POUX Roger, Élie, Charles

Par Pierre Lapeyre

Né le 13 novembre 1924 à Rabastens (Tarn) ; cheminot chef d’équipe puis conducteur de route ; syndicaliste CGT et communiste de Capdenac (Aveyron).

Fils de cheminots, Roger Poux naquit au passage à niveau où vivaient ses grands-parents maternels. Ses parents, cheminots également, comme d’autres membres de la famille d’ailleurs, travaillaient et vivaient au passage à niveau de la gare de Laguépie (Tarn-et-Garonne). Roger Poux n’avait pas encore quatre ans lorsque son père mourut. Il fut reconnu Pupille de la Nation le 5 juin 1930. Alors qu’il était en deuxième année du cours complémentaire, Roger Poux dut quitter l’enseignement et fut mis en apprentissage de serrurier mécanicien aux ateliers Lauzeral Frères à Gaillac (Tarn). En 1943, il fut embauché à la SNCF à Toulouse (Haute-Garonne) à l’entretien de Raynal.
À la fin de cette année-là, en contact à Gaillac avec la Résistance, il intégra le groupe Carra, avec lequel il participa à des actions début 1944. Parmi celles-ci, la libération de vingt-trois détenus politiques de la prison de Gaillac, qui était en fait la « baraque 21 » du camp d’internement de Saint-Sulpice-la-Pointe. En août 1944, il quitta le service pour rejoindre le groupe Carra avec qui il participa à la libération de Gaillac, puis poursuivit la lutte armée avec la 4 207e Cie FTPF. Incorporé ensuite dans le 158e RI, il était engagé volontaire et combattit sur le front de l’Atlantique dans la poche de La Rochelle et de Royan (Charente-Inférieure).
À sa libération de l’armée, il réintégra la SNCF en octobre 1945, à l’entretien Raynal de Toulouse. Ouvrier professionnel d’abord, il sera nommé chef d’équipe en 1950. Au début de 1944, Roger Poux avait adhéré aux Jeunesses communistes clandestines, puis au Parti communiste lorsqu’il était à l’armée. À la Libération, il fut responsable politique pour les Jeunesses communistes au sein de la 4 207e Cie et à ce titre, dut expliquer et assurer la transformation des JC en Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF). Dès son retour à la SNCF, il adhéra à la CGT, devint responsable de la commission des jeunes et diffuseur de la Vie ouvrière. En 1952 il participa à la grève et fut sanctionné par une mutation à Capdenac (Aveyron). Il fera par la suite tout le reste de sa carrière à Capdenac et, lors de la fermeture de l’entretien, il effectuera le stage de conduite à quarante-cinq ans, avec notamment René Baulès, et terminera au grade de conducteur de route.
Toujours militant politique, il choisit de se consacrer plus particulièrement à l’activité syndicale. En 1953 il fut élu délégué du personnel de la catégorie 34 et le restera jusqu’en 1969. À Capdenac, il fut secrétaire de la Section technique Matériel et Traction, puis membre du bureau du syndicat et, dans les années 1960, secrétaire du syndicat et membre du comité technique de secteur. Par ailleurs, il fut secrétaire de l’Union locale CGT de Capdenac jusqu’en 1985. Membre du bureau de l’Union départementale, il en devint le secrétaire adjoint de 1977 à 1980.
Il militait aussi en direction des retraités, d’abord au sein du bureau, puis en 1980 comme secrétaire de la section de Capdenac et membre du bureau de l’Union syndicale des retraités. En 1995, il créa la section des retraités cheminots de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) et en devint le secrétaire jusqu’en 2000. Il redonna vie à la section interprofessionnelle des retraités de cette ville jusqu’en 2001 et participa au collectif de l’UL de Villefranche.
Roger Poux fut également responsable de l’Orphelinat et conseiller prud’homal pendant plusieurs années. Ses nombreuses responsabilités syndicales ne l’empêchèrent pas de s’investir dans le mouvement associatif, en particulier à l’Association nationale des cheminots anciens combattants (ANCAC) en tant que responsable du comité local, du comité département et en tant que membre du bureau. Sportif, il assura de 1953 à 1965 le secrétariat de la section de ski du comité central des activités sociales, avec accompagnement des jeunes au ski au Lioran (Cantal).
Marié à Monteils (Aveyron) le 14 avril 1950, Roger Poux est père de deux enfants, militants à la CGT.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7741, notice POUX Roger, Élie, Charles par Pierre Lapeyre, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Pierre Lapeyre

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Registres du secteur CGT des cheminots de Toulouse. — La Voie de l’Unité. — Notes de Jean-Pierre Bonnet. — Renseignements communiqués par Roger Poux.— Etat civil.

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