PUIG Joseph, Antoine, Martin

Par André Balent

Né le 27 juin 1890 à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), mort le 22 juillet 1945 à Paris (XVIIIe arr.) ; cheminot révoqué ; militant syndicaliste ; militant socialiste puis communiste dès 1920 ; conseiller municipal (1919-1924) et maire adjoint de Rivesaltes (1921-1922) ; résistant, déporté.

Fils d’un marchand d’huile, Joseph Puig, cheminot en gare de Rivesaltes, milita avant 1914 dans le groupe socialiste de cette ville, alors le plus important de la Fédération. Il fut élu conseiller municipal de Rivesaltes ainsi que tous ses colistiers, lors des élections de décembre 1919, sur la liste socialiste conduite par François Cabanes*. Syndicaliste, il fut élu également secrétaire de la coopérative rivesaltaise « L’Émancipatrice » à l’issue de l’assemblée générale du 19 janvier 1918. En mai 1920, il était responsable (secrétaire ?) du syndicat CGT des cheminots de Rivesaltes. Il fut révoqué au moment des grèves des cheminots de 1920.
En 1919-1920, il soutint les « reconstructeurs » du Parti socialiste et fut délégué de la Fédération des Pyrénées-Orientales au congrès national de Strasbourg (février 1920). Quelque temps après, il devint favorable à l’adhésion du Parti socialiste à la IIIe Internationale. Dès 1921, Joseph Puig était un des animateurs du Parti communiste dans sa ville natale. Il était également membre du comité de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales. Le 10 juillet 1921, il présida la réunion du comité fédéral du PC qui se tint au café Tourné à Perpignan et où l’on parla de la conduite à tenir pour l’élection municipale complémentaire de Prades (scrutin du 17 juillet 1921).
Joseph Puig participa très activement à la campagne pour la libération d’André Marty* et des mutins de la mer Noire. Le 11 octobre 1922, il coprésida avec François Cabanes* et François Masdavaill* une réunion publique à Rivesaltes qui groupa environ 900 personnes, en faveur de la libération de Marty et de Louis Philippe Badina*. Il avait été élu premier adjoint au maire de Rivesaltes le 28 juin 1921 en remplacement de François Joffre, démissionnaire. Il abandonna ses fonctions le 10 août 1922 pour « convenances personnelles » et fut remplacé par Jacques Montgaillard*. Il demeura cependant conseiller municipal mais démissionna en même temps que François Cabanes* (1924).
À partir de cette date, Joseph Puig ne fut plus qu’un militant de base du Parti communiste dont il demeura membre jusqu’à sa mort. Il avait été déporté à Buchenwald (Allemagne), où il arriva le 6 août 1944. Le convoi était parti de Toulouse (Haute-Garone) le 31 juillet 1944. Le Livre mémorial de la déportation n’indique ni le lieu de la déportation ni la date du rapatriement. Son nom ne figure pas sur les listes publiées en 1998 par Ramon Gual et jean Larrieu. Il mourut le 22 juillet 1945 à Paris, vraisemblablement des suites de sa déportation.
Puig, de son nom originel Pouig, avait été autorisé à modifier son patronyme à la suite d’un jugement du tribunal de 1re instance de Perpignan en date du 9 mars 1910.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7809, notice PUIG Joseph, Antoine, Martin par André Balent, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 7 novembre 2019.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, 2 M 5 (249). — Mémorial de Buchenwald, Dora et Kommandos, édité par l’Association du même nom, 1999. — Le Cri catalan, 26 janvier 1918, 10 janvier 1919, 1er mai 1920. — André Balent, Michel Cadé, Histoire du Parti socialiste dans les Pyrénées-Orientales de sa fondation (1895) au congrès de Tours (1920), n° hors série de Conflent, Prades, 1982. — Ramon Gual, Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et Résistance catalane, II b, De la résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998. — Rens. mairie Rivesaltes. — Le Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression, version en ligne sur le site de la Fondation pour la mémoire de la déportation (http://www.bddm.org/) consulté le 8 juin 2014. — Rens. mairie Rivesaltes. — Interview d’Émile Dardenne. — Notes de Jacques Girault. — Note de Jean-Pierre Besse.

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