BACH Louis, Jean, Justin

Par Madeleine Rebérioux

Né en 1838 à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 24 septembre 1903 à Toulouse ; docteur en médecine à Toulouse ; militant socialiste ; guesdiste.

Louis Bach
Louis Bach

Enfant de Toulouse, Louis Bach fit ses études à Paris et s’y lia d’amitié personnelle avec Jules Guesde : cette amitié dura toute sa vie. Il fut d’abord, à cette époque, comme il le dira lui-même, « un républicain ardent et sincère » (Le Peuple socialiste du Midi, 20 avril 1902.) Médecin-major pendant la Commune, il soigna des Communards blessés et le racontait plus tard avec émotion.
On ignore la date exacte de son retour et de son installation dans sa ville natale, mais elle ne saurait être postérieure à 1892 : pour la première fois, il est fait, cette année-là, mention de son nom dans l’Annuaire de la Haute-Garonne. C’était l’époque où, dans la ville rose comme ailleurs, s’organisait et s’éveillait le mouvement ouvrier. Bach devint très vite, surtout dans le canton Nord où il s’installa en 1894 et où il donnait aux indigents des consultations gratuites, une manière de Raspail guesdiste.
Il en vint bientôt à la vie militante. Élu en novembre 1896, avec plus de 13 600 voix, conseiller municipal sur la liste de « protestation » qui comprenait, aux côtés d’une forte majorité de radicaux, sept socialistes, il devint, dès 1897, secrétaire de l’agglomération toulousaine du Parti ouvrier français (POF), puis de la Fédération du Sud-Ouest, enfin de celle de la Haute-Garonne fondée en 1899. Cette année-là, il était en même temps membre non-résident du conseil national du POF.
Pendant les six dernières années de sa vie, il participa intensément à la vie nationale et locale du guesdisme. Délégué aux congrès nationaux du POF de 1899, 1900, 1902, aux congrès de Japy (1899), de Wagram (1900), au congrès de fondation du Parti socialiste de France, il incarna le guesdisme florissant de Toulouse. Au plan local il fut candidat, en 1900, sur une liste de cencentration socialiste, au conseil municipal et, sans le concours de suffrages radicaux, il obtint plus de 7 200 voix. Au printemps 1902, il accepta le risque d’être candidat du POF contre le député sortant Gustave Calvinhac, très populaire à Toulouse, et il sut d’ailleurs, avec habileté et sincérité, rendre hommage à sa personne : il n’obtint que 923 voix !
Après sa mort, tous les ans, une délégation socialiste se rendra sur sa tombe.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article77177, notice BACH Louis, Jean, Justin par Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 11 mars 2019.

Par Madeleine Rebérioux

Louis Bach
Louis Bach

ŒUVRE : Collaboration au Petit Sous, passim. — Le Socialisme, passim.

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Garonne, 2 M 48. — Cl. Willard, Les Guesdistes, Ed. sociales, 1965, p. 604-605. — Biographie dans La Cité, 22 mars 1906. — Le Peuple socialiste du Midi, 20 avril 1902, 19 juillet 1903.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., p. 84.

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