ARGYRIADÈS Paul (Panayottis)

Par Justinien Raymond

Né le 14 août 1849 à Kastoria (Péninsule hellénique, Macédoine), mort le 19 novembre 1901 à Paris ; avocat ; publiciste et militant socialiste.

Né dans une petite cité de Macédoine, sur la rive occidentale du lac appelé aussi Kastoria, dans la haute vallée de la Vistritza, Paul Argyriadès était le fils d’un fermier du roi de Grèce.
Il vint à Paris au lendemain de la Commune et fit des études de droit, commencées assez tardivement. Il appartint alors au groupe des étudiants collectivistes qui adhérait à l’Agglomération parisienne du Parti ouvrier français (POF). Il fut un des deux responsables (l’autre était Braut) de la bibliothèque socialiste créée par l’Agglomération parisienne en novembre 1883 et qui vendait des brochures de vulgarisation et organisait des cours d’économie politique dont les premiers furent ceux de Paul Lafargue et de Gabriel Deville. En mars 1884, cette bibliothèque s’installa 183, rue Saint-Denis. Mais Argyriadès ne tarda pas à se rallier au Comité révolutionnaire central né en 1881. Il lui resta toujours fidèle ainsi qu’au Parti socialiste révolutionnaire qui en prit la suite en 1898.
Il épousa Louise, la fille d’une gantière du boulevard Saint-Michel. Il semble avoir vécu dans une certaine aisance car, reçu avocat, il ne plaida guère si ce n’est au service des militants et journaux socialistes dont il fut un défenseur assidu. Il soutint une cause qui fit quelque bruit, celle de la femme Souhain de Limoges (1889-1890).

Conférencier plutôt qu’orateur, journaliste cultivé, il s’adonna surtout à la propagande par brochures et essais, collabora à la presse socialiste, assuma la charge de plusieurs publications. À trois reprises, Argyriadès, naturalisé depuis longtemps, fut candidat aux élections municipales à Paris et à Marseille (Bouches-du-Rhône), en une époque et dans des quartiers peu favorables aux succès socialistes. En 1884, il porta le drapeau guesdiste dans le quartier du Val-de-Grâce (Ve arr.) et rallia 220 voix sur 5 544 inscrits et 3 949 votants. En 1887, à Marseille, où il était alors avocat, il fut battu sur la liste Union socialiste révolutionnaire (USR) de Bernard Cadenat. En 1893, candidat du Parti socialiste révolutionnaire (PSR) dans le XVIIIe arr. de Paris (quartier des Grandes-Carrières), il vint bon dernier des cinq candidats socialistes avec 273 suffrages sur 10 619 inscrits et 7 215 votants. Plus heureux dans le XVIe arr. (quartier d’Auteuil), il se classa en tête des trois candidats socialistes avec 559 voix sur 3 913 inscrits et 2 960 votants. En 1889, il fit une campagne de principe aux élections législatives dans l’arr. de Gaillac (Tarn) où il recueillit 105 voix. Il fut délégué de la Seine aux congrès de Japy (1899), de Wagram (1900) et au congrès de Lyon (1901) où il portait aussi un mandat du Tarn.
Argyriadès apporta une contribution personnelle sérieuse à l’œuvre d’élaboration idéologique pendant la phase de reconstruction du mouvement socialiste auquel il appartint, de son arrivée en France, au lendemain de la Commune, à sa mort, à la veille de l’unité. Sur sa tombe en témoignèrent, entre autres, Pascal Fabérot, Paule Mink, Louis Dubreuilh et Édouard Vaillant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article77019, notice ARGYRIADÈS Paul (Panayottis) par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 31 juillet 2020.

Par Justinien Raymond

ŒUVRE : Journaux auxquels Argyriadès collabora : Le Cri du Peuple. — Le Parti socialiste, hebdomadaire du CRC qui parut en juin 1890. — Le Petit Sou.
Revues : La Revue socialiste. — La Revue de la Question sociale, revue mensuelle dont Argyriadès était le fondateur. Il en livra trois séries : 1re (année 1885) ; 2e (années 1891-1892-1893) 3e (années 1894-1895, 1896, 1897, 1898) in-8° (Bibl. Nat. : 8° R 8 622). — Almanach de la Question sociale, revue mensuelle du socialisme international que fonda Argyriadès et à laquelle il consacrait ses ressources, Paris 1891-1900 — 10 vol. in-8° (Bibl. Nat. 8° R 10 163).
Ouvrages : Le Poète socialiste Eugène Pottier, ancien membre de la Commune, Paris, 1888. In-8° (Bibl. Nat. Ln 27/38 269). — Essai sur le socialisme scientifique (critique économique de la production capitaliste). Cette étude éditée à Paris en 1891 et dont nous n’avons retrouvé aucune trace, parut d’abord, en partie dans La Revue socialiste (n° de décembre 1889 et janvier 1890) puis dans l’Almanach de la Question sociale (1891). — Concentration capitaliste, trusts et accaparements, Paris 1896, in-8° (Bibl. Nat. 8° R 6 286). — Solution de la Question d’Orient (en collaboration avec P. Lagarde, Paris, 1896 — in-8° (Bibl. Nat. 4° J 266). Il s’agit du compte rendu d’une conférence tenue au Grand-Orient de France sur la Confédération balkanique, et relative à la Macédoine, tirée de l’Almanach de la Question sociale, 1896. — La Peine de mort (nous n’avons pas retrouvé cet ouvrage signalé par Charles Vérecque in Dictionnaire du Socialisme).

SOURCES : Listes électorales Marseille. — Paul Louis, Le Parti socialiste en France, Paris 1912, p. 35. — Hubert-Rouger, La France socialiste, p. 141-142. — Les Fédérations socialistes III, p. 10, 162, 170, 173). — Charles Vérecque, Dictionnaire du Socialisme, p. 14, 21, 22, 297, 429, 458. — Louis Lévy, Vieilles Histoires socialistes, in-8°, Paris, 1933, préface de Bracke (A. M. Derrousseaux), 150 p. (p. 34). — Claude Renault, Le Mouvement socialiste parisien 1881-1885, DES Paris, s.d., exemplaire dactyl., p. 45-46. — Le Cri du Peuple, le n° du 16 novembre 1883 publie les projets des fondateurs de la Bibliothèque. — Michel Offerlé, Les socialistes et Paris, 1881-1900. Des communards aux conseillers municipaux, thèse de doctorat d’État en science politique, Paris 1, 1979.

ICONOGRAPHIE : La France socialiste, op. cit., p. 142. — Le Parti socialiste, 3 décembre 1893.

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