HENRIC Vincent, Charles, Clément

Par André Balent

Né le 23 novembre 1917 à Claira (Pyrénées-Orientales), mort le 10 août 2005 à Claira ; journalier et ouvrier du bâtiment puis cantonnier ferroviaire, comptable à Perpignan (Pyrénées-Orientales) après 1945 ; militant communiste, résistant et déporté.

Le père de Vincent Henric, également prénommé Vincent était cultivateur à Claira, commune agricole de la Salanque, au nord-est du Roussillon ; il était âgé de trente-trois ans en 1917. Sa mère, Léontine Mac avait alors trente-deux ans. Il demeura célibataire.

En 1937, Vincent Henric, domicilié dans son village natal, siégeait au comité de la région catalane des Jeunesses communistes auxquelles il avait adhéré en 1936. Un autre militant de Claira, Denis Coste, siégeait également, à la même date, à cet organisme dirigeant.

Sensible aux développements de la Guerre Civile espagnole, il participa aux actions de solidarité à la République dont il fut un des chevilles ouvrières à Claira jusqu’en octobre 1938, organisant des réunions et des collectes jusque dans les villages voisins.

Appelé sous les drapeaux pour le service militaire en octobre 1938, il fut rattrapé par la mobilisation après l’attaque allemande contre la Pologne le 1er octobre 1939. Pour des raisons de santé, il fut démobilisé le 10 novembre 1939. Après sa convalescence à Claira, il fut engagé comme cantonnier ferroviaire à la compagnie des Chemins de fer des Pyrénées-Orientales, dont une ligne qui desservait la Salanque disposait d’une gare à Claira.

Vincent Henric participa aux activités du PC clandestin en Salanque (voir André Estève, Émile Hereu). En juillet 1943, il fut arrêté, le 23 juillet 1943 — d’après son témoignage, le 15 juillet, d’après la police — peu après Marceau Dupin sur dénonciation d’un habitant de Claira. Il fut d’abord détenu à Perpignan, puis transféré à Montpellier (Hérault) le 27 janvier 1944. Jugé à Montpellier le 1er février 1944, condamné à un an de prison, il fut, dès le lendemain, interné à la centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne), le 2 février 1944. Ayant participé à la révolte des détenus de cette prison les 19 et 20 février 1944, il fut, bien que libérable en juillet 1944, livré à la division SS "Das Reich" transféré ensuite à Compiègne (30 mai 1944) par les Allemands, puis, le 18 juin, déporté en Allemagne, à Dachau. Il fut rapatrié le 29 mai 1945 Il quitta l’Allemagne par un convoi sanitaire via Constance, Bâle et Mulhouse. et fut de retour à Claira le 1er juin.

Jusqu’à sa mort, il demeura fidèle à son parti. Il vécut à Claira tout en exerçant, jusqu’à sa retraite en 1977, la profession de comptable à la Brasserie Milles, à Perpignan. Il adhérait à la FNRDIP dont il fut un des responsables, occupant notamment les poste de trésorier départemental. Il fut aussi trésorier départemental de l’ANACR et de l’Amicale du bataillon FFI d’Eysses. Il était aussi un adhérent fidèle de la section de Claira des ACPG-CATM. 

Il avait toujours en charge cette dernière responsabilité au début des années 2000. Il publia en 2000 un ouvrage autobiographique où il retraça ses souvenirs de prison (Eysses, notamment) et de déportation. Ce volume qui fut aussi traduit en catalan et publié dans cette langue en 2004, rassemble des souvenirs rédigés en novembre 1945 et des lettres de prison, et est complété par un chapitre rédigé en juillet 1999 et par quelques poèmes écrits notamment en janvier 1946.

Ses obsèques furent civiles. Il laissa à Claira le souvenir d’un homme généreux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76661, notice HENRIC Vincent, Charles, Clément par André Balent, version mise en ligne le 19 mars 2010, dernière modification le 28 juin 2016.

Par André Balent

ŒUVRE : Des jours et des nuits dans la tourmente, Saint-Estève, Les Presses Littéraires, 2000, 182 p. ; traduction en catalan : Vicenç Henric, Dies i nits dins la tempestat. Memòries d’un deportat a Dachau, Valls, Edicions Cossetània, 2004, 150 p., préface de Josep Maria Figueres.

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, série M non classée, versement du cabinet du préfet, liasse 167, liste des membres du comité régional de la JC dressée par le commissaire central de Perpignan (1937). — Arch. dép. Lot-et-Garonne, 940 W 61, registre et dossier d’écrou de la centrale d’Eysses). — Arch. com. Claira, état civil, acte de naissance et mention marginale. — Ramon Gual, Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la résistance catalane, II B , De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 1054. — Georges Sentis, Les Communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales, Tome 2, Le difficile combat vers la libération nationale, novembre 1942, août 1944, Lille, Marxisme / Régions, 1985, p. 48, 157. — Conversation avec les animateurs de l’Association du Patrimoine de Claira (Claira,10 mars 2010). — Conversations téléphoniques avec Jean Mac, de Claira, cousin de Vincent Henric ; avec Ange Montes, ancien président de la section de Claira de l’Association départementale de l’ACPG-CATM (12 mars 2010) — Notes de Corinne Jaladieu, professeur d’Histoire à Béziers.

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