REY Antoine alias Léon dans la résistance

Par Jean-Pierre Besse

Né le 15 novembre 1897 à Marols (Loire), mort le 26 mars 1977 à Grenoble (Isère) ; cheminot ; syndicaliste CGTU ; communiste ; résistant ; coopérateur.

Fils d’un poseur aux chemins de fer et d’une garde-barrière, Antoine Rey fut élève de l’école primaire supérieure de Saint-Étienne puis suivit des cours par correspondance à l’École des Travaux publics de Paris. Employé de commerce de 1913 à 1915, il entra à la Compagnie des chemins de fer PLM en août 1919 après sa démobilisation. Ses lectures dès l’âge de treize ans et la guerre furent à l’origine de ses engagements. En 1920, il adhéra au syndicat des cheminots mais, dès l’année précédente, il était devenu sociétaire de la coopérative des cheminots de Langeac (Haute-Loire) dont il fut administrateur de 1921 à 1923. En juin 1926, il fut, semble-t-il, délégué au congrès de Lille du Parti communiste. L’année suivante, il assista au IVe congrès de la CGTU à Bordeaux (19-24 septembre) ; il était alors désigné comme dessinateur. Fervent coopérateur, Antoine Rey exerça des fonctions actives dans les coopératives des Laumes (Côte-d’Or) dont il fut président de 1931 à 1935, de Dijon dont il assura la vice-présidence de 1936 à 1940. L’importante Fédération des coopératives cheminotes « Fédécoopérail » présidée par Léon Collet l’appela à son secrétariat puis à sa commission de contrôle de 1935 jusqu’en 1940.
Interné pour raisons politiques en 1940, il fut arrêté le 18 juin 1942 et condamné par la section spéciale du tribunal militaire de Clermont-Ferrand à vingt ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour le 12 août 1942.
Antoine Rey fut membre du triangle de direction du collectif des détenus -majoritairement communistes- avec Clovis Chirin et Georges Cabane, jusqu’au 24 avril 1943, date à laquelle il s’évada avec 25 autres prisonniers : Emile Bochet, Jean Burles, Clovis Chirin, Louis Coissac, Vasco Corsi, Jean Dousson, Raymond Duvignac, Camille Elzière, Robert Imbert, Salvatore Jannello, Henri Julien, Camille Labrux, Joseph Lamouroux, André Lecourt, Philomen Mioch, Hippolyte Mouroux, Michel Navarro, Pierre Petitot, Max Puzenat, Louis Rol, Franck Roucaute, Sanchez, Fortuné Sirca, Oscar Vannini.
La liste des 7 cellules de quatre devant être ouvertes avait été fixée par le triangle de direction.
Il demeura dans la clandestinité jusqu’à la Libération.
Dessinateur SNCF, Antoine Rey fut secrétaire général du Comité de Libération du Rhône, au titre du Front national.

En 1945, la Fédération CGT des cheminots le chargea d’assurer la liaison avec « Fédécoopérail ». L’année suivante, il devint membre du comité directeur de cet organisme. Il fut aussi élu au Comité national coopératif jusqu’en 1954. En 1948, il avait été promu au grade de sous-chef à la SNCF.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article8040, notice REY Antoine alias Léon dans la résistance par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 4 janvier 2022.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Arch. Dép. Gironde, 1 M 577. — Archives de la justice militaire au Blanc, registre du tribunal militaire de Clermont-Ferrand.— Fonds d’archives J. Gaumont-G. Prache. — Notes autobiographiques. — La coopération prolétarienne, août-septembre 1934.— Antoine Rey, Les évasions, le prix de la liberté, publié par Denoël en 1965 dans la collection "La résistance par ceux qui l’ont faite". — État civil. — Renseignements fournis par son fils, Maurice Rey. — Compléments Eric Panthou

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