OYON Alexandre père

Par Justinien Raymond

Né et mort au Mans (Sarthe) ; 1869-12 janvier 1927 ; épicier ; militant socialiste de la Sarthe.

Deux tentatives d’organisation socialiste au Mans, en 1884 et en 1894, furent sans lendemains. Le 17 avril 1895 vit le jour un Groupe central socialiste ouvert à toutes les tendances. Au premier rang de ses promoteurs, Alexandre Oyon, épicier, rue du Bourg-Belé. Ce groupe prospéra, fit venir au Mans des orateurs possibilistes, guesdistes et indépendants.

Les élections municipales de mai 1896 vinrent stopper cet essor par les dissensions qu’elles suscitèrent. Oyon et ses amis, partisans d’une alliance avec les radicaux, se retirèrent et constituèrent un groupe républicain-socialiste dont Oyon fut le secrétaire. Avec sept de ses amis, Oyon fut élu conseiller municipal sur une liste de coalition avec les radicaux. Le groupe républicain-socialiste et ses élus agitèrent le milieu ouvrier manceau. Le 23 novembre 1896, Oyon organisa un congrès socialiste régional de l’Ouest, le premier ; à son appel, 131 organisations répondirent : chambres syndicales, coopératives, cercles d’études sociales, sections de libre pensée. Ce rassemblement s’effectua salle Gigon et se déroula avec le concours de Lavy, député de Paris.

À la suite d’une scission du Groupe central socialiste, un seul groupe survécut, le Comité révolutionnaire socialiste, affilié au PSR. « L’Égalité sociale », adhérant au POF vit le jour. Avec ces deux organisations dont il s’était rapproché, le Groupe républicain-socialiste lança un manifeste pour les élections de 1898. Aux élections municipales de 1900, Oyon et ses amis, avec le Comité révolutionnaire socialiste, constituèrent (« l’Égalité sociale » ayant disparu) une liste « collectiviste » de vingt-sept candidats : tous furent battus avec une moyenne de 1 300 voix. Les deux groupes alliés fusionnèrent en un Comité socialiste du Mans ; Maillard et Oyon, secrétaires des deux anciens groupes furent tour à tour secrétaires du groupe unique. Ce dernier posa la candidature d’Oyon à une élection municipale complémentaire : il obtint 2 093 voix. En juillet 1901, Oyon fut candidat au conseil d’arr. dans le 1er canton du Mans : il recueillit 545 voix et fut battu.

En 1902, Oyon, avec le Comité socialiste qu’il animait, s’affilia à la fédération socialiste de Basse-Normandie et, avec elle, adhéra au PSF. Au congrès de Bordeaux, Oyon et ses amis se prononcèrent pour l’exclusion de Millerand.
En juin 1903, le Comité socialiste appela au Mans Francis de Pressensé pour traiter en conférence publique de l’Affaire Dreyfus. Des passions mal éteintes se rallumèrent. Alexandre Oyon avait été un ardent et actif dreyfusard. Il travailla à organiser la conférence de Pressensé. Dans la nuit qui suivit cette dernière, à 11 heures, une bombe dont on ne sut jamais l’origine, détruisit son magasin.

Les élections municipales de 1904 provoquèrent une nouvelle scission socialiste locale. Oyon proposa au Comité socialiste une alliance avec les radicaux et ne fut pas suivi. Alors, avec ses amis, il quitta le groupe et en constitua un autre dont la fédération de Basse-Normandie et Sarthe refusa l’affiliation. Le groupe végéta quelques années, puis disparut.

L’activité proprement socialiste d’Oyon était terminée, mais non son action politique locale. En 1923, il fut élu conseiller municipal du Mans et le demeura jusqu’à sa mort.

Son fils prénommé également Alexandre (voir Alexandre Oyon fils) fut un actif militant socialiste mort en déportation et sa belle-fille, Marie Oyon devint députée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article83981, notice OYON Alexandre père par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 15 août 2013.

Par Justinien Raymond

ŒUVRE : A. Oyon écrivit dans Le Peuple manceau, feuille hebdomadaire lancée au Mans en 1896 et qui vécut trois mois, et dans Le Réveil social de la Sarthe, créé en 1901 pour soutenir sa candidature au conseil d’arr. Cet organe, tantôt hebdomadaire, tantôt mensuel parut jusqu’en août 1914. À partir de 1904, A. Oyon n’y collabora plus.

SOURCES : Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., p. 545 à 549. — Renseignements fournis par M. Collet, ancien maire du Mans.

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