ROBLET Étienne

Par Jean-Claude Grandhay

Né le 28 novembre 1893 à Purgerot (Haute-Saône), mort le 24 juillet 1969 à Vesoul (Haute-Saône) ; cheminot ; secrétaire de l’Union départementale CGT de la Haute-Saône ; militant du Parti socialiste unitaire (PSU) puis communiste.

Fils d’un agriculteur, Étienne Roblet fut, dans les années 1930, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Port-d’Atelier (Haute-Saône). Militant syndicaliste déterminé, il prit néanmoins une part modeste à la vie politique haut-saônoise. Avant la guerre de 1939-1945, il fut inscrit au Parti radical, puis au Parti socialiste SFIO.
Secrétaire du syndicat des cheminots de Vesoul en 1945, il fut désigné par la CGT à la Commission départementale de reconstitution des organisations syndicales des travailleurs. Au mois de janvier 1949, il adressa aux militants syndicaux une circulaire dans laquelle il réclamait la création d’un « nouveau parti socialiste » se situant entre la SFIO et le Parti communiste. « À quelques-uns nous en lançons l’idée. Nous aurons devant nous tous les autres. Nous subirons des coups. Nous rencontrerons des barres d’enrayage. Nous faisons appel aux hommes de bonne volonté. Que tous ceux qui pensent comme nous, que tous ceux qui ont la volonté et le courage de vouloir reconstruire le véritable socialisme nous adressent dès à présent leur acceptation de former le noyau duquel partira le courant d’idées que nous préconisons ». Lors de la constitution du Parti socialiste unitaire (PSU), il fut désigné comme secrétaire départemental adjoint.
En 1950, il adhéra au Parti communiste mais les dirigeants de la Fédération départementale du PC doutaient de sa sincérité, car il semblait avoir conservé ses opinions socialistes. Secrétaire général de l’Union départementale des syndicats ouvriers de la Haute-Saône avant la scission syndicale, il s’était trouvé en butte aux attaques des militants ex-unitaires qui lui reprochaient notamment d’avoir confié l’éducation de ses filles à des religieuses. Mais, convaincu de la nécessité de maintenir l’unité syndicale de la classe ouvrière, il avait refusé de suivre ses amis dans la voie de la scission. Aussi était-ce grâce à sa fidélité à la CGT qu’en 1948, celle-ci ne s’était pas effondrée sous la poussée de Force ouvrière.
Quoique maintenu dans ses fonctions syndicales à la tête de la CGT, de nombreuses manœuvres furent dirigées contre lui en vue de le remplacer par un militant plus sûr pour le Parti communiste. On l’accusa d’intempérance et c’est vraisemblablement pour contrer ces reproches qu’il adhéra au Parti communiste. Néanmoins la confiance ne lui fut pas renouvelée lors du congrès de l’Union départementale tenu à Vesoul le 4 juillet 1954. Il fut remplacé par Gilbert Rousselle, employé SNCF. Étienne Roblet n’ayant pas pu justifier de certains mouvements de fonds constatés dans la caisse de l’UD, il s’engagea à rembourser et tint parole.
Membre du conseil d’administration de la Caisse d’allocations familiales (CAF) de la Haute-Saône, il fut, le 8 juin 1950, élu membre du conseil d’administration de la Caisse primaire de sécurité sociale.
Marié avec Marie Pyot, il était père de deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article8180, notice ROBLET Étienne par Jean-Claude Grandhay, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 23 juin 2012.

Par Jean-Claude Grandhay

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Saône, 24 M 18. — Arch. privées. — Rens. communiqués par Gilles Morin. — État-civil.

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