ROUCAUTE Albert, Aimé

Par Claude Pennetier, Renaud Poulain-Argiolas

Né 28 octobre 1887 à Cendras (Gard), mort le 31 janvier 1960 à Alès (Gard) ; cheminot mécanicien ; militant communiste ; conseiller municipal d’Alès ; secrétaire du syndicat unifié des cheminots du Réseau PLM à Alès (Gard).

Fiche d’évaluation de la "bio" d’Albert Roucaute aux archives du Komintern.

Albert Roucaute était le fils du cultivateur Albin, Ernest Roucaute et d’Aymée, Julie André. Il grandit avec ses parents au hameau de La Croix, fréquenta l’école primaire jusqu’au certificat d’études et pendant un an une école professionnelle à Alès. Il commença à travailler en 1909 dans la métallurgie et entra à la Compagnie PLM en qualité d’ouvrier ajusteur le 1er février 1912.

En juillet 1911 il épousa à Cendras Rachel, Berthe Brugueirolles, ménagère, qui fut sympathisante du Parti communiste : "n’est pas membre du Parti, mais donne de l’activité pour le Parti en diverses circonstances étant sympathisante à nos idées" écrit-il en 1938. Il ajoutait : "J’ai trois enfants, l’aîné Roger a été appelé au service du Parti le 1er mars 1938. Jean, militaire, libérable en octobre à appartenu aux Jeunesses communistes avant son départ. René actuellement secrétaire de la section des jeunes à Alès.

Mécanicien au dépôt PLM d’Alès, Albert Roucaute fut sympathisant socialiste avant le congrès de Tours puis adhérent du Parti communiste en 1923 (selon son autobiographie). Il milita avec le cheminot Joseph Golleret et avec Fernand Valat. Domicilié 24 quai Jean-Jaurès, il fut élu conseiller municipal d’Alès en 1925 sur la liste du Bloc ouvrier et paysan (BOP). En novembre 1934, Albert Roucaute devint secrétaire du syndicat unifié des cheminots du Réseau PLM à Alès.

En mars 1935, il siégeait toujours au conseil municipal. Suite à l’arrestation du maire Fernand Valat accusé de malversations financières, les élus se rassemblèrent le 8 mars autour du Premier adjoint Albert Leyris pour affirmer leur solidarité avec le maire. Le Petit Méridional, quotidien républicain, rapporta leur déclaration : ils appelaient "la population laborieuse d’Alès à lutter de toutes ses forces disciplinées pour la libération de Fernand Valat, pour la défense de la municipalité ouvrière et du parti communiste, contre les instigateurs du coup de force : les grands capitalistes et le gouvernement à leurs ordres." Suivaient les signatures de 25 élus sur 32, dont Albert Leyris, l’adjoint Gabriel Roucaute et le conseiller municipal Albert Roucaute.

Deux mois plus tard, au second tour des élections municipales, toute la liste menée par Fernand Valat fut élue. Albert Leyris, Gabriel Roucaute et Albert Roucaute faisaient toujours partie de son équipe.
Dans son autobiographie de 1938, il rappelait sa participation à la conférence régionale des 11 et 12 décembre 1937 à Alès, en déclarant "Je n’occupe sans cesse du recrutement, j’ai dû faire 7 ou 8 adhésions". Il rappelait son orthodoxie : "Je n’ai jamais été lié avec des membres de l’opposition et ne connait personne qui milite dans ce clan ou ayant une idéologie trotskiste. Les Trotskistes étant les gens voulant la désorganisation de notre Parti doivent être considérés comme nos pires ennemis." Il se réclamait pour contrôle du "camarade" Louis Molinier, secrétaire régional.

En novembre 1943, le journal Le Petit Provençal publiait une liste de 100 prisonniers de guerre français tirés au sort pour recevoir un colis par l’intermédiaire de la Croix-Rouge française à l’occasion des fêtes de la Toussaint. « Roucaute Albert, Alès » était cité comme parent du prisonnier Jean Roucaute, portant le matricule 16 758.

Il était le père des militants Roger Roucaute et de René Roucaute.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article8300, notice ROUCAUTE Albert, Aimé par Claude Pennetier, Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 20 février 2021, dernière modification le 3 mars 2021.

Par Claude Pennetier, Renaud Poulain-Argiolas

Fiche d’évaluation de la "bio" d’Albert Roucaute aux archives du Komintern.
Dernière page de son autobiographie.

SOURCES : Arch. Dép. Gard, 14 M 973. — RGASPI, Moscou,495 270 4863, dossier du Komintern, autobiographie, 1938, classé A (bon classement mais en raison de son âge il n’était pas orenté vers les écoles. Il écrivait : "Je possède une éducation politique médiocre. Je n’ai jamais été dans une école du Parti. Je lis par intermittence les Cahiers du bolchevisme". — Recensement de la population, Cendras, 1896 et 1901, 6 M 210. — État civil de Cendras 1883-1892, 5 E 6450, Année 1887, Acte n°22. — Le Petit Méridional, journal républicain quotidien, 9 mars 1935 ; 13 mai 1935. — Le Petit Provençal, 2 novembre 1943.

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