QUINTO Roland

Par Georges Ribeill

Né le 22 mars 1921 à Arzew (Algérie), mort le 6 avril 1993 ; agent de bureau puis cadre supérieur ; secrétaire général de la Fédération CFTC des cheminots (1970-1982).

Roland Quinto perdit tôt son père, chef de train aux chemins de fer du Maroc, décédé accidentellement à la suite du déraillement d’un train de phosphates en provenance de Khouribga. Sa mère fut alors engagée comme agent des CFM à Rabat-Ville. Après des études secondaires au lycée Gouraud de Rabat, Roland Quinto fut embauché aux chemins de fer du Maroc en 1941. Mais mobilisé la même année par les Chantiers de jeunesse jusqu’en 1942, il fut rappelé peu après au Service armé à la suite du débarquement des Alliés en Afrique du Nord. Affecté dans le 11e RCA de la 1re Armée française, il débarque à Marseille le 15 août 1944 et participe comme chef de char à la campagne d’Alsace, à la libération de Colmar notamment, puis à la campagne d’Allemagne. Décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire, démobilisé en septembre 1945, il rejoignit alors à la fin de l’année le Maroc et retrouva son emploi dans la filière des agents de bureau aux chemins de fer dont il gravira les échelons jusqu’au rang de chef de bureau. C’est la 1er janvier 1951 qu’il adhéra à la CFTC.
À la suite de l’indépendance du Maroc déclarée le 3 mars 1956, il participa avec l’aide de son équipe de cheminots (Arnault, Bonamy, Lapierre et Covès) et l’appui de la CFTC aux entretiens avec les conseillers de l’Ambassade de France et le ministre des Travaux publics français, pour le reclassement à la SNCF des cheminots français du Maroc. Nommé membre du Conseil supérieur des Français de l’Étranger le 17 mars 1959, puis membre du bureau permanent, il fut renouvelé dans ses mandats le 25 avril 1963.
Rentré en France pour des raisons familiales en août 1965, il fut affecté à Paris à la Région Nord de la SNCF en octobre suivant. En 1968, il était chef de bureau de 1re classe, employé à la section Domaine VB et il termina sa carrière active en 1982 comme cadre supérieur, avec le grade d’ingénieur principal adjoint.
Dès la scission de la CFTC, il fut retenu comme représentant des cheminots détachés au Maroc au sein du bureau provisoire de la CFTC constitué en décembre 1964 (avec Arnault comme suppléant), et comme l’un des trois premiers vice-présidents aux côtés de André Paillieux et Maurice Dechaux-Blanc. Son retour en France allait permettre de consacrer son énergie militante. Réélu vice-président adjoint au congrès fédéral d’avril 1966 (Paris), reconduit au congrès d’avril 1968, pendant le mai 1968 de la SNCF, ce fut lui qui négocia en juin les accords de Passy concernant les cheminots avec le secrétaire général Jules Brunebarbe, qu’il allait remplacer au congrès fédéral suivant de novembre 1970 (Dijon). Réélu à ce poste au congrès fédéraux successifs de Brive (mai 1973), Caen (mai 1976), Cambrai (1979), abandonné en raison de son départ en retraite le 1er juin 1982 à André Lossignol au congrès de Reims (mai 1982), Roland Quinto allait conforter par sa forte autorité l’image d’une fédération pleinement légitime et reconnue au sein de la SNCF et celle d’un partenaire social incontournable. Redoutable débatteur, ne tolérant pas la médiocrité, Roland Quinto s’affirma en particulier en face et auprès de ses autres partenaires sociaux, comme un éminent « spécialiste technique » des questions de rémunérations et de pouvoir d’achat, élaborant des dossiers chiffrés objectifs très détaillés qui faisaient référence. L’audience doublée de la CFTC aux élections des délégués du personnel par exemple entre 1965 (2,1 %) et 1981 (4,3 %) témoigne du redressement réussi grâce à ses efforts militants continus.
À partir de 1982, il présida l’Union fédérale des cheminots retraités, qu’il dut abandonner à André Lossignol en mai 1992, harassé par la maladie qui le harcelait et qui le vaincut définitivement le 6 avril 1993, à l’âge de 73 ans. Ses obsèques, le 13 avril en l’église de Saint-Marcel de Paris, furent l’occasion de rappeler sa forte personnalité : « Roland Quinto était doté d’une volonté inébranlable pour conduire son action dans le sens qu’il estimait le meilleur. Il savait cependant se montrer attentif à toutes les suggestions et il en tenait compte dès l’instant où celles-ci étaient susceptibles de servir l’intérêt général. Il savait aussi « secouer » son entourage. C’est ainsi que les membres qui siégeaient avec lui au conseil confédéral se souviendront encore longtemps de la vigueur de ses interventions lorsqu’il avait l’impression qu’un certain nombre de décideurs se laissaient gagner par une douce torpeur ou encore lorsque des orientations ne lui semblaient pas suffisamment définies. » (André Lossignol)
Ses distinctions de chevalier de l’ordre du Mérite en 1978, de chevalier de la Légion d’honneur en 1984, avaient consacré son rôle de premier plan reconnu au sein de la confédération CFTC.
Marié le 6 mai 1946 avec Jeanine Plisson, secrétaire, résidant en France à Sarcelles, puis à Vaires, Roland Quinto eut trois enfants, dont deux fils. L’un, Jean-Michel, sera fonctionnaire à l’Aviation civile, l’autre, Claude né en 1948, fera carrière à la SNCF, aux ateliers de Bischheim. Leur fille Marie-Françoise travaillera chez Matra, puis EADS.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7857, notice QUINTO Roland par Georges Ribeill, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 28 mars 2012.

Par Georges Ribeill

SOURCES : Congrès fédéraux CFTC. — Notice et discours nécrologique par André Lossignol. — Notice nécrologique, par Jules Brunebarbe, Le Cheminot CFTC, juin 1993. — Informations communiquées par Mme Quinto, février 2003.

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