COLLIARD Pierre

Par Justinien Raymond

Né le 30 avril 1852 à Jons (Rhône), mort le 19 mai 1925 à Jons (Rhône) ; ouvrier tisseur, puis négociant ; militant socialiste ; député du Rhône ; ministre.

Fils de Fleury COlliard, cultivateur, et de Jeanne Bron, Pierre Colliard fut d’abord ouvrier à Lyon, puis négociant en tissus. Entré dans l’action socialiste en 1893, lors des élections législatives, candidat socialiste indépendant dans la 7e circonscription de Lyon, il réunit au premier tour 2 498 voix. Il constitua, après les luttes dreyfusardes, des groupes dits d’Alliance socialiste en marge des organisations guesdistes et blanquistes. C’est de ces groupes que sortira Augagneur. En 1898, Colliard fut élu député de la 7e circonscription de Lyon par 4 788 voix sur 14 179 inscrits. Au premier tour, il avait devancé le candidat du POF, V. Darme, par 2 407 voix contre 1 048. Il adhéra à la Chambre au groupe d’Union socialiste. Au premier congrès général des organisations socialistes françaises à Paris, salle Japy (décembre 1899), il représenta le comité de l’Alliance socialiste du VIe arr. de Lyon, le cercle d’Études sociales et le comité républicain-socialiste d’Oullins (Rhône), tous groupements adhérents de la fédération socialiste révolutionnaire. Il fut encore délégué au congrès de la salle Wagram (Paris 1900). En 1902, avec sa fédération, il s’affilia au PSF. Cette année-là, Colliard fut réélu député par 6 185 électeurs sur 15 490 inscrits. Il fut délégué au congrès d’Unité socialiste à Paris, salle du Globe (avril 1905).
Dès le 15 mai, il rompit avec la SFIO et poursuivit sa carrière politique dans le sillage de Victor Augagneur. Réélu député en 1906 par 6434 voix sur 14792 inscrits, il appartint avec ce dernier au deuxième Parti socialiste français (1907-1910) dont la fédération du Rhône était la seule à rassembler plusieurs centaines de militants. Reconduit en 1910 par 5937 des 16964 électeurs, il fut des 30 députés qui adoptèrent le 7 juin, la déclaration de principes du groupe parlementaire républicain socialiste constitué le mois suivant, texte qui allait être la source du programme du parti fondé les 9 et 10 juillet 1911. A l’intérieur de cette nouvelle organisation, il s’opposa à Aristide Briand et suivit Augagneur lors de la scission de novembre 1913. Conseiller municipal de Lyon (VIe arr.) de 1908 à 1912, Colliard appartenait à la commission du Travail de la Chambre et la présida en 1914, année où 7172 des 17392 inscrits renouvelèrent son mandat parlementaire. Il siégea au Conseil supérieur du Travail après 1910, au Comité consultatif des assurances sur les accidents du travail après 1914, et au Conseil supérieur des HBM. Du 16 novembre 1917 au 26 novembre 1919, il fut ministre du Travail et de la Prévoyance sociale dans le cabinet Clemenceau, mais fut battu aux élections législatives de 1919. Retiré dans sa commune natale de Jons, il en devint le maire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article79238, notice COLLIARD Pierre par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 5 juillet 2021.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., pp. 493 à 506, passim. — Yves Billard, Le Parti républicain-socialiste de 1911 à 1934, thèse, histoire, Paris 4, 1993. — État civil en ligne cote 4 E 1760, vue 2.

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