LYONNAIS André

Par Henri Dubief

Né le 30 avril 1842 au Creusot (Saône et Loire), mort le 9 mars 1914 à Chalons ; ouvrier, puis chef comptable ; syndicaliste au Havre (Seine-Inférieure) ; conseiller municipal du Havre, député Républicain progressiste de la Seine-Inférieure ; homme politique radical socialiste à Paris et en Saône-et-Loire et surtout directeur de journal.

Né au Creusot (Saône-et-Loire) le 30 avril 1842, fils de Pierre Lyonnais, tailleur de pierres et de Jeanne Bourillot, André Lyonnais fut, dès l’âge de treize ans, ouvrier dans cette ville, puis devint chef comptable de diverses entreprises.

En 1873, ayant perdu son emploi au Creusot pour anticléricalisme, il se rendit au Havre (Seine-Inférieure) et fut chef comptable de la Société des Constructions navales.
André Lyonnais serait arrivé au Havre comme comptable de la société Anonyme de Construction Navale du Havre en 1873. C’est-à-dire à la constitution de cette société qui reprenait les actifs du chantier Nillus. Or le directeur de cette société Urbain Jean Geay était précédemment ingénieur chef du service des machines : fixe et marine, locomotives et divers. Il est donc permis de penser qu’André Lyonnais a été amené au Havre par Urbain Jean Geay.
André Lyonnais serait l’auteur de la brochure intitulée Libres propos d’économie politique et sociale, sous la signature de Maxime C., parue le septembre 1876, au Havre, dans le cadre de la préparation du 1er congrès ouvrier, tenu à Paris du 5 au 10 octobre suivants.

En 1877, Il fut élu conseiller municipal du Havre, sur une liste unique du parti républicain. A partir de cette époque, André lyonnais va tenir une grande place dans la création des premiers syndicats havrais.

Il représenta la chambre syndicale de la métallurgie au quatrième congrès ouvrier, deuxième congrès socialiste, au Havre en 1880, où il organisera le refus d’accréditation des délégués collectivistes, qui se réunirent alors dans un congrès parallèle, dans la salle de l’Union lyrique, rue de Fécamp. Dans le congrès de la salle Franklin, il y défendit avec Ernest Drouet (syndicat des voiliers) des positions réformistes, vraisemblablement « barberettistes ».

Licencié de la Société des constructions navales, désavoué par plusieurs syndicats, rejeté par les comités électoraux havrais qui lui ôtent l’espoir d’être réélu conseiller municipal, et, de plus, soupçonné d’être un agent du ministère de l’intérieur, André Lyonnais quitte Le Havre en décembre 1880. Au début de en 1881, il retrouve immédiatement un emploi de comptable à Paris.Il y fit des conférences sur l’organisation ouvrière, se prononçant pour la conciliation dans les conflits patrons-ouvriers et pour l’association capital-travail.Il signa une pétition relative aux Chambres syndicales envoyée au Sénat. Il fut plusieurs fois auditionné par des commissions parlementaires.

Il fut candidat républicain opportuniste aux élections législatives dans le XVIIe arr., puis, en 1885, à l’initiative de Jules Siegfried, candidat sur la liste de Casimir-Périer dans la Seine-Inférieure. Élu député, il siégea sur les bancs de l’Union républicaine. Il fit des conférences à Rouen en faveur des syndicats, mais déclara vouloir « l’entente des ouvriers et des patrons par les lois existantes et à faire sur les associations et par la création de chambres syndicales ouvrières » ; répudier « les moyens violents » et considérer « que tout appel à la force est un crime de lèse-nation » (compte rendu de mandat, 1er octobre 1886). Il participa à la commission des syndicats professionnels.

Il ne fut pas réélu dans la 1re circonscription de Rouen aux élections de 1889. Il se présenta dans la deuxième circonscription (cantons d’Elbeuf, Grand Couronne et Boos) en 1891. Il arriva 4e au premier tour et 3e au deuxième.
Le constitutionnel du 24 août 1901 annonça un duel entre Jean Pinsard, rédacteur en chef du courrier de Saône-et-Loire et André Lyonnais, directeur du Progrès de Saône-et-Loire. Ce duel ne dura qu’une fraction de minute, Lyonnais étant touché au biceps sur 3 cm.
En 1902, il fut candidat radical socialiste dans le XIe arr. de Paris, quartier Folies Méricourt.

La presse (Le Temps, Le Figaro, Le Gaulois) annonça le décès d’André Lyonnais, directeur du Progrès de Saône-et-Loire, ancien député de Seine-Inférieure, à l’âge de 72 ans, le 9 mars 1914 à Châlons.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article82807, notice LYONNAIS André par Henri Dubief, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 17 septembre 2022.

Par Henri Dubief

ŒUVRE : Libres propos d’économie politique et sociale, sous la signature de Maxime C., septembre 1876, Le Havre (Seine-Inférieure).

SOURCES : Jean Legoy, Le peuple du Havre et son histoire, tome 1, imprimerie Édip, 1984. — Notes de Gilles Pichavant. — Notes de Georges Marin : Arch. Saône-et-Loire, 5E 153/10 ; presse.

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