RÉMY Léon

Par Justinien Raymond

Né le 11 janvier 1871 à Thionville (Moselle) ; mort le 21 novembre 1910 à Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine) ; homme de lettres, traducteur ; syndicaliste et militant socialiste.

Portrait de Léon Rémy dans L’Humanité du 24 novembre 1910.

Né dans une famille bourgeoise, Léon Rémy était étudiant à Paris quand il fonda le groupe des Étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes en compagnie de quelques camarades dont J.-L. Breton qui épousera la sœur de Rémy. Il adhéra aussi au Comité révolutionnaire central, nourri d’esprit blanquiste. Mais des préoccupations syndicalistes et antiparlementaires le rapprochèrent de plus en plus du POSR et finirent par le conduire à l’anarchie. C’est en grande partie sous son influence que le groupe des ESRI vira à l’anarchisme et se vida des éléments marxistes. En août 1893, ce groupe le délégua au congrès international de Zurich.
L. Rémy siégea aux côtés de F. Pelloutier, Guérard, Hamon, Pouget, Yvetot, dans le comité de la Fédération des Bourses du travail. En cette qualité, il participa au congrès international de Londres (1896). Il joua un rôle d’autant plus grand dans la fraction majoritaire de la délégation française qu’il connaissait le mouvement international et parlait allemand, anglais et russe. Cette même année, il fut admis dans le chantier du IVe arr. de la Chevalerie du Travail française. En 1900, il fut l’âme d’un congrès ouvrier international dont le gouvernement de Waldeck-Rousseau interdit la réunion à Paris. Peu à peu, il revint au socialisme. En 1903, il adhéra à un groupe de son quartier, la Maison Blanche (XIIIe arr.) En 1904, il entra à l’Humanité où il traita des problèmes de politique étrangère jusqu’à ce que la maladie l’obligeât à cesser cette activité. Jaurès appréciait en lui un homme « ombrageux parfois [...], probe et bon » (L’Humanité, 22 novembre 1910). En 1905, à l’unité, il entra dans le Parti socialiste SFIO auquel il appartint jusqu’à sa mort.
Il se consacra pendant une quinzaine d’années à la vulgarisation de quelques-unes des œuvres les moins connues de Karl Marx. À partir de 1902, L. Rémy allait chercher le repos et la réparation de forces déclinantes à Saint-Briac. C’est là qu’il trouva la mort. En promenade au bord de la mer, il y fit une chute, fut retiré vivant, mais mourut peu après ; accident mortel, pour les uns, suicide pour les autres qui se souvenaient avoir entendu Rémy professer que l’homme, ayant à quarante ans donné le meilleur de lui-même, doit disparaître.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article84858, notice RÉMY Léon par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 12 septembre 2020.

Par Justinien Raymond

Portrait de Léon Rémy dans L’Humanité du 24 novembre 1910.

ŒUVRE : L. Rémy collabora à La Revue socialiste, syndicale et coopérative, au Mouvement social et à L’Humanité. C’est dans Le Mouvement social qu’il traduisit les lettres de Marx à Kugelmann.
Avec Paul Delesalle, il est l’auteur de Réformes ou Révolution, 1896, Les Révolutionnaires au congrès de Londres. Conférences anarchistes, 1896, Les Anarchistes et les Syndicats, 1898, La Grève générale, 1901.
Il publia à Paris, chez Schleicher, plusieurs traductions d’œuvres de Karl Marx, notamment la Critique de l’Économie politique, Révolution et contre-révolution, Le Procès de Cologne.

SOURCES : Jean Maitron, « Le groupe des ESRI de Paris » in Le Mouvement social, n° 46, janvier-mars 1964 (pp. 3 à 26). — Jean Maitron signale un dossier Rémy dans les archives Pierre Monatte. — M. Dommanget, La Chevalerie du Travail française, op. cit. — Jean Longuet, « Léon Rémy » in L’Humanité, 22 et 24 novembre 1910. — Acte de décès. — Note de Julien Chuzeville.

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