REINE Louis, Flavien, Henri

Par Jean-Jacques Doré

Né le 10 juin 1882 à Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; chaudronnier en fer puis électricien ; secrétaire du syndicat des Cheminots de Dieppe ; secrétaire de l’Union départementale CGT de 1928 à 1936 ; militant socialiste ; conseiller municipal de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) de 1919 à 1939.

Fils d’un voilier et d’une cuisinière Louis Reine épousa Eugénie Mazure le 5 juin 1902 à Dieppe. Appelé sous les drapeaux le 8 octobre 1905 et libéré le 20 septembre 1906, il entra au dépôt de Dieppe de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest le 8 juillet 1907 et il habitait 8 rue d’Eu.

Militant du syndicat CGT des Cheminots de Dieppe dès 1908, il prit la direction de l’organisation en 1912 avec Louis Leymarie comme secrétaire adjoint. Réélu jusqu’en 1914, il fut affecté à son poste du dépôt de Dieppe dès août 1914, ainsi fut-il à l’origine de la renaissance du syndicat des Cheminots le 10 mars 1917, Louis Reine fut élu secrétaire et Pierre Edet trésorier. Dès janvier 1918, les adhésions affluèrent (l’organisation comptait alors 360 adhérents) et le bureau s’étoffa, Louis Reine (secrétaire), Jules Lesourd et Séver Delamare (secrétaires adjoints), Fernand Andrieux (trésorier) et Pierre Dréau (trésorier adjoint).
Délégué au congrès de la CGT en juillet 1918, il fut muté quelques mois plus tard comme électricien aux ateliers de Quatre-Mares à Sotteville-lès-Rouen.

Le syndicat CGT des Cheminots de Sotteville, fort de 3 300 adhérents, était passé sous le contrôle des minoritaires, hostiles à la guerre et partisans de la IIIe Internationale depuis le 22 février 1918 avec à sa tête Maurice Gautier ; Louis Reine rejoignit le camp des modérés favorables à l’union sacrée au mois d’octobre.
S’il participa aux grèves de mars et mai 1920 sans y jouer un rôle important, il reprit le travail sans être sanctionné.

Le 30 décembre 1921, lorsque la scission parut inévitable, les réformistes du syndicat des Cheminots formèrent un bureau provisoire rallié à la Fédération animée par Adolphe Montagne, seule reconnue par la Confédération CGT, dont le secrétariat fut confié à Émile Leteurtre, prenant ainsi la responsabilité de la scission. La majorité du syndicat (1 200 adhérents) dirigé par Émile Pairaudeau rejoignit la CGTU le 28 février 1922 et le 5 mars se constitua le bureau définitif du syndicat confédéré (CGT) qui comprenait Louis Reine (secrétaire), Alphonse Aubry (secrétaire adjoint), Émile Morel (trésorier), Albert Delanef (trésorier adjoint) et Émile Leteurtre (archiviste) ; 140 militants les suivirent.

En 1924, il fut avec Émile Pairaudeau à l’origine de la création d’un Comité mixte d’unité où siégeaient 3 cheminots responsables syndicaux unitaires (CGTU) et 3 confédérés (CGT) ainsi qui 6 militants de la base. Devant les critiques venues de toutes parts, le Comité cessa de se réunir au bout de quelques mois.

Réélu jusqu’en 1928, assisté de la même équipe, il devint secrétaire adjoint de l’Union départementale CGT de Seine-Inférieure au 10e congrès d’Elbeuf le 18 octobre 1925. Réélu au 11e congrès de Dieppe le 21 août 1927, il succéda en juin 1928 à Victor Léthorey après la mort de celui-ci. Le bureau, reconduit jusqu’en 1935, était composé le plus souvent de Louis Reine (secrétaire), Honoré Lemercier et Louis Loquet (secrétaires adjoints), Émile Morel (trésorier), Isidore Porquet (trésorier adjoint) et Victor Marchand (archiviste). Sous son autorité et malgré des conditions économiques défavorables, l’Union départementale affichait des effectifs assez stables entre 9 000 et 9 500 adhérents.

Permanent, Louis Reine, conseiller municipal de Sotteville de 1919 à 1939, joua parallèlement un rôle politique important au sein de la Fédération socialiste SFIO de Seine-Inférieure.

Entretenant de bonnes relations avec les Cheminots unitaires, il dirigea en 1934 et 1935, avec Fernand Legagneux, le secrétaire de la 19e Région unitaire (CGTU), les négociations qui aboutirent au 16e congrès (de fusion) de l’Union départementale qui se tint à Rouen le 22 décembre 1935. Les confédérés apportaient dans la corbeille de l’union 9 460 adhérents, les unitaires 3 068 et les autonomes du Havre 5 697 ; soit un total de 18 225 militants représentant 117 syndicats et un taux de syndicalisation de 7,29%.

Furent élus à l’issue du congrès Louis Reine (secrétaire général), Fernand Legagneux, André Jamois, Maurice Carrier (secrétaires adjoints), Émile Morel (trésorier), Jane Déziré (trésorière adjointes) et Gustave Fouache (archiviste), (4 confédérés et 3 ex unitaires). La commission administrative de 18 membres comprenait seulement deux ex autonomes du Havre, Jean Le Gall et René Hazard.

Louis Reine succéda, en outre, à Victor Engler au secrétariat de la Bourse du Travail de Rouen le 16 mars 1936.

En première ligne avec Legagneux lors des grèves de mai-juin 1936, il démissionna brusquement de tous ses mandats syndicaux...officiellement pour raisons familiales le 5 juillet.

Louis Reine habitait à Sotteville-lès-Rouen 61 rue Armand Barbès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7985, notice REINE Louis, Flavien, Henri par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 27 janvier 2021, dernière modification le 27 janvier 2021.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Nat. F7/13028, 13585, 13619. — Arch. Dép. Seine-Maritime 10 MP 1408 Bureaux syndicaux 1918-1919, 1 MP 1410 Syndicats dissous avant 1936, 4 MP 2872 Conflits du travail Dieppe, Le Havre 1917-1929, 1 MP 243 Renseignements sur suspects, 1 MP 570 Syndicats 1936-1939, État civil, Registre matricule militaire. — Arch. Mun. Rouen 7 F 3 Syndicats Unions locales, Bourse du Travail, Syndicats Hôpitaux, Gaz, Rail. — Arch. de l’UD CGT liasse CGT 1895-1925, liasse 1925-1930, liasse 1930-1935, registre des réunions du bureau de l’UD 1930-1935. — Témoignage de Maurice Carrier.

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