BEAUFEY Ernest, Émile

Par Didier Bigorgne

Né et mort à Charleville (Ardennes) : 23 décembre 1848-24 novembre 1906 ; ouvrier brossier, puis employé ; syndicaliste, libre penseur et coopérateur ; militant socialiste de la FTSF, puis du POSR ; conseiller municipal de Charleville (1888-1892, puis 1896-1904)

Fils d’un perruquier et d’une mère au foyer, Emile Beaufey exerçait le métier de brossier chez Adam quand il épousa Ernestine Morge, couturière, le 17 avril 1875 à Charleville. Le couple eut une fille et habita rue du Théâtre à Charleville.

Emile Beaufey était membre de la chambre syndicale des ouvriers brossiers de Charleville fondée le 11 janvier 1885. Avec son syndicat, il participa à la constitution de la Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes, le 31 mai 1885 à Charleville. Il fit preuve d’une grande activité pendant la grève des brossiers de chez Adam qui cessèrent le travail du 9 juillet au 5 août 1888 pour protester contre une diminution de salaire de 25 à 30% sur le prix à façon des ouvriers pinceautiers.

Emile Beaufey mena aussi une activité politique importante. En 1887, il fonda le cercle d’études sociales L’Etincelle de Charleville qui adhéra à la Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes affiliée à la FTSF depuis 1885. Aux élections municipales de mai 1888, il conduisit la liste d’Union du comité républicain et des chambres syndicales à Charleville et fut élu. A sa demande, le conseil municipal de Charleville adopta la gratuité de la cantine scolaire pour les enfants nécessiteux (1er février 1889) et vota un crédit de six mille francs pour les fournitures scolaires des enfants d’ouvriers (31 mai 1890). Membre de la Libre Pensée ardennaise, il poursuivit un combat anticlérical qui l’amena à proposer la laïcisation de l’hospice et de l’orphelinat de la ville (16 février 1889) et à exiger le retrait de la statue de la Vierge à l’école laïque des filles (21 mars 1891).

Après la scission de la FTSF au congrès de Châtellerault (9-15 octobre 1890), Emile Beaufey suivit la Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes au POSR. Aux élections municipales de mai 1892, il conduisit, sans succès, la liste POSR à Charleville et perdit son siège de conseiller municipal. Le 31 juillet suivant, il échoua à l’élection, pour le Conseil d’arrondissement, dans le canton de Charleville en obtenant 1691 voix sur 4334 votants et 7676 inscrits. En revanche, il fut de nouveau élu conseiller municipal de Charleville au scrutin de mai 1896, puis réélu en 1900.

Le 7 février 1897, Emile Beaufey participa à Mohon au premier congrès départemental des conseillers municipaux socialistes des Ardennes qui donna naissance à la Fédération des conseillers municipaux socialistes des Ardennes. Il siégea à la commission de sept membres présidée par l’autre élu socialiste de Charleville, Hippolyte Médot* et occupa provisoirement le poste de trésorier. Il fut membre de la commission d’organisation du 6ème congrès national des conseillers municipaux socialistes de France et des colonies qui se tint du 30 octobre au 1er novembre 1898, à Fumay (Ardennes).

Emile Beaufey s’investit surtout dans le mouvement coopératif. En 1889, il fut un des fondateurs de la société coopérative de consommation Les Amis réunis de Charleville ; il en devint le gérant l’année suivante. Il participa en 1895 à la création de la société coopérative de production L’Association ouvrière de L’Imprimerie et siégea à son conseil d’administration. Enfin, Il lutta pour l’édification de la Verrerie ouvrière d’Albi. Le 18 août 1896, il présida à Charleville un meeting de propagande animé par Alfred Hamelin*, délégué du comité d’action, et Pascal Fabérot*, député allemaniste de la Seine. Le 20 novembre 1898, il assista à Nouzon, au côté de Jaurès, Clément, Hamelin, Poulain et d’autres élus ardennais à l’inauguration d’un dépôt de bouteilles de la Verrerie ouvrière.

Avec l’unité, Emile Beaufey adhéra au Parti socialiste SFIO. Il mourut après une courte maladie et fut inhumé au cimetière de Charleville le dimanche 25 novembre 1906 en présence de nombreux militants socialistes, dont Charles Boutet* qui représentait la Fédération socialiste SFIO, Martin Cacheleux* la Fédération des conseillers municipaux socialistes des Ardennes et Victor Pernelet* un ancien compagnon de lutte des années 1880.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article77448, notice BEAUFEY Ernest, Émile par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 13 janvier 2016, dernière modification le 7 février 2016.

Par Didier Bigorgne

Sources : Arch. Nat. F12/4556. Grèves et coalitions Ardennes (1880-1889).— Arch. com Charleville.— Arch. Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes (médiathèque de Charleville-Mézières).— Arch. cercle L’Etincelle de Charleville.— L’Emancipateur, 1891 à 1892.— Le Socialiste Ardennais, 1896 à 1906.— Etat civil de Charleville-Mézières

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