HUGUES Pierre, Philémon

Par Jacques Girault

Né le 19 août 1894 à Draguignan (Var), mort le 2 septembre 1969 aux Granges-Gontardes (Drôme) ; commis des postes ; candidat socialiste SFIO aux élections législatives de 1932 à Toulon (Var).

Son père, facteur receveur à Claviers puis à Villecroze, avait deux enfants. Pierre Hugues reçut les premiers sacrements catholiques. Il obtint le Certificat d’études, puis commença un apprentissage de cuisinier. En août 1912, il s’engagea pour quatre ans dans les Hussards à Marseille, connut le front et fut blessé à Juvigny, le 29 septembre 1917. Pensionné à 60 %, à sa démobilisation, il entra dans les PTT comme auxiliaire à Saint-Raphaël (Var) et y resta du 1er août 1919 au 15 octobre 1921, date à laquelle il devint commis à Fécamp (Seine-Maritime). Quatre jours plus tard, il fut nommé à la poste de Toulon et devint commis principal à la fin des années 1920.

Pierre Hugues, en 1924, fut secrétaire adjoint du Comité de défense syndicale pour le respect de la loi de 1884 formé à Toulon pour réagir contre le directeur de la compagnie des tramways qui prétendait interdire le syndicat dans son entreprise. Il participait aussi à toutes les actions du Cartel des Fonctionnaires. En 1928, Hugues fit partie du comité central électoral de la candidature SFIO ; il y représentait la haute ville.

Membre du cercle rouge du Pont Marchand, sans être candidat, Hugues fut un des acteurs de la campagne électorale qui devait voir la perte de la mairie par la SFIO en 1929. Le 9 janvier 1931, il devint membre du conseil d’administration de la section SFIO et occupa la responsabilité d’archiviste. Le 17 janvier 1932, Hugues fut délégué au congrès fédéral de la SFIO à La Seyne. La question d’une candidature SFIO dans la première circonscription de Toulon (Toulon centre) se posait. Victor Brémond* était député sortant. Alors que la Fédération varoise ne souhaitait pas une telle candidature, la majorité de la section toulonnaise estimait que le terrain ne devait pas être déserté. Tout à tour, les principaux militants refusèrent d’être candidats. La direction nationale répondit négativement. Le 24 mars, Hugues accepta « par discipline ». Jacques Toesca* décrit plus tard la campagne de ce « dévoué » socialiste, « rescapé de Verdun » orientée « sur le terrain de la paix et du désarmement ». Il était donc « le candidat socialiste de la paix internationale » (Un militant de province, p. 155). Le 1er mai 1932, il recueillit 1 169 voix sur 20 450 inscrits (en 1928, le candidat socialiste avait atteint 1 915 voix). Il se désista pour Victor Brémond.

Après avoir été délégué en congrès fédéral SFIO, le 24 juin 1933, au moment de la scission dans le parti socialiste, Hugues, qui suivait la tendance de « la Bataille socialiste », resta à la SFIO et participa à la reconstruction du parti où il fut élu à la commission de propagande amorcée au congrès fédéral du 4 décembre. Il suivit Théo Bretin dans la tournée de réunions dans le Haut Var et tout particulièrement dans le canton de Callas où était élu le sénateur Fourment qui avait quitté la SFIO.

Membre du bureau de la sous-section SFIO du 2e canton de Toulon, Hugues accepta d’être candidat au conseil général dans le canton de Callas en octobre 1934, mais, muté dans la Drôme, il ne le fut finalement pas.

Syndicaliste, Pierre Hugues fut membre, le 8 février 1934, du bureau de la réunion des responsables de tous les syndicats à la Bourse du Travail. Il représenta la CGT au comité de grève mis en place. Il semble qu’il ait accepté l’action commune avec la CGTU. Critiqué dans la CGT, il se replia sur des positions plus rigides et, dans un communiqué paru dans le Petit Var du 13 avril 1934, le syndicat CGTU des PTT parle de son « dégonflage monumental ». Néanmoins, Hugues fut très souvent parmi les dirigeants des actions de fonctionnaires à Toulon en 1934.

Hugues devint receveur de cinquième classe à Donzère (Drôme) le 26 août 1934, puis contrôleur à Metz (Moselle), le 26 février 1938, enfin à Avignon (Vaucluse), le 1er avril 1941. Il avait en effet dû quitter la Lorraine en raison de l’occupation allemande. Pendant la guerre, son activité politique fut réduite. Nommé contrôleur principal à Metz, le 13 avril 1945, il fut candidat sur la « liste socialiste » aux élections municipales, le 19 octobre 1947.

Nommé à Toulon chef de section principal le 1er juin 1949, il y prit sa retraite le 19 août 1960 avec le grade de receveur hors classe (2e échelon). Socialiste SFIO, syndiqué à la CGT-FO, il fut candidat aux élections municipales, le 26 avril 1953 sur la liste républicaine et socialiste », puis le 22 mai 1955 sur la liste « d’action municipale républicaine et socialiste ». En mars 1950, président du comité socialiste de Toulon et du Var, il annonça la création d’une amicale socialiste des PTT à Toulon.

Hugues avait été candidat aux élections municipales des Granges-Gontardes où il possédait une maison. Il y mourut et fut enterré civilement.

Pierre Hugues était marié et père d’un fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76812, notice HUGUES Pierre, Philémon par Jacques Girault, version mise en ligne le 29 mars 2010, dernière modification le 29 mars 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F7/13021, 13085. — Arch. Dép. Var, 2 M 7.33.1 ; 4 M 46 ; 4 M 49.4.3 ; 4 M 59.3 ; 3 Z.2.6. ; 3 Z.2.10 ; 3 Z.4.21. — Presse locale. — Renseignements fournis par la veuve de l’intéressé.

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