Léo Figuères). À la fin de l’année 1937, il effectua en URSS un voyage avec une délégation d’ouvriers agricoles CGT et prononça, le 13 novembre, un discours à Radio-Moscou. Depuis janvier 1937, il était membre titulaire de la CE de la Fédération nationale des Travailleurs de l’Agriculture CGT (voir Parsal*). Il entra à la CA de l’UD-CGT de l’Hérault en février 1938 et fut délégué au congrès de Nantes de la CGT en novembre 1938. En août 1939, les secrétaires de la Fédération CGT de l’Agriculture étant mobilisés ou indisponibles, il fut chargé d’assurer la direction de la Fédération.

Depuis 1933, il écrivait régulièrement dans l’hebdomadaire de la Région communiste, Le Travailleur du Languedoc et il était membre du comité régional du PC. Aux élections législatives de 1936, il fut candidat du PC dans la 3e circonscription de Montpellier où, avec 3 195 voix sur 12 796, il ne fut précédé que par le député sortant socialiste qui fut réélu. Après le décès de celui-ci, il fut à nouveau candidat en avril 1937 : il obtint 2 992 suffrages, en perdant 203, le candidat socialiste en perdant 222.

Le 29 avril 1940, il fut arrêté et transféré successivement à Toulon, Signes, Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), Montluçon. Traduit devant un tribunal où on l’accusa d’activité politique et syndicale illégale, il bénéficia d’un non-lieu mais n’en fut pas moins envoyé à la prison de Clermont-Ferrand. Il fut cependant libéré à la mi 1941. Il devint « ramonet » dans une campagne près de Béziers mais fut arrêté le 26 décembre 1941, emprisonné à Saint-Sulpice puis transféré à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis à la citadelle de Sisteron d’où les Résistants le libérèrent, avec les autres prisonniers, le 12 juillet 1944. Durant cette période, son épouse, Berthe Gros, fut un des courriers de la direction, du PC transportant du matériel dans toute la France.

À la Libération, il devint membre du bureau fédéral du PCF et, en 1945, entra au secrétariat de l’UD-CGT, de l’Hérault, responsable des ouvriers agricoles. Il fut délégué au XXVIe congrès national de la CGT (Paris, 8-12 avril 1946). En octobre 1945, candidat aux élections à la 1re Constituante, sur la liste communiste, il fut élu député, sa liste largement en tête obtenait 63 109 voix sur 108 125 suffrages exprimés (30,3 %). Il fut réélu en avril 1946 à la Seconde Constituante puis en novembre 1946 à la Première législative de la IVe République avec un nombre de voix et un pourcentage accru : respectivement 67,376 voix (30,6 %) et 81 482 (33,8 %). Mais en 1951, bien qu’ayant obtenu plus de 70 000 suffrages, la liste communiste n’eut aucun élu du fait des apparentements. En 1956, malade, il fut remplacé sur la liste présentée aux élections législatives par le PC. Jusqu’en 1959, il fut conseiller municipal de Montpellier. Il se retira ensuite à Marseillan.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76657, notice GROS Antonin, Léon par Jean Sagnes, version mise en ligne le 17 mars 2010, dernière modification le 23 août 2010.

Par Jean Sagnes

Antonin Gros dans les années 1940
Antonin Gros dans les années 1940
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

SOURCES : RGASPI, 495 270 4194, autobiographie de 1938. — Arch. Dép. Hérault, 15 M 78 à 80 et 195 M 17. — Le Travailleur du Languedoc, 1933-1939 et 1944-1959. — Les Communistes de l’Hérault dans la Résistance, s.d. — Interview d’A. Gros le 31 octobre 1972 à Marseillan.

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