PRADELLE Joseph

Par Madeleine Rebérioux

Né le 3 septembre 1858 à Toulouse (Haute-Garonne) ; tourneur sur bois ; syndicaliste.

Joseph Pradelle avait tout juste vingt ans lorsqu’en 1878 il fit partie de la délégation ouvrière toulousaine à l’Exposition universelle de Paris. Il participa, à son retour, à la réorganisation syndicale des années 1878-1879. Après l’échec, en 1884, de la première union des syndicats, il participa à nouveau à la constitution de nombreux syndicats dans les années 1888-1889.
À partir de 1890 et jusqu’au début de 1894, sa vie fut étroitement liée à celle de la Bourse du Travail de Toulouse. Dès sa fondation au début de 1890, il fut élu membre de sa commission administrative. D’avril 1890 à juin 1891, il fut en même temps secrétaire général de l’union des syndicats mise sur pied en 1889 et, en octobre 1890, il assista comme délégué au IVe congrès national corporatif tenu à Calais. Les guesdistes du « Groupe des républicains ouvriers » auquel il avait adhéré en janvier 1891 le soutinrent, non que Joseph Pradelle se réclamât du marxisme, mais il voyait dans les membres du POF des « modérés », des légalistes, par contraste avec les « révolutionnaires » qu’étaient les blanquistes. Leur orientation, ainsi comprise, convenait parfaitement à Pradelle, qu’en 1894 le commissaire spécial jugera « non dangereux » (Arch. Dép. Haute-Garonne, 4 M 102).
Aux élections municipales de mai 1892, il fut candidat, ainsi que huit militants du groupe de « L’Ouvrier » (on les appelait ainsi du nom de leur journal) sur une liste d’« alliance républicaine », soutenue par le journal progressiste, Le Sud-Ouest, contre les radicaux. Battu, il fut en outre atteint d’une maladie des yeux qui allait l’obliger, en janvier 1894, à quitter les fonctions de membre de la commission administrative de la Bourse — et celles d’archiviste qu’il occupait depuis septembre 1890. Il entra alors comme employé au Sud-Ouest. En 1896, il publiait encore, en hommage aux luttes de ses camarades et aux siennes, une histoire de la Bourse du Travail, mais sa vie militante était terminée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article84622, notice PRADELLE Joseph par Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 20 septembre 2022.

Par Madeleine Rebérioux

ŒUVRE : Historique de la Bourse du Travail de Toulouse de 1889 à 1896, Toulouse, 1896, 251 p.

SOURCES : Arch. Nat. F7/12 491, congrès de Calais, 1890. — Arch. Dép. Haute-Garonne, 4 M 100 et 102. — Nicole Dyonet, Le Socialisme à Toulouse de 1878 à 1893, DES, Toulouse, 1963. — Madeleine Rebérioux, « Jaurès et Toulouse », Annales du Midi, juillet 1963, pp. 295-310.

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