LAVILLE Gaston, Léon

Par Claude Pennetier, Jean-Jacques Doré

Né le 28 janvier 1862 au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 21 avril 1908 à l’asile de "Quatre-mares" près de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; voilier ; secrétaire de la Fédération des chambres syndicales du Havre de 1892 à 1906 et fondateur de la Bourse du Travail en 1898, gérant du journal Le Progrès socialiste à partir de 1897.

Gaston Laville
Gaston Laville
Le Progrès, 25 avril 1908

Fils naturel de Marie Laville sans profession originaire de Condé-sur-Vire (Manche), Gaston Laville, un grand gaillard pour l’époque d’1m75, blond aux yeux bleus, était employé de commerce lorsqu’il fut appelé au service militaire dans l’infanterie du 1er décembre 1883 au 20 septembre 1883.

Secrétaire de la Fédération des chambres syndicales du Havre (future Union locale) de 1892 à 1906, il fut le fondateur de la Bourse du Travail dont il était aussi secrétaire, le 17 janvier 1898, puis vice-président en 1901 et à nouveau secrétaire de 1902 à 1905.

Son action politique fut toute aussi déterminante, il fut avec Hanriot, Rathier et Defrance l’un des initiateurs du parti socialiste au Havre. De sensibilité allemaniste, il fut le gérant du Progrès socialiste à partir de 1897, candidat socialiste aux élections générales de 1897 (1ère circonscription du Havre), de 1898 (2ème circonscription) ainsi qu’aux élections cantonales de la même année.

Son action militante lui valut plusieurs poursuites : en 1898, arrêté pour "apologie du crime", il fut condamné à un mois de prison par le tribunal correctionnel. Ce fut à cette occasion que Philippe (des typographes) écrivit sur le Progrès social du 23 janvier 1898 : "...de par son tempérament combatif, Laville a une attitude un peu trop bruyante, il est trop enclin à ne voir dans tous les patrons que des exploiteurs et dans tous les ouvriers que des exploités..." Il subit sa peine au mois de mars et dut être remplacé par Charles Marck au secrétariat de la Bourse du Travail. Il fut à nouveau poursuivi pour entrave à la liberté du travail en 1899 avec une inscription au carnet B de la Seine-Inférieure.

Gaston Laville mourut en 1908 à l’asile des "quatre mares" à Rouen. Voir Chauvin.

"La contribution de Gaston Laville à la création de la Bourse du Travail reste sans égale. C’est en effet en grande partie grâce à sa détermination et à son acharnement que l’institution peut voir le jour" écrit Hélène Rannou, historienne de la Bourse du travail.

Gaston Laville habitait 12 rue Charlemagne au Havre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article82237, notice LAVILLE Gaston, Léon par Claude Pennetier, Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 23 mai 2020, dernière modification le 22 novembre 2022.

Par Claude Pennetier, Jean-Jacques Doré

Gaston Laville
Gaston Laville
Le Progrès, 25 avril 1908

SOURCES : Arch. Nat. F7/13 619. — Hélène Rannou, La Bourse du travail du Havre, Master 2., 2009 (CHS T 1487 RAN). — Anne-Marie Meyer, Le mouvement ouvrier au Havre de 1870 à 1914, Mémoire de maîtrise, 1983. — Patrice Rannou, Les 110 ans de l’Union locale de la CGT du Havre, Yvetot, Éditions du Libertaire, 2007. — Direction des affaires sociales de la préfecture de Seine-Maritime, dossiers non versés aux archives. — Le Progrès socialiste, 23 janvier 1898. — Le Progrès, 25 avril 1908. — Arch. Dép. Seine-Maritime État civil, Matricule militaire, 4 MP 1404 syndicats 1903-1909.

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