JANS Parfait, Joseph

Par Paul Boulland

Né le 7 juillet 1926 à Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine), mort le 24 août 2011 à Auxon (Aube) ; ajusteur-monteur, chauffeur de taxi ; syndicaliste CGT et militant communiste de banlieue ouest, membre du secrétariat de la fédération PCF de Seine-Ouest [Hauts-de-Seine] (1962-1964) ; maire de Levallois (1965-1983), conseiller général des Hauts-de-Seine (1977-1982), député (1967-1968, 1973-1986).

Parfait Jans
Parfait Jans

La famille de Parfait Jans était originaire du village de Lillianes (Italie), dans une zone francophone du Val d’Aoste. Son père travailla comme chauffeur de taxi et sa mère comme femme de ménage. Il les décrivait tous deux comme sympathisants communistes en 1959. Après avoir obtenu son certificat d’études primaires, Parfait Jans partit en juillet 1939 chez une tante dans le Val d’Aoste où il séjourna durant toute la durée de la guerre. Ses parents l’y rejoignirent dès la réouverture de la frontière franco-italienne. En Italie, il exerça divers métiers (berger, bûcheron) puis, après avoir obtenu l’équivalent italien du CEP, démarra un apprentissage d’ajusteur à l’usine Olivetti d’Ivrea. Il eut quelques contacts avec la Résistance italienne dans son usine et dans la vallée où il résidait. Il fit ainsi quelques transports d’armes et de munitions et participa au sabotage d’un aqueduc.

De retour en France, Parfait Jans adhéra à la CGT en 1945 et fut délégué dans son entreprise jusqu’à son départ pour le service militaire. Appelé en novembre 1946, il servit durant quinze mois dans l’infanterie et obtint le grade de caporal. À son retour, il fut ouvrier et délégué CGT chez de Callon à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine) en 1948-1949 puis dans l’usine de machines-outils Cuttat en 1950. En 1950-1951, il fut secrétaire du syndicat CGT des Métaux de Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine). Il adhéra au Parti communiste en novembre 1951 à Levallois.

Parfait Jans devint par la suite artisan taxi, comme son père avant lui. Il fut secrétaire d’une cellule de chauffeurs de taxi et collecteur pour le syndicat CGT des cochers et chauffeurs. Militant communiste de Levallois, il intégra le comité puis le bureau de la section communiste, dont il prit la direction en 1958. L’année suivante, il suivit les cours d’une école centrale de deux mois du PCF et intégra le comité de la fédération communiste de Seine-Ouest. Le secrétariat fédéral indiquait alors qu’il voyait en lui un militant « très capable », ayant contribué à « améliorer sérieusement l’activité du Parti à Levallois. » Ce jugement fut confirmé deux ans plus tard. Jugé comme « l’un des meilleurs secrétaires de section » et fort du « progrès constant » du parti à Levallois, il intégra le bureau fédéral en mai 1961 et devint permanent au cours de l’été. Il collabora alors aux travaux du secrétariat fédéral, qu’il intégra lors de la conférence suivante, en 1962, comme responsable aux cadres et du travail municipal. Il fut ramené au bureau fédéral en 1964 mais continua d’assurer la responsabilité des cadres. Réélu au comité fédéral en 1965, il le quitta à sa demande en 1966, pour se consacrer à la présidence départementale de France-URSS et surtout à la gestion de la ville de Levallois.

Déjà candidat aux élections municipales en 1953 et 1959, Parfait Jans avait été élu maire de Levallois le 27 mars 1965, et fut réélu en 1971 et 1977. Au cours de ses trois mandats, la ville mena d’importantes opérations de rénovation urbaine, avec la construction de nombreux logements et de nouveaux équipements sportifs, culturels et scolaires. Toutefois, cette politique se développa dans un contexte de désindustrialisation de la commune qui fragilisa progressivement les positions du PCF. En 1967, Parfait Jans fut également élu député de la 4e circonscription des Hauts-de-Seine. Battu en 1968, il retrouva son siège en 1973 et fut réélu en 1978 et 1981. Il siégea enfin au conseil général des Hauts-de-Seine, entre 1977 et 1982. Après la perte de son siège au conseil général en 1982, la municipalité de Levallois fut reconquise l’année suivante par la droite dirigée par Patrick Balkany.

Retiré de la vie politique (mais conseiller municipal de sa commune d’accueil, Chessy-les-Prés, dans l’Aube), Parfait Jans renoua avec sa région d’origine. Déjà auteur en 1981 d’une pièce de théâtre, il consacra au Val-d’Aoste des ouvrages abordant différents genres littéraires (roman policier, historique ou de science fiction, théâtre, essais), publiés et diffusés par ses soins.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76784, notice JANS Parfait, Joseph par Paul Boulland, version mise en ligne le 26 mars 2010, dernière modification le 21 octobre 2020.

Par Paul Boulland

Parfait Jans
Parfait Jans

ŒUVRE : L’insurrection des Socques (1853), 1981 — La montagne pour seul témoin, 1989 — Les mystères de la Chamoisière, 1989. — Les amoureux du trou du diable, 1989 — De Profondis à Saint-Vincent, 1990 — La famille Carcagne, 1991 — De Pavie à Coursil, 1992 — Le château du bois brûlé, 1993 — Le seing du Tabellion, 1994 — Délivrance, du rêve à la réalité, 1995 — La Paloma de Pont-Saint-Martin, 1995 — Catherine de Challant, 1996 — Les Salasses. Râahm et Ariothe, 1997 — Meurtre au forum romain, 1999 — Le génocide du peuple salasse. Jugement vadôtain, 2000 — Les frères Bioulaz, 2000 — Pirouette la marmotte, 2001 — La combe crépusculaire, 2002 — Le mystère du lavoir, 2003 — René, Nino et les autres, 2004 — Roma doma ?, 2005 — Sorcières, sorciers du Val d’Aoste, 2006 — Lo clientelismo, 2007 — Les quatres outrages subis par le peuple vadôtain, 2007 — Meurtres en Champagne, 2008. Ouvrages tous publiés à compte d’auteur.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements communiqués par la mairie de Levallois. — État civil de Levallois.

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