TARDY

Par Yves Lequin

Né à Saint-Chamond (Loire) ; ouvrier passementier ; militant syndicaliste et socialiste de la Loire.

Tardy commença à militer dans sa ville natale dès 1876 ; en 1878, il vint s’installer à Saint-Étienne (Loire) et y fut, pendant trois ans, un membre actif du syndicat des passementiers. Revenu à Saint-Chamond en 1882, il était membre du Cercle des travailleurs. Puis il reprit cette existence errante : à Saint-Étienne à nouveau, en 1882, où il participa à la vie des comités radicaux et socialistes ; à Roanne en 1884 où il fut impliqué dans l’agitation des ouvriers sans travail ; en 1885 enfin, il se fixa définitivement à Saint-Étienne, après y avoir été candidat aux élections municipales.
Désormais, de 1886 à 1888, Tardy fut de toutes les luttes corporatives, toujours sur la brèche ; il était considéré comme un modéré, et entra en 1889 au Parti ouvrier stéphanois qui venait de reprendre son action pour en devenir l’un des dirigeants les plus avisés et les plus actifs. Il continuait à militer au sein de sa corporation, et fut délégué à plusieurs reprises à Paris pour informer les pouvoirs publics des questions diverses intéressant l’industrie de la soie, les questions douanières notamment ; en 1889, il y représenta les passementiers stéphanois, aux côtés de Crozier, Jules Ledin et Simonnet, au congrès international ouvrier ; quelques semaines avant, il avait dirigé la grève des tisseurs en caoutchouc de l’usine Dumas pour empêcher une baisse des prix de façon ; il participait par ailleurs aux premiers pas de la Bourse du Travail de Saint-Étienne, et collaborait au journal L’Émancipation des tisseurs. En 1894, c’est Tardy qui joua le rôle essentiel dans l’unification des syndicats de la rubannerie, malgré la résistance des chefs d’atelier. Cette même année, il participa activement à la grande grève de trois cent dix-sept jours (mars 1894-janvier 1895) que menèrent les ouvriers des usines Richarme à Rive-de-Gier pour la reconnaissance de leur syndicat. Voir Vinay P.
Sur le plan politique, Tardy, qui avait été éliminé de la liste du Parti ouvrier aux élections municipales de 1892, était un fidèle de Jules Ledin et suivait une ligne générale parente de celle du possibilisme. Il avait été délégué au congrès constitutif de la Fédération nationale des Bourses du Travail, à Saint-Étienne (1892), et au congrès des chambres syndicales et groupes corporatifs, à Paris (juillet 1893). En juin 1894, il partit pour le IIIe congrès des Bourses, à Lyon, avec mandat d’écarter les problèmes généraux, c’est-à-dire les discussions d’orientation politique, au profit des seules questions corporatives. Mais peu après, en 1895, il quitta le Parti ouvrier stéphanois pour rallier le groupe marxiste de Soulageon, et, à ses côtés, lutter pour implanter dans le prolétariat local une ligne guesdiste sur des mots d’ordre révolutionnaires.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article85822, notice TARDY par Yves Lequin, version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

Par Yves Lequin

SOURCES : Arch. Nat. F7/ 12 493. — Arch. Dép. Loire, 10 M 85, 10 M 102, 10 M 108, 92 M 25 et 93 M 56.

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