NAST Alfred

Par Jean Gaumont

Né et mort à Paris, 2 mai 1880-30 mai (?) 1936 ; juriste ; théoricien de la coopération.

Nast était d’une famille d’origine hongroise dont l’un des membres, Gustave Nast, fut élu à la Commune de Paris, mais démissionna presque aussitôt. Élève de Charles Gide, à la Faculté de Droit de Paris, il devint l’un de ses disciples avec B. Lavergne, R. Picard, Daudé-Bancel. Il soutint sa thèse de droit sur les coopératives de consommation allemandes, thèse qu’il avait rédigée à la suite d’une enquête menée sur place. Dès 1903, avant même sa sortie de l’École de droit, il avait été élu membre suppléant du Comité central de l’Union coopérative de la rue Christine dont Gide venait de prendre la présidence. Son influence fut grande en vue de soustraire celui-ci à l’esprit conservateur, économiste et bourgeois qui avait prévalu jusqu’à l’élection de Charles Gide. Il devint secrétaire de la Commission juridique et participa à tous les travaux de l’Union. Il rédigea alors de nombreux rapports et ouvrages sur la coopération et publia de nombreux articles dans les journaux coopératifs français et étrangers et dans les Almanachs coopératifs de l’Union. L’un des signataires, en 1912, du pacte d’unité, il fut élu membre du Comité central de la nouvelle Fédération nationale (FNCC). Pendant la guerre de 1914-1918, il fut mobilisé au service coopératif du ministère de l’Armement, dirigé par le docteur Fauquet. En 1918, lors de la réorganisation de la Fédération nationale, il devint secrétaire de l’Office technique de la Fédération et fut d’autre part élu membre du Conseil supérieur de la coopération ; il le demeura jusqu’à sa mort.
Gide le choisit, en 1931, comme l’un des premiers membres de l’Institut international d’études coopératives. Nast étant devenu presque aveugle, son activité coopérative en fut naturellement très ralentie ; cependant il publia, en 1928, son Code de la Coopération. En tant que membre du Cercle parisien de la Ligue de l’enseignement, il s’intéressa aux coopératives scolaires et post-scolaires. Les manifestations de la Ligue dans les milieux agricoles lui firent comprendre l’intérêt de développer le syndicalisme et la mutualité agricoles, d’où son étude sur les syndicats agricoles en 1909.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article83812, notice NAST Alfred par Jean Gaumont, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Jean Gaumont

ŒUVRE : Les Syndicats agricoles, 1909. — Les Fausses coopératives et la législation, 1910. — Le Régime juridique des coopératives, Paris, 1919. — Code de la Coopération, Paris, 1928.

SOURCES : Renseignements autobiographiques. — Le Coopérateur de France, 6 juin 1936. — Le Coopérateur suisse, 17 juin 1936. — J. Gaumont, Histoire de la coopération, op. cit., t. II.

ICONOGRAPHIE : Brizon et Poisson, La Coopération, op. cit., p. 309. — J. Gaumont, Le 50e anniversaire de la FNCC, Paris, 1963, 96 p. — N° 23 du groupe des délégués au XIVe congrès de l’Union coopérative de Roanne (1912), Dictionnaire, t. XII.

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