SCHÖNHAAR Odette, née PISLER, devenue ZELBSTEIN . Pseudonyme : WELTI Isabelle

Par Peter Huber, Dominique Tantin

Née le 2 octobre 1901 à Lausanne (Canton de Vaud), morte en mars 1977 à Crosne (Essonne) ; militante communiste, sténographe de plusieurs organisations auxiliaires du Komintern établies à Berlin, entre autres de la Ligue contre l’impérialisme et l’oppression coloniale (1930-1933) ; résistante du Front National pour la libération et l’indépendance de la France, déportée au camp de concentration de Ravensbrück.

Odette Pisler, épouse Zelbstein en 1945, à sa libération du camp de Ravensbrück.
Odette Pisler, épouse Zelbstein en 1945, à sa libération du camp de Ravensbrück.
Crédit : Josette Hervelin

Odette Pisler était fille d’un militant communiste de longue date qui travailla en 1924 comme comptable à l’Humanité à Paris. Elle suivit des cours de sténographie à Lausanne et rejoignit la Jeunesse communiste (1921). En 1922, elle partit pour Berlin et entra l’appareil du Komintern : elle y travailla jusqu’en 1933 comme dactylo et traductrice pour plusieurs organisations auxiliaires qui tournèrent autour du Komintern : sténographe pour le bureau berlinois de l’Internationale communiste des jeunes (KIM, 1922), puis, en 1923-1924 pour le Profintern, ensuite pour le Secours rouge international (1924-1926), l’appareil de presse Inprécorr (1926-1928) et enfin pour le bureau de la Ligue contre l’impérialisme et l’oppression coloniale (1930-1933). Odette Pisler se maria en 1924 avec le militant communiste Eugen Schönhaar, personnage important de l’appareil clandestin du PC allemand, dont elle eut un fils, Karl, né en 1924. Elle accompagna son mari en 1928-1929 dans une mission aux États-Unis ; il fut arrêté à Berlin en 1933 et abattu par la Gestapo le 1er février 1934 à Berlin-Wannsee.
Odette Pisler-Schönhaar fuit de Berlin en Suisse (1933) mais y fut expulsée en 1934 ayant perdu, en 1924 déjà, sa citoyenneté par le mariage avec l’Allemand Schönhaar. Elle se réfugia avec son fils Karl à Paris, où elle se remaria avec Uri Zelbstein. Odette Zelbstein travailla sous le nom "Isabelle Welti" depuis Paris et jusqu’en 1938 pour l’appareil de OMS.
Selon une attestation de Marcel Mugnier (liquidateur national du Front national) en date du 13 mars 1958, Odette Pisler-Zelbstein entra dans la Résistance à partir de juin 1941 dans les rangs du Front National de lutte pour la libération et l’indépendance de la France, un mouvement créé et dirigé par le Parti communiste français (PCF). L’attestation précise « qu’elle tapait des stencils pour l’appareil technique de la région P2 de notre mouvement. Elle transmettait au cours de rendez-vous clandestins avec la liaison régionale, les stencils confectionnés par ses soins. Arrêtée le 9 mars 1942 à son domicile à Paris par la police française. Son fils [Karl dit] Carlo Schönhaar, FTPF, avait été arrêté la veille […] Cette arrestation provoqua une perquisition au domicile de Mme Zelbstein, ce qui permit aux policiers de découvrir son activité résistante puisqu’ils saisirent la machine à écrire qu’elle utilisait pour son travail clandestin. Interné à Santé. Déporté à Ravensbrück le 17 avril 1942. Rapatriée en août 1945 ».
Après une convalescence à Nyon, canton de Vaud (Suisse) de septembre à novembre 1945, elle regagna Paris. Elle résida 4 rue Damesteter (XIVe arr.) puis 8 boulevard Poissonnière dans le IXe arr. Elle travailla au quotidien L’Humanité, puis elle vécut dans une maison de retraite à Crosne (Essonne) où elle mourut en mars 1977. Elle repose dans le cimetière de cette localité. Elle avait divorcé d’Uri Zelbstein.
Son fils, Karl Schönhaar, militant de la Résistance communiste parisienne (OS-FTPF) fut condamné au procès de la Maison de la chimie et fusillé le 17 avril 1942.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76703, notice SCHÖNHAAR Odette, née PISLER, devenue ZELBSTEIN . Pseudonyme : WELTI Isabelle par Peter Huber, Dominique Tantin , version mise en ligne le 31 juillet 2010, dernière modification le 11 juin 2021.

Par Peter Huber, Dominique Tantin

Odette Pisler, épouse Zelbstein en 1945, à sa libération du camp de Ravensbrück.
Odette Pisler, épouse Zelbstein en 1945, à sa libération du camp de Ravensbrück.
Crédit : Josette Hervelin
Eugen Schönhaar
Eugen Schönhaar
Crédit : Josette Hervelin

SOURCES : RGASPI, 495 205 9766, 495 274 218, 495 274 249. — Michael Buckmiller, Klaus Meschkat (éd.), Biographisches Handbuch zur Geschichte der Komintern. Ein deutsch-russisches Forschungsprojekt, Berlin 2007 (CD-ROM inclus.). — Notes de Jean-Pierre Besse et de Éric Monnier. — Documents et informations communiqués par madame Josette Hervelin en mai 2021. — Notice mise à jour par Dominique Tantin (juin 2021).

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