RICHER Narcisse, Joseph

Par Émeric Tellier

Né le 29 octobre 1864 à Blois (Loir-et-Cher), mort le 11 février 1919 à Paris (XIe arr.) ; artisan cordonnier ; secrétaire général de la Bourse du Travail du Mans (1895-1917) ; secrétaire général de l’Union départementale CGT de la Sarthe (1908-1917).

Narcisse Richer vit le jour au domicile ses parents. Son père, Julien, François, Zéphirin Richer était un employé de 24 ans dans une fabrique de chaussures et sa mère Marie, Joséphine Anxoine, était une couturière de 17 ans.
Il fut engagé volontaire pour cinq ans à compter du 2 novembre 1883 comme soldat de 2e classe au sein du 2e Régiment de zouaves. Il était en Afrique du 11 novembre 1883 au 18 janvier 1885, puis a participé à l’expédition du Tonkin du 19 janvier 1885 au 1er février 1886. Il était en Cochinchine et au Cambodge du 2 février 1886 au 10 juin 1886, puis a participé à l’occupation du Tonkin et de l’Annam du 11 juin 1996 au 12 août 1887, avant de revenir en Afrique du 13 août 1887 au 21 octobre 1887, date de la fin de son service militaire. Il a reçu la médaille du Tonkin.
Il fut signalé comme résidant à Paris, au 28 rue Secrétan (XIXe arr.) en novembre 1888, puis au 80 boulevard de la Villette (XIXe arr.) en avril 1889, avant de rejoindre Le Mans (Sarthe), en juin 1892, au 113 rue Hoche.
Cordonnier, il fut secrétaire de la Chambre syndicale des ouvriers en chaussures, il fut élu secrétaire général de la Bourse du Travail du Mans à sa création, en mai 1895.
Le 26 mars 1899, il fut élu aux élections prud’homales, à la troisième catégorie. La même année, en octobre, il est condamné à 100 francs d’amende par le tribunal correctionnel pour avoir menacé deux ouvriers du bâtiment non-grévistes, ce qu’il a contesté fermement.
Au début du XXe siècle, une enquête policière l’avait qualifié de « tendance socialiste unifié » et estimait qu’il a « cherché à différentes reprises à provoquer une agitation ouvrière au Mans, mais les tentatives ont toujours échoué. Il ne jouit pas d’une grande influence. » D’autres rapports le qualifiait de « très dangereux », faisant de la propagande antimilitariste et révolutionnaire. Il collaborait au journal socialiste manceau, Le Réveil social.
Au IXe congrès confédéral de la CGT, à Amiens en octobre 1906, il était l’un des signataires du texte présenté par Victor Griffuelhes qui est devenu après son adoption la « Charte d’Amiens ».
En juillet 1908, il participa à la création de l’Union départementale CGT de la Sarthe, dont il assura la direction jusqu’à la Première Guerre mondiale. Il était à cette date, toujours secrétaire général et trésorier de la Bourse du Travail et, à ce titre, permanent appointé.
Inscrit au carnet B, il fut poursuivi en 1910 devant la cour d’assises de la Sarthe pour « provocation de militaires à la désobéissance » durant la grève des cheminots.
Au recensement de 1911, il résidait au 105 rue Denfert-Rochereau au Mans et déclarait être artisan cordonnier.
En 1912, il engagea une action en justice pour obtenir l’application de la loi sur les retraites ouvrières et paysannes (ROP) aux secrétaires de Bourse du Travail.
En mars 1917, il laissa le secrétariat de la Bourse du Travail du Mans et de l’Union départementale de la Sarthe à Jules Pottier*. Il s’était installé à Paris, au 119 rue de Montreuil (11e arr.). Contrairement à ce qu’annonçait Le Peuple du 21 février 1928, il était mort à son domicile et non au front comme soldat.
Sa fiche de registre-matricule le décrivait ainsi : « yeux bleus, nez moyen, menton rond, sourcils châtains, front ordinaire, bouche moyenne, visage ovale, taille : 1 mètre 60. » Son degré d’instruction générale était « 3 », c’est-à-dire qu’il possédait une instruction primaire, sans pour autant avoir obtenu le brevet de l’enseignement primaire.
Il s’est marié avec Elisa Meis le 12 septembre 1889 à Paris (XIXe arr.) avec laquelle il eut deux enfants, une fille Valentine, née en 1890 et décédée en 1893 et un fils, Marcel, né en 1893. Il a divorcé le 23 décembre 1896 et s’est remarié le 12 juin 1897 avec Ernestine, Victorine Leguy au Mans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article84980, notice RICHER Narcisse, Joseph par Émeric Tellier, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 5 octobre 2021.

Par Émeric Tellier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13613 et F7/ 13 567. — Arch. Dép. de la Sarthe (10 M 85). — Journal du bâtiment, 15 octobre 1899. — Le Temps, 4 décembre 1910. — Le Figaro, 24 février 1912. — Le Peuple, 21 février 1928. — État-civil et registre-matricule en ligne.

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