GOSSELIN Armand [GOSSELIN Eugène, dit Armand, Alphonse]

Par Justinien Raymond

Né à Pont-Rémy (Somme) en 1862 ; instituteur, puis employé ; militant socialiste du Nord.

Gosselin, instituteur à Sarton dans le Pas-de-Calais, fut mis en disponibilité en 1892 pour action politique. Sur la recommandation de Jules Guesde, il devint secrétaire de la mairie de Caudry, alors socialiste. Quand elle cessa de l’être, Gosselin fut révoqué : il se mit à vendre des journaux et, comme beaucoup de militants en difficultés, ouvrit un cabaret. Père de six enfants, atteint de surdité, il tomba dans la misère. Pour se venger du maire de Caudry qui l’avait révoqué, il se procura les éléments nécessaires à la fabrication d’une bombe : il ne passa pas à l’exécution, mais ce projet le fit cataloguer comme anarchiste par la police qui l’avait jusque-là qualifié d’« un des plus ardents meneurs du parti socialiste » (Arch. Dép.).
Le 11 avril 1894, la cour d’assises du Nord le condamna à un an de prison et 50 f d’amende pour provocation à la désertion et au meurtre à la suite de la publication de l’Internationale qu’il avait fait éditer par l’imprimerie Delory à Fives. Il se réfugia alors à Bruxelles-Saint-Gilles où il vécut comme comptable à la Maison du Peuple. En novembre, il s’installa marchand de journaux à Tournai. Expulsé de Belgique, Gosselin fut arrêté à Blanc-Misseron (Nord) le 20 novembre 1894 et interné à la prison de Béthune jusqu’au 4 février 1895. Libéré par la loi d’amnistie, il posa sa candidature au conseil général dans le canton du Cateau, sans succès. Il devint rédacteur au Réveil du Nord avec un traitement de 150 f par mois, puis, par la faveur du maire, Delory, il fut nommé directeur du cimetière-Sud de Lille : il y fut soupçonné d’indélicatesse. En 1896, il participa au congrès national du POF à Lille, comme il avait déjà participé aux congrès de Paris (1893) et de Romilly (1895). En 1900, il se rendit dans la Somme pour soutenir les grévistes du textile et encourager à l’organisation syndicale, mais la grève échoua.
À cette époque, les rapports de police indiquent — et nous leur en laissons la responsabilité — « qu’il ne jouit plus alors que de peu d’influence et joue dans le parti le rôle de dissolvant. Les socialistes lui auraient fait une situation pour acheter son silence et non pour récompenser les services rendus à leur cause » (Arch. Dép.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article81007, notice GOSSELIN Armand [GOSSELIN Eugène, dit Armand, Alphonse] par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 154-78 et 81. — Arch. Mun, Lille. — Comptes rendus ces congrès du POF — Abbeville-Revue. organe bimensuel de la section abbevilloise du POF, 25 mars 1900.

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