PUGLIESE Augustin, Clément

Par Louis-Pierre Montoy, Louis Botella

Né le 30 mai 1901 à Constantine (Algérie), mort le 25 mars 1960 à Argenteuil (Seine-et-Oise, Val d’Oise) ; cheminot ; syndicaliste CGT du Constantinois ; militant communiste d’Algérie ; conseiller municipal puis adjoint au maire de Constantine.

Augustin Pugliese
Augustin Pugliese

Fils de Gaétan Pugliese, entrepreneur de travaux publics, et de Concetta Mattera, sans profession, Augustin Pugliese fréquenta, entre 1907 et 1915, l’école communale puis l’école primaire supérieure de Constantine.
Après un apprentissage de deux ans, il entra en 1918 aux Chemins de fer algériens (CFA) comme apprenti ajusteur.

Dès 1923, il milita à la CGTU, puis à partir de 1936 à la CGT réunifiée. Affecté à Philippeville comme ajusteur, il fut secrétaire général du syndicat CGTU de ce centre ferroviaire. A partir de 1938, il siégea au conseil syndical du syndicat CGT de Constantine.

Membre du Parti communiste français depuis 1924 et du Parti communiste algérien (PCA) depuis 1933, il fut trésorier de la cellule communiste de Philippeville [Skikda] en 1935. Début 1936, il fut déplacé de Philippeville à Orléansville (Chlef) pour mesure disciplinaire.

En 1939, alors qu’il était mobilisé, il fut arrêté et incarcéré à la prison militaire d’Alger puis à la prison civile de Constantine où, avec trois autres communistes, il fut condamné à trois ans de prison, cinq ans d’interdiction de tous droits civiques et 1 000 francs d’amende. Les accusés firent appel et furent relaxés le 7 août 1940. Quelques mois plus tard, de nouveau emprisonné à Philippeville puis après un séjour à la prison de Barberousse à Alger, l’administration l’interna sans jugement au camp de Djenien-Bou-Rezg. Il en sortit en 1943.

Après sa réintégration aux Chemins de fer algériens, il reprit à Constantine ses activités syndicales et politiques dans les instances du Parti communiste algérien, qui le présenta à diverses élections : Assemblée algérienne, conseil général, conseil municipal.

Le 29 juillet 1945, élu sur la « Liste commune d’Union démocratique antifasciste », il devint 1er adjoint au maire de Constantine, le maire étant Henri Doumenc (socialiste). En mai 1945, alors que la commission Tubert enquêtait sur la répression (Sétif — Guelma), le maire et son 1er adjoint se rendirent à Guelma dans le cadre de l’enquête, mais, sur la route un camion les attendait qui percuta leur voiture qu’on retrouva dans le fossé, ses occupants blessés durent être hospitalisés. Son mandat municipal se termina en 1947 mais son action militante prit de plus en plus de place dans sa vie. Il milita dans le PCA jusqu’à son interdiction intervenue le 12 septembre 1955.

Après son arrestation, il fut déclaré, par arrêté préfectoral en date du 30 mars 1956, interdit de séjour dans les départements de Bône et de Constantine. Il se rendit ensuite à Oran où il arriva le 11 avril 1956. Il y devint permanent syndical CGT.

Arrêté une nouvelle fois en juin de la même année, il fut l’objet, comme Maurice Pertusa*, d’un internement au camp de Saint-Leu (Oranie) et de Lodi et enfin expulsé d’Algérie.

Il séjourna à Paris puis se fixa à Argenteuil où il mourut en mars 1960. Selon sa volonté, il a été inhumé à Constantine sa ville natale.

Marié avec Madeleine De Batista, le couple eut quatre enfants dont une fille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7807, notice PUGLIESE Augustin, Clément par Louis-Pierre Montoy, Louis Botella, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 5 mars 2019.

Par Louis-Pierre Montoy, Louis Botella

Augustin Pugliese
Augustin Pugliese

SOURCES : Presse locale. — Arch. Nat. Outre-mer, Aix-en-Provence, ALG 92/2695 (notes de Louis Botella). — Renseignements communiqués par sa fille, Gisèle Contri en février 2014. — État civil en ligne ANOM, état civil, cote Algérie CONSTANTINE 1901, vue 166.

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