GUILLAUMOT André

Par Justinien Raymond

Né le 3 septembre 1913 à Saint-Quentin (Aisne), exécuté sommairement le 1er août 1944 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) ; ingénieur agricole ; militant socialiste de l’Aisne ; résistant dans le Sud-Ouest réseau Gallia des Forces françaises combattantes FFC.

André Guillaumot (1913-1944)
Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla. Retouche cliché : André Balent

André Guillaumot était le fils d’Auguste Guillaumot, tué pendant l’attaque de Champagne, le 13 octobre 1915. Auguste Guillaumot était sergent au 87e Régiment d’infanterie lors de la naissance de son fils.
André, pupille de la Nation, fut admis en 1927 à l’École d’agriculture de Contamine-sur-Arve (Haute-Savoie). Ensuite, il entra à l’École coloniale d’agriculture de Tunis d’où, après deux ans d’études, il sortit ingénieur agricole. Après avoir accompli son service militaire au 66e Régiment d’artillerie à Oran, en 1936, il entra au ministère de l’Agriculture comme contrôleur de l’Office national interprofessionnel du blé.
Mobilisé le 27 août 1939 au 9e train-auto à Amiens, il fut rendu à la vie civile après la défaite de juin 1940 et il reprit son service comme contrôleur principal dans le Sud-Ouest, avec attache à Saint-Girons (Ariège).

Inscrit très jeune à la section socialiste SFIO de Tergnier (Aisne), Guillaumot a toujours été militant et il a notamment apporté un concours précieux aux candidats socialistes dans l’Aisne aux élections législatives de 1936.
L’Occupation venue, il s’enrôla dans la Résistance à Paris d’abord puis dans le Sud-Ouest. Le 29 mai 1944, il se rendit à Boussens (Haute-Garonne), en voiture, pour emmener un des chefs de la Résistance, le responsable régional du service de renseignement du MLN, Yves Ouvrieu dit « Orsini », qui avait été condamné à mort par les autorités occupantes de Limoges et qui venait en mission dans la région de Saint-Girons. Pris en filature par Berkane, agent français de la Sipo-Sd de saint-Girons et Vidali, collaborationniste (PPF), faux-maquisards, le convoi fut mitraillé, Yves Ouvrieu tué ainsi que la résistante qui l’accompagnait, Yvette Garrabé. André Guillaumot, blessé, fut arrêté, mis en cellule à Saint-Girons, où il fut torturé mais garda le secret et réussit à donner des instructions à sa femme pour qu’elle fasse disparaître de leur domicile des documents compromettants. Emprisonné ensuite à Foix puis à Toulouse (Saint-Michel), André Guillaumot fut embarqué dans ce qu’on appela le « Train fantôme » en raison de ses errances pour trouver la voie de l’Allemagne. Enfermé à la synagogue de Bordeaux avec ses camarades, il est inscrit sur la liste de ceux qui sont embarqués au Fort du Hâ puis au camp de Souge où il fut exécuté avec 47 autres détenus après deux mois de détention. Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Girons (Ariège) et sur le mémorial de Martignas-sur-Jalle (Gironde).

André Guillaumot fut reconnu « mort pour la France » (AC 21 P 198142) ; il fut homologué FFC et IR, Interné résistant (N°1207.05361) (GR 16 P 278236). La médaille de la Résistance lui fut attribuée à titre posthume (décret du 25 fév. 1958 ; JO du 18 mars).
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Quessy (comm. de Tergnier, Aisne).
Sa veuve vivait à Saint-Girons (Ariège).

Voir Camp de Souge (1940-1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76785, notice GUILLAUMOT André par Justinien Raymond, version mise en ligne le 26 mars 2010, dernière modification le 9 septembre 2020.

Par Justinien Raymond

André Guillaumot
André Guillaumot
Cliché Comité du souvenir des fusillés de Souge
André Guillaumot (1913-1944)
Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla. Retouche cliché : André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Ariège (notes A et CL. Pennetier). — Arch. Dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla, consulté par André Balent. — L’Ariège socialiste, 1re année, no 6, jeudi 19 octobre 1944 (avec photographie du militant). SHD, dossiers adm. des résistants Liste des médaillés de la Résistance à titre posthume (ap. 1948). — Francis Aguila, Passeurs d’hommes et femmes de l’ombre. Ariège-Cerdagne 1942-1944, Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2011, 219 p. [p. 155]. — Les 256 de Souge Fusillés de 1940 à 1944, Le Bord de l’eau éditions, 2014. — Sites Internet : MemorialGenWeb, consulté le 1er mars 2018 (André Balent) ; Généalogie Aisne, consulté par Fr. Stévenot le 15 mai 2018. — État civil. — Notes d’André Balent. — Notes Frédéric Stévenot et de Claude Pennetier.

ICONOGRAPHIE. Memorial GenWeb

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