HERNANDEZ Ildefonse

Par André Balent

Né le 16 février 1921 à Agullana (province de Gérone, Espagne) ; comptable à Céret (Pyrénées-Orientales) ; militant communiste légal puis clandestin du Parti communiste ; détenu à Eysses (Lot-et-Garonne) ; déporté à Dachau (Allemagne) ; secrétaire départemental de l’UJRF en 1945 ; militant coopérateur.

Ildefonse Hernandez — son patronyme qui n’est pas catalan suggère que ses parents n’étaient pas originaires de la Catalogne — naquit à Agullana, village catalan frontalier avec la France, proche de Céret, centre administratif et industriel du Vallespir. Céret et Agullana, localités géographiquement proches partagent une même activité industrielle, la fabrication de bouchons à partir des vastes forêts de chênes liège qui rend compte des étroits contacts et échanges transfrontaliers de toutes sortes.

D’ailleurs, Hernandez, naturalisé français, débuta dans la vie professionnelle avant la Seconde Guerre mondiale comme comptable à la coopérative ouvrière cérétane de fabrication de bouchons. Il fut avant la guerre, secrétaire des cercles de la Jeunesse communiste du Vallespir.

Il participa dès 1941 à la reconstitution clandestine du PC en Vallespir. Il échappa aux arrestations de militants communistes cérétans par la police de Vichy en juin 1942. Il aurait été ensuite responsable interrégional clandestin des Jeunesses communistes. Arrêté le 28 avril 1943, il fut condamné, le 31 janvier 1944, à cinq ans de travaux forcés pour « activités communistes » par la section spéciale du tribunal de Montpellier (Hérault). Interné à la prison de Limoges (Haute-Vienne) puis à la centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne) le 21 décembre 1943, il participa à la révolte des détenus. Il fut livré à la division SS « Das Reich » le 30 mai 1944. Il quitta le camp de Compiègne le 18 juin 1944 pour Dachau (Bavière, Allemagne). Affecté au commando d’Allach il fut libéré le 30 avril 1945 puis rapatrié le 29 mai 1945.

De retour à Perpignan puis à Céret, il milita au PCF. Il ne put reprendre son emploi à la coopérative « La Bouchonnière » qui connaissait des difficultés. En 1945, il était, en qualité de permanent, secrétaire fédéral de l’Union des jeunesses républicaines françaises (UJRF) des Pyrénées-Orientales dont il assurait la direction aux côtés d’Adrien Vidal et de Vila. Il était également responsable de mouvements locaux de jeunes résistants. À la fin des années 1940, l’UJRF connaissait des difficultés financières. Il dut donc s’embaucher dans un cabinet d’expert comptable. Il reprit des études afin de poursuivre sa formation. Comptable dans une conserverie puis dans une librairie perpignanaise, il ouvrit son cabinet d’expert comptable à la fin des années 1950.

Ses activités militantes furent limitées par son travail professionnel. Il milita à Perpignan dans la cellule dont André Tourné* fut le secrétaire. Il fut trésorier départemental du Secours populaire dont le secrétariat était assuré par Joseph Pomarède.

Le 4 septembre 1948, il épousa Rose Forner, fille de Louis Forner, cheminot communiste et syndicaliste (voir DBMOF, 28, 1986, p. 132). Leur fils, Michel, né en 1950, devint médecin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76752, notice HERNANDEZ Ildefonse par André Balent, version mise en ligne le 23 mars 2010, dernière modification le 7 août 2014.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Lot-et-Garonne, 940 W 104, registre d’écrou d’Eysses, dossier individuel. — Ramon Gual, Jean Larrieu, « Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane », II b « De la résistance à la Libération », Terra Nostra, n° 93-94-95-96, Prades, 1998, p. 1055. — Georges Sentis, Les communistes et la résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lille, Marxisme / Régions, 1994, p. 149. — Livre mémorial des déportés de France, site Internet de la Fondation pour la mémoire de la déportation consulté le 23 mars 2009. — Notes de Corinne Jaladieu, professeur d’histoire, Béziers, 2008. — Notes d’Ildefonse Hernandez (avril 2010) communiquées par Georges Sentis.

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