PIGER Jean

Par Yves Lequin, Justinien Raymond

Né et mort à Saint-Étienne (Loire) : 14 juillet 1864-31 janvier 1917 ; cafetier ; militant socialiste de la Loire ; député.

Piger avait été candidat, à Saint-Étienne (Loire), aux élections municipales de 1888 ; il militait alors au Parti ouvrier stéphanois, très modéré, mais se signalait, à son aile gauche, par une hostilité particulière à l’alliance avec les radicaux de Girodet. Aussi, après un nouvel échec aux municipales de 1894, suivit-il Soulageon et Argaud dans leur scission pour créer le groupe marxiste de la « Lutte des classes » ; en 1895, il était l’un des principaux leaders de l’Agglomération stéphanoise qui en était issue, et, sous ses couleurs, enleva le siège de conseiller d’arr. dans le canton Sud-Est de Saint-Étienne. En 1900, il entra sur la liste de concentration socialiste au conseil municipal et, en octobre, le nouveau maire Jules Ledin en fit son adjoint à la police ; la même année, il représenta les groupes socialistes locaux au congrès de la salle Wagram, à Paris. Aux élections législatives de 1902, il enleva le siège de député dans la 2e circonscription de Saint-Étienne.
Son nouveau mandat le mit quelque temps à la remorque de Briand. Mais, fidèle à son passé, il se rapprocha vite de la fédération socialiste révolutionnaire et participa au congrès du PS de F. à Lille, en 1904. Au retour des congrès de la salle du Globe, à Paris (avril 1905), et de Chalon-sur-Saône (octobre 1905), il adhéra à la SFIO et fut un des artisans de l’unité dans la Loire, et de la naissance d’une fédération SFIO en décembre qui, à peine née, fut violemment secouée par la promotion ministérielle de Briand. Piger, bien que désigné, refusa de solliciter par la suite un nouveau mandat. Il n’en continua pas moins de militer, et le 1er mai 1906, marcha, avec les leaders du syndicat révolutionnaire des mineurs, à la tête des quinze mille manifestants qui défilèrent à Saint-Étienne en donnant à cette journée un éclat qu’elle n’avait jamais eu jusque-là : on était au lendemain de la catastrophe de Courrières et de la grève générale d’avril. Tandis que les deux autres députés socialistes se rangeaient aux côtés de Briand, Piger resta à la SFIO et, en 1907, il participa au congrès fédéral de Saint-Chamond (14 octobre) et fut candidat malheureux, avec 947 voix, au conseil général dans le canton de Firminy. Au début de 1908, il était encore l’un des membres les plus en vue de la SFIO stéphanoise ; mais il la quitta peu après et se retira définitivement de la vie politique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article84406, notice PIGER Jean par Yves Lequin, Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Yves Lequin, Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Dép. Loire, 10 M 92, 10 M 107, 10 M 111 et 10 M 139. — Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Hubert Rouger, Les Fédérations socialistes, II, op. cit., pp. 317-319. — Comptes rendus des congrès socialistes.

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