ARGAUD Pierre

Par Yves Lequin

Né le 16 mars 1866 à Saint-Étienne (Loire) ; ouvrier ébéniste moulurier ; militant socialiste de la Loire.

Alors qu’il militait au Parti ouvrier stéphanois dominé par les influences possibilistes et Jules Ledin lorsque, en 1894, Pierre Argaud fit scission pour créer, avec Pierre Soulageon, le groupe marxiste de la « Lutte des classes » que ses tendances révolutionnaires faisaient surnommer familièrement « La Marmite ». Il participa à la propagande destinée à propager les positions guesdistes dans la classe ouvrière locale, et, au début de 1895, était l’un des principaux leaders d’une « Agglomération stéphanoise » issue du groupe initial et opposée à l’Union socialiste possibiliste ; mais, en mai, il s’en sépara sur des positions de gauche et créa, avec Benjamin Ledin, « L’Avenir », où priorité devait être donnée à la formation idéologique, bientôt doublé d’une Union de la jeunesse socialiste de Saint-Étienne ; le succès fut, semble-t-il, médiocre, et d’ailleurs Argaud, qui était le correspondant du Peuple à Saint-Étienne, alla en janvier 1896 travailler à la rédaction, à Lyon (Rhône).
Mais son absence fut de courte durée ; quelques mois plus tard, il participa à la concentration des forces socialistes pour les élections municipales. Après l’échec, il fut de ceux qui tentèrent, vainement, sous la direction de Pierre Soulageon et Gilbert Cotte, de rassembler les guesdistes de Saint-Étienne au printemps 1897 ; sans abandonner ses positions, il fut inscrit en 1900 sur la liste socialiste pour les municipales, fut élu et choisi comme adjoint par Jules Ledin devenu maire de Saint-Étienne ; mais, en août 1901, il alla porter la contradiction à René Viviani, venu dans la Loire sur l’invitation de la municipalité stéphanoise : il fut révoqué de ses fonctions. En février, il avait réussi à créer un groupe guesdiste affilié au Parti ouvrier français (POF) ; même si le succès fut médiocre — la classe ouvrière locale gardant sa vieille méfiance à l’égard de la « secte » — la formation eut une cohésion et une longévité inconnues jusque-là chez les marxistes stéphanois et fut, en 1905, le noyau du Parti socialiste SFIO. Argaud le représenta aux congrès nationaux du POF et du Parti socialiste de France en 1902, et fut le représentant de la Loire au Conseil central de ce dernier ; la même année, il se présenta contre Aristide Briand aux élections législatives, mais ne recueillit que 497 voix. Par la suite, il participa très activement aux grandes luttes ouvrières du bassin, et, aux côtés des leaders syndicaux, anima notamment le combat des mineurs de la compagnie des Houillères de Saint-Étienne, en mai 1905, et la grève générale d’avril 1906.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article77015, notice ARGAUD Pierre par Yves Lequin, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 20 février 2009.

Par Yves Lequin

SOURCES et BIBLIOGRAPHIE : Arch. Nat., F7/12499 et 12889. — Arch. Dép. Loire, 10 M 103, 107, 111, 115, 92 M 139 et 148. — Comptes rendus des congrès socialistes. — Claude Willard, Les Guesdistes, op. cit., p. 506-507 et 604.

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