GILLIER Claudine, née FOURNEL

Par Yves Lequin, Justinien Raymond

Née le 30 avril 1855 à Orliénas (Rhône), morte le 23 janvier 1913 à Saint-Étienne (Loire) ; couturière ; militante syndicaliste et socialiste de la Loire.

Fille d’Antoine Fournel et de Benoîte Crozier, cultivateurs, épouse du militant socialiste Jean-Baptiste Gillier. Couturière, elle donna des cours pour couturières à la Bourse du Travail de Saint-Étienne en 1899-1902. Très bonne oratrice, Claudine Gillier eut, dans les années 1880-1885, une activité de tout premier plan dans le mouvement ouvrier de la Loire, au point d’éclipser celle de son mari, lui-même ouvrier métallurgiste et militant à la Manufacture nationale d’armes.
Elle fut la seule femme déléguée au congrès ouvrier de Reims en 1881.
De concert avec des compagnes comme les citoyennes Denhomme, amie de Louise Michel, et Deplace, qui donna l’hospitalité à Blanqui, de Victorine Pitavon, membre de la commission de contrôle de la fédération de l’Est, elle constitua et anima la chambre syndicale des Dames réunies, qui regroupait dévideuses et passementières, et qui fut la première organisation professionnelle féminine de la Loire ; sur le plan politique, elle lui donna un pendant avec l’Union des femmes socialistes. Claudine Gillier s’avérait une propagandiste zélée, multipliait les conférences, notamment au cercle socialiste de la rue de la Banque, et s’affirmait résolument collectiviste anticléricale.
Elle participa à de nombreux congrès : régionaux, à Lyon (1880) et Saint-Étienne (1881), nationaux, au Havre (1880) et Reims (1881), où elle fut la seule femme et la seule représentante physique de la région stéphanoise, dont les divers groupes avaient délégué leurs pouvoirs à Benoît Malon et à Brousse ; elle y prit une part importante, et présenta notamment le rapport de l’organisation du Parti. À Saint-Étienne (1882), elle représenta l’Union des femmes socialistes de Paris, et y demeura avec la majorité possibiliste après le départ pour Roanne de Guesde et de Lafargue.
Claudine Gillier continua à animer sur place les organisations qui avaient refusé la scission, et fut même un temps trésorière de la fédération de l’Est ; elle restait en liaison étroite avec Benoît Malon, dont on l’accusait d’être, sur place, à la fois la maîtresse et l’espionne. En juin 1883, quand Dalmais abandonna son rôle dirigeant des groupes possibilistes stéphanois, c’est Claudine Gillier qui reprit le flambeau, mais elle ne put entraver leur déclin momentané qu’expliquait l’indifférence de la majorité des militants et de la classe ouvrière ; son nom disparut en même temps, semble-t-il, que les formations qu’elle avait animées.
Elle avait eu au moins un fils avec Jean-Baptiste Gillier, Aristide Giliier, né le 16 août 1882 à Saint-Étienne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article80859, notice GILLIER Claudine, née FOURNEL par Yves Lequin, Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 14 octobre 2020.

Par Yves Lequin, Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Nat., F7/12 489. — Arch. Dép. Loire, 10 M 77 et 78, 10 M 80 et 93 M 52. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., pp. 307-309. — Notes d’Arthur Ferrier, généalogiste.

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