GELEZ Victor, Julien.

Par Justinien Raymond

Né le 16 novembre 1845 à Paris, mort le 20 avril 1914 à Paris (XIe arr.) ; fils d’un employé de librairie, comptable ; militant du POSR puis de la FTS.

Il fréquenta l’école primaire jusqu’à l’âge de 12 ans puis devint comptable. Arrêté en mai 1871 pour avoir commandé une barricade, il fut emprisonné jusqu’en décembre. En 1876 il gagnait 2500 F/an comme comptable chez un négociant en matières premières pour tabletterie. A partir de 1880 il milita activement au POSR à Paris dans le XIe arr. où il résidait (Av. Parmentier puis 98 rue du chemin vert en 1897 pour un loyer de 420 F/an). On le remarqua dès lors dans de nombreuses réunions se déroulant dans le XIe arr. comme orateur contradicteur ou comme président de séance.
Bien que rédacteur au Prolétaire et délégué au congrès régionaux du PO de 1880 et 1887, il fut d’abord candidat de l’ASR en 1882 aux élections municipales dans le quartier de la Folie-Méricourt où il obtint 2,43 % des voix. Il fit ensuite partie de la liste de Maujan aux législatives de 1895 avant de se présenter comme socialiste indépendant aux municipales de 1886-87 où il obtint respectivement 8,50 % des voix dans le quartier de La Roquette et 5,63 % dans le quartier Saint-Amboise. Il rejoignit vraisemblablement la FTS en 1889 (le rapport de police faisant état de sa candidature sous cette étiquette en 1890, le qualifiant de semi-possibiliste. Dans le quartier de Saint-Victor il obtint aux élections municipales de 1890 2,41 % des voix.
Passé au POSR, il fut délégué par les Bouches-du-Rhône au congrès de Saint-Quentin (1892) et de Dijon (1894). En 1893 il représenta la Bourse d’Alger au congrès de la Fédération des Bourses du travail. En 1895, il représenta la Fédération du centre à la conférence du POSR à Paris et fut délégué aux congrés des salles Japy (1899) et Wagram (1900).
En 1893, il échoua une nouvelle fois aux élections municipales dans le quartier du Jardin-des-plantes où il obtint, sous l’étiquette POSR 12,15 % des voix et 8,67 % au second tour. Membre de la commission municipale du POSR en 1894, il prit en main les finances du groupe central du XIe au début de 1895. Après un nouvel échec électoral en 1896 dans le quartier Saint-Amboise où il obtint 23,28 % des voix, il parvint à être désigné en 1898, malgré les réticences de certains militants, comme candidat à Saint-Amboise en 1899 : il fut élu (avec 19,06 % puis 23,07 % au second tour). Il détint ce siège jusqu’à sa mort (il fut réélu en 1900 avec 31,80 % puis 39 % ; en 1904 avec 37,21 % puis 48,74 % et en 1908 dès le 1er tour avec 40,57 %). Entre temps il avait rompu avec le mouvement socialiste : après sa réélection en 1900 il refusa de reconnaître d’autre autorité que celle du groupe central du XIe arr. qui, à l’occasion d’une élection législative partielle en 1900 avait quitté le POSR (voir la candidature d’Allemane contre Faberot). Membre du PSDF il en démissionna en 1903 et fut élu comme socialiste indépendant lors des consultations ultérieures. Il participa le 9 avril 1911 à la constitution de la fédération républicaine socialiste de la Seine, puis les 9 et 10 juillet suivants à la conférence interfédérale fondatrice du Parti républicain socialiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article80745, notice GELEZ Victor, Julien. par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 4 juin 2021.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Bibl. Nat. Notes biographiques..., op. cit. — Comptes rendus des congrès de Japy et de Wagram. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes III, op. cit., p. 130-179, passim. — Michel Offerlé, Les socialistes et Paris, 1881-1900. Des communards aux conseillers municipaux, thèse de doctorat d’État en science politique, Paris 1, 1979. — Yves Billard, Le Parti républicain-socialiste de 1911 à 1934, thèse, histoire, Paris 4, 1993. — Arch. Paris, état civil reconstitué et état civil du XIe arrondissement.

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