DÉJEAN Bernard

Par Madeleine Rebérioux

Né le 23 mars 1856 à Toulouse (Haute-Garonne) ; tailleur de pierre ; militant ouvrier toulousain.

Bernard Déjean fut, à Toulouse, un des fondateurs de la chambre syndicale des tailleurs de pierre et s’acquit dans les milieux ouvriers, dès les années 1880-1886, une grande popularité. Conseiller prud’homme en 1886, il le resta jusqu’en 1892. Entré au conseil municipal en 1886 comme élu « ouvrier » sur une liste radicale-socialiste, dès le premier tour il fut placé par les électeurs, au deuxième rang des élus et son mandat lui fut constamment renouvelé jusqu’en 1896, quoique ses interventions au conseil fussent rares et qu’il n’eût rien d’un orateur. En mai 1892, par exemple, il obtint plus de voix que Jaurès.
Ses conditions de vie s’étaient améliorées et lorsqu’en juillet 1895, il fut présenté, à la suite d’un accord entre les groupes socialistes, comme « candidat socialiste » pour le canton nord de Toulouse aux élections au conseil général, il était devenu petit entrepreneur. Il s’en expliqua dans sa profession de foi : « Fils de ses œuvres », il serait toujours le « défenseur des petits », car il avait eu personnellement l’expérience des difficultés d’un labeur opiniâtre » (Le Peuple du Midi, 28 juillet 1895.)
Candidat battu en novembre 1896 avec Aché et Tranier sur une liste dissidente pour avoir refusé de faire avec les radicaux la liste commune de protestation entérinée par les blanquistes et par les guesdistes, il sera encore une fois candidat au conseil municipal en 1904 et obtiendra 5 961 voix, ce qui le classait au quatrième rang sur la liste socialiste, d’ailleurs battue tout entière.
Ce fut sa dernière intervention dans la vie municipale toulousaine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article79765, notice DÉJEAN Bernard par Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Madeleine Rebérioux

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Garonne 4 M 106. — J. Pradelle, Historique de la Bourse du Travail de Toulouse (Voir Pradelle). — N. Dyonet, Le Socialisme à Toulouse de 1878 à 1893, DES Toulouse, 1962. — Le Peuple, 28 juillet 1895.

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