BODIN Émile [BODIN Marie, Émile]

Par Claude Pennetier, Justinien Raymond

Né le 3 mai 1853 à Vierzon (Cher) ; ouvrier en céramique ; militant socialiste ; maire de Vierzon-Village.

Émile Bodin était le fils d’un ouvrier porcelainier et, dès son jeune âge, après de courtes études primaires, il embrassa le métier paternel qu’il exerça jusqu’en 1895, date à laquelle il fut congédié pour activité socialiste.

En 1881, il fut de ceux qui accueillirent Édouard Vaillant retour d’exil et, en 1885, il appartint au comité qui patronna sa liste de candidats socialistes aux élections législatives. En 1886, il participa à l’agitation qui accompagna les grèves de la métallurgie de Vierzon.

Au congrès socialiste de Paris, salle Japy (1899), il représenta la 2e circonscription de Bourges et les deux groupes socialistes de Vierzon-Ville et de Vierzon-Village affiliés au PSR. Six groupes socialistes du Cher le déléguèrent au congrès de la salle Wagram à Paris (1900).

Lié au mouvement socialiste par le CRC, devenu PSR, puis avec ce dernier au Parti socialiste de France, Bodin appartint à la SFIO à partir de l’unité, scellée avec retard en 1906 dans le Cher. Cependant, il avait participé au congrès national de fusion à Paris, salle du Globe, en 1905.

À Vierzon-Village et dans le canton de Vierzon, Émile Bodin conquit de solides positions électorales. En 1888, avec une petite minorité, il entra au conseil municipal. Trois ans plus tard, il était élu adjoint. En 1896, la liste socialiste qu’il patronnait fut élue en totalité et Bodin fut nommé maire de Vierzon-Village. Toujours réélu, il demeura à ce poste jusqu’en mai 1925. En 1904, dans le désarroi où les luttes intestines jetèrent le Parti socialiste dans le Cher, la municipalité socialiste de Vierzon-Village fut une des deux seules à se maintenir en place.

Bodin avait été élu conseiller d’arr. du canton de Vierzon en 1898. En 1901, il fut élu au conseil général, siège qu’il perdit en 1907 à cause des divisions socialistes, un transfuge du socialisme, Péraudin, s’en emparant avec le concours des voix de droite.
Dès avant la Première Guerre mondiale, Bodin était devenu un symbole de la tradition socialiste dans le Cher : en 1909, la Fédération socialiste le présenta comme candidat de principe à une élection sénatoriale partielle provoquée par le décès de Girault : il recueillit 70 voix.

Pendant la guerre, Bodin soutint la politique d’Union sacrée. La section socialiste de Vierzon était anémique. Lorsqu’elle reprit vie en 1917, Bodin fut mis en minorité par les pacifistes puis par les partisans du comité de la IIIe Internationale. En 1920, il apporta son appui à la tendance « Vie Socialiste » de Renaudel et signa la protestation contre le télégramme Cachin-Frossard. Refusant les conclusions du congrès de Tours (décembre 1920), le maire de Vierzon-Village participa à la reconstitution de la Fédération SFIO du Cher. Aux élections municipales de mai 1925, il refusa la tête de liste au profit du socialiste Béguineau. Treize socialistes furent élus mais non Bodin. Il se retira alors de la vie politique. Il fut décoré de la Légion d’honneur en 1932.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76767, notice BODIN Émile [BODIN Marie, Émile] par Claude Pennetier, Justinien Raymond, version mise en ligne le 25 mars 2010, dernière modification le 28 décembre 2019.

Par Claude Pennetier, Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Mun. Vierzon. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, pp. 211-214. — Compte rendu sténographique du congrès d’unité de Paris, 1905. — L’Humanité, 4 juin 1912. — Le Réveil socialiste du Cher, 1901. — L’Émancipateur, 1906-1925. — A.-M. et Claude Pennetier, Mémoire de Maîtrise, op. cit.

ICONOGRAPHIE : Photographie in l’Humanité, 5 juin 1912.

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