THURIOT Jean-Baptiste (THURIAULT Jean-Baptiste)

Né le 24 avril 1853 à Chougny (Nièvre) ; frère de Henri Thuriot et de Thuriot sans prénom. Taillandier à Nevers (Nièvre) ; anarchiste.

Vers 1883, J.-B. Thuriot s’établit à Nevers, s’y maria et eut trois enfants. Taillandier, il employait deux ouvriers. Il s’installa ensuite au Cholet, commune de Saint-Éloi, dans la banlieue de Nevers, où il connut la prospérité.
En 1886, il alla s’établir à Fourchambault, y devint conseiller municipal, mais démissionna, à la suite de mauvaises affaires selon certains, à cause de ses idées selon d’autres.
En mars 1889, il revint au Cholet, y travailla pour un marchand de fer de Nevers et employa six ouvriers ; alors, il « ne se fait pas remarquer, malgré ses idées », passe pour un ouvrier sérieux et intelligent, mais, n’étant pas secondé par sa femme, ses affaires périclitent ». Et, le 18 avril 1892, le commissaire spécial de Nevers le présentait comme « un rêveur qui manque de plomb dans la tête et lit beaucoup d’écrits anarchiques. » Le commissaire soulignait son intelligence alors qu’un de ses collègues de Clamecy, en 1896, le qualifiait de « très bon ouvrier et courageux, mais d’une intelligence nulle ».
Quoi qu’il en soit, en 1893-1894, Thuriot devint une des principales préoccupations des autorités nivernaises aux yeux desquelles il passait même pour « le grand maître de l’anarchie » dans le département.
C’est en 1892 qu’il semble avoir pris contact avec les milieux anarchistes : son nom figure parmi les correspondants de L’Agitateur, journal anarchiste de Marseille, dans un numéro du mois d’avril de cette année. En mai 1892, une perquisition eut lieu chez lui, au Cholet, sur commission rogatoire du juge d’instruction de Paris ; on saisit presse et brochures anarchistes, et des traités de chimie sur la fabrication des explosifs ; on trouva aussi une lettre de Bernard Paul, emprisonné en Espagne.
Une nouvelle perquisition fut effectuée en juin 1893 ; cette fois on saisit six cartouches de dynamite enveloppées dans un numéro du Père Peinard ; arrêté, il nia que ces explosifs fussent à lui ; l’instruction fut close sans résultat et il fut libéré.
Mais, au cours de cette perquisition était aussi saisie une correspondance échangée avec Paul Bernard qui ne fut sans doute pas ce qui intéressa le moins les autorités, surtout quand, la même année, J.-B. Thuriot qui avait fait faillite alla s’installer au moulin de Vesves, à Tannay, où Bernard avait monté une petite fabrique d’outils de sabotiers et de galochiers — Voir Bernard P.
Thuriot qui avait recueilli sa belle-sœur — Voir Henri Thuriot — suivit Bernard à Cravant (Yonne) en 1897 — après la fermeture de Vesves. En septembre il revint dans la Nièvre et s’établit à Prémery où il travailla à l’usine Lambiotte comme ouvrier outilleur ; il était considéré comme « très bien » par le directeur de l’établissement qui, il est vrai, tout comme la gendarmerie, ignorait son passé d’« anarchiste ».
De Prémery il alla à Corvol-l’Orgueilleux (Nièvre) où il resta peu de temps ; il s’installa enfin comme maréchal-ferrant au moulin de Latravet, commune de Breugnon, canton de Clamecy. Le rapport établi sur son compte à ce moment porte : « Anarchiste convaincu, très connu dans le département en raison de son attitude politique. En tout temps et partout où il est passé, il a cherché à faire des adeptes [...] A toujours prêché le bouleversement de la société par la violence. Homme dangereux qui ne devra jamais être perdu de vue. Ami intime de Bernard. »
En fait, on ne trouve plus de lui aucune trace.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article86003, notice THURIOT Jean-Baptiste (THURIAULT Jean-Baptiste) , version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

SOURCE : Arch. Dép. Nièvre, série M, Anarchistes, 1892-1905.

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