SCHURER Joseph, Noël

Par Justinien Raymond

Né à Montdauphin (Hautes-Alpes) le 30 mars 1849 ; employé à la mairie de Marseille ; militant socialiste indépendant et élu local.

Joseph Schurer était le fils d’un Alsacien exerçant la profession de perruquier. Venu jeune à Marseille, il entra en 1876 à l’administration municipale comme sous-chef de bureau aux contributions directes. Il s’occupait d’œuvres sociales, mutualistes et philanthropiques.
Militant socialiste resté indépendant à l’heure de l’unité, il se constitua, grâce aux services rendus comme employé et comme animateur d’œuvres sociales, une réelle position personnelle dans le quartier de la Belle-de-Mai, malgré sa médiocre valeur intellectuelle et son penchant pour les compromissions politiques. Il présida pendant sept ans le Cercle Mirabeau, pendant trois ans le Cercle philanthropique et la société de secours mutuels « La Vigilante ». Il présida la société d’épargne « La Semence », créée en 1885, et le cercle « Le Fanion social ». Il fut, en 1884-1885, secrétaire de la commission des orphelins du choléra et membre de la commission de surveillance du dépôt de mendicité des Bouches-du-Rhône.
En 1895, Schurer fut élu conseiller d’arr. du 4e canton de Marseille ; réélu en 1898, il présida le conseil d’arr. En 1901, il fut élu conseiller général dans le 5e canton, devant Bertas, autre socialiste, et devant Basset, ami de Cadenat. En 1901-1902, il fut secrétaire du conseil général. Aux élections législatives de 1902, le bruit de sa candidature courut : tout en restant dans le camp socialiste, dans le sillage de Flaissières, il se ménageait l’appui des radicaux et des modérés. Il intriguait contre les socialistes, aux dires du préfet, aussi bien contre Flaissières que contre Cadenat. Chargé de famille nombreuse, peu fortuné, il n’avait pas encore remboursé les frais de son élection cantonale. Finalement, il ne se présenta pas, mais, en 1907 et en 1913, il fut réélu conseiller général.
Schurer était retraité de la mairie et agent d’affaires quand, en 1914, il se présenta à la députation comme républicain socialiste contre Bernard Cadenat et contribua à le mettre en ballottage dans le quartier de la Belle-de-Mai. Sur 19 918 inscrits et 13 644 votants, il obtint 4 026 voix, soit 24,7 % des inscrits, derrière B. Cadenat (32,9 %) et devant le modéré Laurent (12,2 %). Il se retira au second tour et ses suffrages se partagèrent à peu près également entre l’abstention, Cadenat et Laurent.
Aux élections cantonales de 1919, son fils Louis Schurer, qui avait hérité de sa fonction de chef de service à la mairie et de son influence dans le quartier de la Belle-de-Mai, se présenta à sa place dans le 5e canton, mais fut battu par Ambrosini, socialiste SFIO. Plus tard, Louis Schurer siégera au conseil d’arr. et présidera cette assemblée.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article85524, notice SCHURER Joseph, Noël par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 2/ 111 53 D. — G. d’Oussonville, Historique du conseil général et des conseils d’arrondissement des Bouches-du-Rhône, Marseille, 1902, 544 p. (pp. 478-479). — Les Dictionnaires départementaux. Les Bouches-du-Rhône, Paris, 1902, 1 193 p. (pp. 1087-1088). — Renseignements communiqués par A. Olivesi.

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