LANGIGNON Michel, Alphonse, Auguste

Par Paul Boulland

Né le 3 avril 1923 à Lassigny (Oise), mort le 26 mars 1992 à Bobigny (Seine-Saint-Denis) ; agent technique du cadastre, journaliste ; résistant ; militant communiste de Seine-et-Oise puis de Seine-Sud (Val-de-Marne), membre du secrétariat de la fédération Seine-et-Oise (1948-1950), dirigeant du Conseil mondial de la paix, secrétaire national du Mouvement de la paix.

Ses parents, Robert Langignon et Léonce, née Caron, étaient cultivateurs à Lassigny. Ils étaient tous deux décrits comme sympathisants communistes après- guerre et Robert Langignon fut conseiller municipal à la Libération, représentant le Front national. Selon Michel Langignon, son père ne s’occupait pas de politique avant 1939 mais conseillait de « voter le plus rouge possible car les élus rosissent toujours après l’élection ». Michel Langignon poursuivit ses études au cours complémentaire de Noyon (Oise) où il obtint le brevet élémentaire et prépara le concours de l’École normale. Il entra finalement au cadastre comme agent technique de terrain à Compiègne (Oise), en 1942.

Au cours de l’été 1940, il prit l’initiative, avec un cantonnier, de récupérer et de cacher des armes abandonnées dans la salle communale de Lassigny lors de l’exode. Avec Limouzin, instituteur communiste, et Jean Encontre, contrôleur du ravitaillement, ils constituèrent des premiers groupes clandestins parmi les jeunes de la région. Michel Langignon, mit à profit ses déplacements et ses contacts professionnels dans la circonscription de Compiègne pour cacher les réfractaires au STO et leur fournir de faux papiers et des cartes d’alimentation. Jean Encontre reçut son adhésion au Front national et au Parti communiste en 1943. Menacé par la Gestapo après l’arrestation de plusieurs réfractaires cachés par son réseau, Michel Langignon se réfugia à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, Yvelines). Il retrouva le contact avec le FN à Paris, à la fin de l’année 1943. Permanent du FN au début de l’année 1944, il fut successivement responsable technique, de l’organisation puis politique de la région 12 sous le pseudonyme de Crépet. En juillet 1944, il fut chargé d’organiser les milices patriotiques pour la rive droite de la Seine et les Comités locaux de libération. Pendant l’insurrection parisienne, il retrouva Jean Encontre, avec qui il participa aux combats, et notamment à l’attaque des locaux du Parti franciste, boulevard des Italiens (IIe arr.). Il représenta ensuite le FN au comité d’épuration de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis). En novembre 1944, il fut nommé permanent du Front national en Seine-et-Oise, secrétaire à l’organisation. Mobilisé le 1er mai 1945 à Orléans (Loiret), il fut démobilisé le 1er août pour raison sanitaire.

À son retour en Seine-et-Oise, Michel Langignon envoya spontanément sa candidature pour une école centrale du PCF, indiquant vouloir devenir journaliste. Ce souhait fut réalisé en décembre 1945, lorsqu’il devint rédacteur en chef de la Renaissance de Seine-et-Oise. En mai-juin 1946, Michel Langignon fit l’objet d’une sanction pour « faute politique » dans des circonstances inconnues. Certains responsables souhaitaient qu’il soit orienté vers la production, mais il fut finalement déplacé vers la rédaction de la Marseillaise de Seine-et-Oise et resta permanent du FN, comme instructeur pour la Seine-et-Oise. Il résidait alors à Vincennes (Seine, Val-de-Marne) où il fut membre du comité de la section communiste en 1948. Au cours de cette année, il suivit, de mars à juillet, les cours de l’école centrale de quatre mois du PCF. Il y apparut comme un cadre « intelligent », bien disposé pour les activités de propagande et d’organisation, « brillant improvisateur, très jovial » et présentant des « qualités d’homme de masse ». En octobre 1948, il fut nommé instructeur de la fédération communiste de Seine-et-Oise, puis élu au secrétariat fédéral, en charge de la propagande, en février 1949. En 1950, il fut ramené au bureau fédéral, se consacrant au suivi politique des deux hebdomadaires de la fédération (La Renaissance et La Marseillaise) dont l’existence était menacée. Il se chargea également de suivre pour la fédération les questions de la paix et participa à l’organisation des premières structures des Partisans de la Paix en Seine-et-Oise. Fin 1950, la direction du PCF fit appel à lui pour participer à ce travail à l’échelle nationale et internationale et le 21 mai 1951, le secrétariat du parti le désigna pour participer au secrétariat administratif du Conseil mondial de la paix, sous la présidence de Frédéric Joliot-Curie.

Au sein du Comité mondial de la Paix, Michel Langignon fut amené à effectuer de nombreux déplacement en Europe jusqu’à son départ de ces fonctions en mai 1953. À son retour, il s’établit et milita à Paris (IVe arr.) puis à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Il continua de militer au Mouvement de la paix, comme membre du conseil national, permanent du secteur organisation. En 1956, la direction de la fédération PCF de Seine-Sud fit appel à lui pour l’aider au travail sur les questions de la paix et de l’union. Il fut alors élu au bureau fédéral. Dans les années suivantes, Michel Langignon devint secrétaire départemental du Mouvement de la paix pour la Seine et membre du bureau national à partir de 1960.

En 1961, Michel Langignon subit de vives critiques au sein de la fédération Seine-Sud dans le contexte de l’affaire Casanova-Servin. Dans une note à la section de montée des cadres, la direction fédérale lui reprochait d’avoir « suivi Casanova dans son orientation politique » et de s’être « efforcé de la faire triompher dans le bureau fédéral ». Dans les jours suivants, lors de la conférence fédérale, Marcel Zaidner évoqua les « conséquences néfastes » de son activité au sein du Mouvement de la paix, « combattue avec vigilance par le camarade Marchais ». Contraint à une intervention autocritique à la tribune, Michel Langignon fut retiré du bureau fédéral et ramené au comité. Les critiques furent sans doute amplifiées par un effet de circonstances. Au travers de Michel Langignon, Georges Marchais, fer de lance de l’accusation contre Laurent Casanova et Marcel Servin et successeur désigné de ce dernier au secrétariat à l’organisation, put démontrer sa détermination à combattre les orientations des accusés sur les questions de la paix et au sein même de sa fédération. De même pour Marcel Zaidner, nouveau secrétaire fédéral. Dans son discours de clôture, Maurice Thorez indiqua son « accord absolu » avec la réélection de Langignon et sa certitude qu’il redeviendrait, un « militant qui a une confiance absolue dans son parti et dans lequel son parti a une confiance absolue ». Au XVIe congrès national du PCF en mai 1961, Denise Millerioux dénonça les « divergences des camarades Casanova et Servin (...] entretenues dans le bureau fédéral par le camarade Langignon où pendant plus d’un an il a tenté de les faire triompher » (compte rendu, p. 140).

En 1962, Michel Langignon fut élu au secrétariat national du Mouvement de la paix et demanda son retrait du comité fédéral.

Michel Langignon fut dès lors, et durant trois décennies, secrétaire national du Mouvement de la paix, jusqu’à son décès. Il fut également appelé à nouveau au secrétariat du Conseil mondial de la Paix, à Helsinki (Finlande), entre 1971 et 1973.

Durant la guerre, Michel Langignon avait rencontré Jacqueline Leroy, qu’il épousa le 18 mai 1946 à Vincennes (Seine, Val-de-Marne). Elle travailla comme dactylo au Front national de Seine-et-Oise en 1946, puis comme auxiliaire des PTT et partagea son engagement.

Après son décès, un hommage fut rendu à Michel Langignon à Montreuil.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7725, notice LANGIGNON Michel, Alphonse, Auguste par Paul Boulland, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 22 novembre 2022.

Par Paul Boulland

ŒUVRE : préface de Les voyageurs de la paix, Messidor, 1984.

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — Arch. de la fédération communiste du Val-de-Marne, Arch. départementale du Val-de-Marne. — L’Humanité, 16 avril 1992. — La paix en mouvement. Combats pour la paix, 389, avril 1992. − Arch. Com. Ivry-sur-Seine.

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