ANDRIEUX Alexandre

Par Jean-Pierre Besse

Ouvrier mécanicien de Montataire (Oise) ; militant socialiste guesdiste.

Ouvrier mécanicien d’origine méridionale, Alexandre Andrieux apparaît dans le département de l’Oise vers 1897. Avant, il aurait travaillé à la Maison du Peuple de Paris. Il fonda, en 1898, la Fédération des travailleurs socialistes de la 2e circonscription de Senlis et participa à la création de la Fédération autonome puis rejoignit l’Union socialiste révolutionnaire (USR). Il fut l’un des signataires de la Charte d’Ivry qui, en novembre 1901, scella l’union des vaillantistes et des guesdistes. Ce travailleur manuel aux formes athlétiques avait du goût pour la lecture et des curiosités intellectuelles. Le Travailleur de l’Oise dresse ainsi son portrait en 1902 : « Méridional, aux yeux bleus, son masque large aux pommettes saillantes, ses traits creusés comme par le ciseau d’un sculpteur le ferait plutôt prendre pour un homme du Nord. Dans la vie ordinaire c’est un doux, presque un timide en dépit de ses formes athlétiques. Pourvu d’une instruction rudimentaire, il a su devenir grâce à des études passionnées un écrivain apprécié et un orateur disert. ». En réunion publique ou dans la presse socialiste locale, il savait s’adresser à des auditeurs et à des lecteurs simples.
Andrieux dénonçait inlassablement la participation ministérielle des socialistes au gouvernement bourgeois. Il manifesta à diverses occasions des sentiments antisémites. Ainsi son interprétation de l’affaire Dreyfus était des plus manichéennes et des plus simples : « côté Dreyfus, la bande des juifs ; côté Estherazy, les cléricaux ». Il déclara encore : « Tous les patrons à n’importe quelle religion qu’ils appartiennent ne sont et ne peuvent être que des juifs pour les salariés. ». En 1902, il affronta un candidat radical socialiste d’origine juive et dénonça sans compter « l’avocat juif », le « traître juif », voire « le juif radical encore plus dégoûtant que le réactionnaire ».
Aux élections législatives en 1898, dans la circonscription de Senlis II (Creil, Montataire, Nogent), sur 9 811 votants il recueillit 2 711 voix dont 508 et 495 dans les centres de Creil et de Montataire. En 1902, dans la même circonscription, il obtint 1 843 suffrages sur 11 343 votants. À cette occasion, il souligna, dans Le Travailleur de l’Oise, l’intérêt du suffrage universel pour une classe ouvrière consciente. « Si le monde du travail le veut, écrivit-il, les parasites, seuls intéressés à défendre un monde de honteuse exploitation, de misères imméritées, ne pèseront pas lourd » (30 mars 1902).
Au titre d’ancien candidat, Alexandre Andrieux avait été délégué au congrès de la salle Japy (1899) où il représentait en outre des groupes socialistes de Creil et de Nogent-les-Vierges (Oise). Ces deux derniers le déléguèrent encore au congrès de la salle Wagram (1900) où il portait en outre le mandat du groupe de Montataire et celui du syndicat parisien des ouvriers en sacs de papier.
On le confond parfois avec Calixte, Alexandre Andrieux, militant du sud-ouest et de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76965, notice ANDRIEUX Alexandre par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 22 septembre 2020.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, p. 475 et enquête dans l’Oise. — Comptes rendus des congrès de Japy et de Wagram. — Le Travailleur de l’Oise. — Jean-Pierre Besse, Le mouvement ouvrier dans l’Oise 1890-1914, doctorat de 3e cycle, Paris I, 1981, CDDP de l’Oise, 1982, p. 49.

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