PHILIPPE Auguste [Ardennes]

Par Jean Gaumont, Henri Manceau, Justinien Raymond

Né à Saint-Menges (Ardennes), mort à Paris en juin 1917 ; ouvrier en textile ; militant socialiste et coopérateur des Ardennes.

Membre influent du Cercle d’études sociales « Le Phare », de Saint-Menges qui était souvent en opposition avec celui de Sedan, « La Sentinelle », plus modéré, A. Philippe était très combatif ; ses camarades le dépeignaient « avec ses gros yeux rouges » et on l’appelait « le loup de Saint-Menges ». Il fut également membre de la chambre syndicale des ouvriers et ouvrières en tissus et des industries similaires de Saint-Menges et des environs, affiliée à la Fédération des Travailleurs socialistes des Ardennes le 6 juillet 1890.

Au congrès socialiste de Paris, salle Japy (1899), outre « Le Phare », il représenta deux groupes socialistes des Ardennes et les syndicats des métallurgistes de Sedan et de Bourg-Fidèle. S’il ne parut pas dans les congrès nationaux du Parti socialiste SFIO, Philippe n’en continua pas moins son action au lendemain de l’unité et il fut à maintes reprises le porte-drapeau de sa fédération.
En 1892, il fut élu conseiller municipal sur la liste présentée par le POSR qui remporta 14 sièges. C’est à ce titre qu’il fut délégué de la municipalité de Saint-Menges au IIIe congrès des conseillers municipaux socialistes de France qui se tint à Paris du 12 au 15 juillet 1895. Aux élections municipales de 1896, il fut de nouveaux candidat sur la liste du POSR qui remporta tous les sièges : Auguste Philippe fut élu maire de Saint-Menges.Il demeura toujours à ce poste, et, en 1913, il fut élu conseiller général dans le canton Nord de Sedan où il avait échoué en 1907 avec 1 512 voix. Il échoua deux fois aux élections législatives dans l’arr. de Sedan, obtenant à chacun des deux tours de scrutin 6 148 et 7 158 voix en 1910, 5 075 et 5 599 en 1914 contre 6 045 à l’élu radical. En 1912, dernier des trois candidats socialistes aux élections sénatoriales, il recueillit 118 voix, 155 et 123 allant à ses deux colistiers, les députés Doizy et Poulain. Seul candidat, le 3 février 1907, il en avait rassemblé 127 et 197.

Philippe fut également un militant coopérateur. En 1903, il était président de la coopérative l’Union des Travailleurs de Saint-Menges dont il avait été à l’origine en 1891 et dont il assura la présidence jusqu’en 1908. En 1905, il assista au congrès de la Bourse des Coopératives Socialistes à Nantes et il fut élu membre de la commission des statuts qui avait pour but de constituer le Magasin de Gros. Le 1er novembre 1912, il était présent au congrès de la Confédération des Coopératives socialistes et ouvrières. Il y était porteur des mandats des coopératives ardennaises de Hargnies (Les Économes), de Floing (l’Union Ouvrière), de Daigny (La Comète), de Saint-Menges (La Maison du Peuple). Il vota en leur nom en faveur de l’unité. Peu après, il fut élu au conseil d’administration du Magasin de Gros unifié. Il résida à Paris pendant la guerre de 1914, et il fut élu membre du conseil d’administration de la Fédération nationale, en remplacement d’un administrateur mobilisé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article84350, notice PHILIPPE Auguste [Ardennes] par Jean Gaumont, Henri Manceau, Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 24 juillet 2012.

Par Jean Gaumont, Henri Manceau, Justinien Raymond

SOURCES : Compte rendu du congrès de Japy. — Le Socialiste ardennais. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., pp. 13 à 21, passim. — Didier Bigorne (sous la dir. de), Terres ardennaises, n° spécial, n°46 : Visages du mouvement ouvrier, Mars 1994.

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